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Chez Atos, les premiers signes d’un redressement attendu / La trajectoire commerciale et opérationnelle s’éclaircit pour la seconde moitié de l’année
"Notre entreprise est en train de reprendre des couleurs." En présentant vendredi les résultats semestriels d’Atos vendredi matin, Philippe Salle affichait un optimisme raisonné. Moins de trois mois après le lancement officiel du plan de transformation "Genesis", l’homme aux commandes depuis le printemps veut croire à un redressement engagé, porté par des équipes "sur le pont sur les différents sujets, à la fois sur le delivery, à la fois sur l’activité commerciale".
À la lecture des comptes, l’embellie n’a pourtant rien d’évident. Le chiffre d’affaires du groupe s’est établi à 4,02 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2025, en repli organique de 17,4 % par rapport à l’an dernier. Un recul plus marqué encore qu’au premier trimestre. La conséquence de pertes de contrats, plutôt subie que volontaire, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni, ainsi qu’à un environnement de marché toujours dégradé.
Des ventes encore sous pression
Depuis le printemps, le groupe s’est réorganisé autour de deux entités distinctes : la SBU Atos, centrée sur les services numériques et l’infogérance, et la SBU Eviden, positionnée sur les solutions à plus forte valeur ajoutée (IA, cybersécurité, data, etc.). Cette nouvelle organisation, officialisée lors du Capital Markets Day du 14 mai, s’inscrit dans le cadre du plan de transformation " Genesis ", qui vise à clarifier l’offre commerciale, rationaliser la structure et retrouver le chemin de la croissance.
Dans cette configuration, la SBU Atos a vu ses ventes chuter de 17,9 % à 3,6 milliards d’euros. Celles d’Eviden se sont établies à 419 millions, en baisse organique de 11,9 %. "Je rappelle que ces baisses de chiffre d’affaires étaient attendues et anticipées", a indiqué Jacques-François de Prest, directeur financier du groupe. Ces chiffres reflètent un passé que l’entreprise cherche justement à dépasser.
C’est donc un tout autre indicateur qui concentre l’attention du management : celui des prises de commandes. D’elles dépendra la suite : le chiffre d’affaires, les résultats, le cash-flow, et avec eux le redressement.
Prises de commandes en progrès, second semestre en ligne de mire
À 3,3 milliards d’euros, les prises de commandes du premier semestre 2025 s’inscrivent en légère baisse sur un an, mais le ratio book-to-bill progresse à 83 %, contre 73 % l’an dernier. "Mis à part la France, où d'importants changements organisationnels sont en œuvre pour améliorer l'efficacité commerciale, toutes les autres régions ont enregistré des prises de commandes soit stables, soit en croissance", a souligné le directeur financier.
Onze contrats stratégiques pluriannuels ont été signés sur les six premiers mois de l’année, contre cinq à la même période en 2024. "Cela devrait s’intensifier au second semestre", a-t-il ajouté. Le pipeline commercial à douze mois a progressé de 1,5 milliard d’euros au deuxième trimestre, dont 1,3 milliard pour des contrats supérieurs à 30 millions d’euros. À fin juin, le carnet de commandes atteignait 12 milliards d’euros, soit l’équivalent de 1,5 année de chiffre d’affaires.
Autant de signaux qui laissent entrevoir un second semestre plus porteur. Celui-ci devrait bénéficier à plein du renforcement des équipes commerciales, de la revue du portefeuille de contrats et de l’optimisation géographique.
Les premiers effets visibles du plan Genesis
S’agissant de la rentabilité, les effets de la discipline opérationnelle commencent déjà à se faire sentir. Le recentrage sur les contrats les plus rentables, et la sortie progressive de ceux dont la marge projet est inférieure à 5 %, porte déjà ses premiers effets. La marge opérationnelle s’est ainsi améliorée de 0,8 point en organique, à 2,8 % du chiffre d’affaires, soit 113 millions d’euros (+15,4 % sur un an), et ce malgré un recul de près de 850 millions d’euros des ventes.
D’autres indicateurs opérationnels traduisent également une exécution rigoureuse du plan. Le taux de facturation s’est hissé de 76 % à 79 %, tandis que les coûts généraux et administratifs ont reculé de 10 %. À fin juin, plus de la moitié de l’enveloppe de restructuration de 700 millions d’euros sur trois ans était déjà engagée.
De premiers résultats qui permettent ainsi à la direction de confirmer ses objectifs 2025 : chiffre d’affaires d’environ 8,5 milliards d’euros (contre 8,8 milliards attendus par le consensus), marge d’EBITA d’environ 4 % (vs 3,2 % anticipés) et flux de trésorerie net avant remboursement de la dette d’environ -350 millions d’euros. La direction maintient également son cap à moyen terme, avec un retour attendu à une croissance organique positive dès 2026, accompagné d’un cash-flow libre positif.
Une trajectoire que le marché commence à valider : l’action s’appréciait de 3,6 % vendredi matin, repassant au-dessus de 28 euros.
Un périmètre stabilisé pour le nouvel Atos
Ces objectifs s’appliquent à un périmètre désormais stabilisé. La veille de la publication, Atos a signé le contrat de cession de ses activités de calcul haute performance (" Advanced Computing") à l’État français, pour une finalisation prévue au premier semestre 2026. Cette opération vient clore le cycle de cessions engagées ces derniers mois. Le périmètre du nouvel Atos que Philippe Salle s’emploie à redresser apparaît ainsi figé dans sa configuration actuelle.
Pour mémoire, le groupe a suspendu le processus de vente de sa branche Mission Critical Systems (MCS), qui comprend notamment les systèmes de communication sécurisés pour des programmes de défense comme le Rafale ou le système de commandement Scorpion. Une décision prise dès la présentation du plan Genesis, en mai, le PDG estimant que ce n’était pas le bon moment pour céder un actif devenu stratégique à l’heure de la montée en puissance des budgets de défense en Europe. Il l’a redit sans ambiguïté vendredi : "Je considère que [Critical Systems], ça fait partie d’Eviden et ça fait partie du groupe."
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