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La performance des fonds de private equity en perte de vitesse / Après une année contrastée, le TRI menace de décrocher en 2025

Face aux 19,2 % du MSCI World, les 9,4 % de rendement interne du private equity en 2024 paraissent modestes. Mais derrière cette moyenne se cachent de forts contrastes : les petits fonds et les stratégies de growth affichent un net rebond, tandis que l’Europe devance les États-Unis. Un équilibre que les premiers chiffres de 2025 semblent déjà mettre à l’épreuve.
(Photo by Adie Bush / Connect Images via AFP)
(Photo by Adie Bush / Connect Images via AFP)

Tout est relatif. Avec un taux de rendement interne (TRI, IRR) de 9,4 % en 2024, selon le dernier Fund Performance Report de PitchBook, le private equity n’a pas vraiment démérité : la baisse reste modeste par rapport aux 10,1 % de 2023, dans un contexte où les taux d’intérêt élevés ont longtemps pesé sur les valorisations et sur la capacité des fonds à générer du rendement. L’année a d’ailleurs marqué un tournant, les banques centrales amorçant en fin d’exercice un cycle d’assouplissement qui commence seulement à produire ses effets. Mais la comparaison avec les marchés cotés est sans appel. Le MSCI World s’est envolé de 19,2 % sur la même période. De quoi s’interroger, du moins si la tendance devait se prolonger, sur l’avantage relatif du non-coté.

"La pression persistante qu’exercent des taux d’intérêt plus élevés a continué de peser sur les performances du secteur", observe Nicolas Moura, senior research analyst chez PitchBook.

 

Les petits fonds et le rebond du growth

 

La tendance s’inverse toutefois dès que l’on zoome sur la taille des véhicules. Les fonds de moins de 250 millions de dollars ont vu leur IRR bondir à 15,4 % en 2024, contre 10,7 % un an plus tôt. Ces véhicules, souligne PitchBook, " s’appuient généralement moins sur l’effet de levier et peuvent déployer leur capital avec davantage d’agilité, un atout dans une année marquée par des conditions macroéconomiques changeantes". Les stratégies de growth/expansion ont également connu un rebond marqué, leur IRR passant de 6 % en 2023 à 10,6 % l’an dernier, portées par des participations minoritaires dans des entreprises en forte croissance. "Elles ont ainsi bénéficié des mêmes dynamiques qui ont soutenu la performance du small cap private equity en 2024 - agilité, moindre dépendance à la dette et exposition à des secteurs portés par de puissants moteurs", analyse Nicolas Moura.

À l’opposé, les fonds compris entre 500 millions et 1 milliard de dollars ont vu leur performance reculer de 9 % à 6 % sur la période. Les grands buyout funds, longtemps locomotives du secteur, n’ont pas échappé au ralentissement. Leur modèle, plus tributaire de la dette, a été contraint par des conditions de financement encore tendues jusqu’au dernier trimestre, dans un marché des sorties resté étroit.

 

L’Europe en tête

 

Autre enseignement marquant : la surperformance européenne. Les fonds du Vieux Continent ont affiché un TRI de 11,3 % en 2024, contre 9,7 % pour les États-Unis. " La Banque centrale européenne a mené la danse de l’assouplissement, procédant à quatre baisses de taux en 2024, contre trois du côté de la Réserve fédérale américaine", relève Nicolas Moura. Des taux durablement plus bas et un différentiel de valorisation avec les marchés américains ont renforcé l’attrait de l’Europe auprès des sponsors. À l’inverse, les fonds classés dans la catégorie “reste du monde” sont tombés à 3,3 %, signe de disparités régionales persistantes.

 

Un début 2025 sous tension

 

Reste que le début de 2025 a vite rappelé la fragilité de l’équilibre. Selon les données préliminaires de PitchBook, le TRI du private equity est tombé à 0,3 % au premier trimestre, contre 2 % au quatrième trimestre 2024, reflet d’un marché des sorties resté anémique et de négociations de prix compliquées par le retour des tensions commerciales. "Avec le recul, nous savons désormais qu’une grande partie de la certitude politique et économique ressentie fin 2024 a été balayée au premier semestre 2025 par les annonces tarifaires du président Donald Trump", constate Anikka Villegas, research analyst chez PitchBook.

Des chiffres encore provisoires, appelés à évoluer à mesure que les reportings de fonds s’affinent. PitchBook publie parallèlement ses Private Capital Return Barometers, un indicateur maison qui modélise la performance implicite des fonds à partir des variables macro et de marché. Ceux-ci livrent une lecture un peu moins dégradée : 0,9 % au premier trimestre, prolongé au deuxième. Mais qui n’en laissent pas moins entrevoir, après une année 2024 encore équilibrée, le risque d’un véritable décrochage de performance.

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