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Atos boucle son premier grand test de refinancement / Une émission à 8,125 % pour desserrer l’étau financier

Un an après son sauvetage financier, Atos réussit son retour sur le marché obligataire. Le groupe est parvenu à lever 1,25 milliard d’euros dans des conditions plus favorables qu’attendu afin de refinancer la partie la plus coûteuse de sa dette héritée de la restructuration de 2024.
(Photo by Artur Widak / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
(Photo by Artur Widak / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

 

Six jours après avoir rouvert les livres d’ordres, Atos peut déjà revendiquer un premier succès sur les marchés du crédit. Le groupe a annoncé mardi avoir placé 1,25 milliard d’euros d’obligations senior garanties à échéance 2031, bouclant ainsi sa première opération de refinancement d’ampleur depuis la restructuration financière conclue à la fin de 2024. Un test particulièrement scruté pour un émetteur encore classé en catégorie spéculative, noté B- par S&P Global Ratings et Fitch à l’échelle corporate, mais qui cherchait précisément à démontrer qu’il était capable de revenir se financer dans des conditions de marché normales après avoir frôlé l’asphyxie financière.

Le placement a visiblement trouvé son public. Atos évoque un « intérêt marqué de la part d’un grand nombre d’investisseurs institutionnels de premier plan », avec une émission « fortement sursouscrite ». Le groupe est parvenu à lever 950 millions d’euros d’obligations à taux fixe assorties d’un coupon de 8,125 %, ainsi que 300 millions d’euros d’obligations à taux variable indexées sur l’Euribor majoré de 525 points de base.

 

Le marché rouvre ses portes à Atos

 

Des conditions légèrement plus favorables que celles envisagées lors du lancement de l’opération quelques jours plus tôt. À titre de comparaison, le groupe visait initialement une émission comprise entre 1,1 et 1,25 milliard d’euros, tandis que le marché anticipait plutôt un coupon autour de 8,5 % pour un emprunteur encore noté B- à l’échelle corporate par S&P et Fitch. L’opération a finalement été bouclée au plafond de la fourchette, dans des conditions plus favorables qu’attendu pour la tranche à taux fixe. Les nouvelles obligations ont d’ailleurs obtenu des notations supérieures à celles du groupe lui-même, à savoir B+ chez S&P et BB- chez Fitch.

Au-delà du signal positif envoyé, l’opération répond surtout à un enjeu financier très concret : commencer à démanteler la couche de dette la plus pénalisante héritée du sauvetage de 2024. Les financements 1L représentaient encore environ 1,2 milliard d’euros à fin 2025 et cumulaient les caractéristiques les plus contraignantes de l’architecture mise en place lors de la restructuration, avec « l’échéance la plus courte (décembre 2029) et surtout le coût le plus élevé (9% cash +4% de PIK) », rappellent les analystes d’Invest Securities. Autrement dit, une dette rémunérée à 13 %, dont une partie des intérêts n’était pas versée immédiatement en numéraire mais capitalisée au bilan, venant accroître progressivement le passif financier du groupe. Selon leurs estimations, l’opération devrait permettre à Atos d’économiser plus de 50 millions d’euros de frais financiers par an, intérêts PIK inclus.

Le produit de l’émission, complété par une partie de la trésorerie disponible du groupe, servira ainsi à rembourser intégralement le prêt à terme 1L ainsi qu’à racheter ou rembourser les obligations 1L encore en circulation, intérêts capitalisés compris. Le remboursement du term loan interviendra dès le règlement livraison prévu le 21 mai, tandis qu’une offre de rachat des obligations 1L sera lancée dans la foulée. Si certains créanciers refusaient d’apporter leurs titres, Atos serait alors contraint de procéder à un remboursement anticipé au prix de 108 % du nominal.

 

Le refinancement allège la pression sans l’effacer

 

L’opération marque ainsi une première étape importante dans la stratégie présentée il y a un an par Philippe Salle. Après la présentation de sa feuille de route Genesis, le directeur général est parvenu à en générer les premiers effets suffisamment visibles pour revenir sur les marchés de financement classiques et alléger la partie la plus coûteuse de la dette mise en place lors du sauvetage financier de fin 2024.

Pour autant, l'opération de ce mois de mai ne règle pas l'intégralité de l'équation financière. Il restera, une fois les nouvelles obligations émises, à traiter les tranches 1,5L et 2L, héritées du sauvetage de 2024. « Un second refinancement sera nécessaire, une fois obtenue une notation investment grade (B- actuellement) pour rembourser les financements 1,5L et la nouvelle obligation 2031. », souligne Invest Securities.

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