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Atos gagne la bataille des coûts, reste celle de la croissance / La reconquête commerciale reste à prouver
Atos continue de perdre du chiffre d'affaires, mais il a enfin cessé de brûler de la trésorerie. Au troisième trimestre, le groupe a dégagé une variation nette de trésorerie positive de 44 millions d’euros, malgré environ 50 millions de décaissements liés à sa restructuration. « C’est la première fois depuis le lancement de Genesis, et même la première fois depuis 2021 ou 2022 », a souligné mercredi matin Philippe Salle, son PDG, devant les analystes. Le recul organique des ventes, à 1,642 milliard d’euros, a dans le même temps été ramené à 2,4 %, après 11 % au premier trimestre et 5,8 % au deuxième, un peu mieux qu’attendu. De quoi confirmer les objectifs annuels. Une publication saluée en Bourse, où l’action Atos gagnait plus de 13 %, à 25,94 euros, mercredi en fin de matinée.
La cure d’austérité a payé
Le groupe commence ainsi à récolter les fruits d'une restructuration menée tambour battant. Lancé pour restaurer sa compétitivité, Genesis devait initialement générer 650 millions d'euros d'économies. Cet objectif a été dépassé dès le premier trimestre et Philippe Salle table désormais sur quelque 800 millions d'euros à la fin de l'année. Le programme doit officiellement s'achever en décembre, même si certaines restructurations se poursuivront en 2027. Le taux de facturation des équipes, indicateur de leur utilisation sur des missions rémunérées, approche déjà 84 %, contre un objectif de 85 % attendu au premier semestre prochain. Face à un chiffre d'affaires qui tardait à se redresser, Philippe Salle a accéléré les réductions de coûts pour soutenir la rentabilité.
Le retour à une croissance durable constitue désormais le véritable test. « Les années 2025 et 2026 ont été celles de la restructuration, qui est désormais pratiquement achevée. Notre priorité est maintenant le chiffre d’affaires », a résumé le dirigeant. En ce sens, la trésorerie retrouvée sert aussi d’argument commercial. « Le fait que nous générions de nouveau de la trésorerie est un signal très fort pour nos clients », a insisté le PDG. Cette reconquête commence à prendre forme, notamment avec le partenariat exclusif de quinze ans signé avec EDF pour l’informatique de ses centrales nucléaires vendues à l’étranger. Devant la presse, Jacques-François de Prest, le directeur financier, y a vu « une victoire symbolique extrêmement importante », remportée face à des géants du secteur, auprès d’un client qui s’était détourné d’Atos.
Des commandes en trompe-l’œil
Ces succès restent pourtant invisibles dans les commandes, qui constituent la principale « ombre au tableau » du trimestre, relève Invest Securities. Elles n'ont atteint que 1,024 milliard d’euros, soit 62 % du chiffre d’affaires (book-to-bill), 7 points de moins qu’un an plus tôt. Pour l'expliquer, Philippe Salle invoque d'abord la saisonnalité estivale. Environ la moitié des revenus proviennent de grands contrats d'infogérance, généralement conclus pour cinq à sept ans, dont les renouvellements peuvent faire bondir les commandes. Or aucun n'est intervenu au troisième trimestre. Surtout, les contrats-cadres remportés auprès d'EDF ou de la police de Londres ne sont pas comptabilisés à leur signature, faute de volumes garantis. « Nous avons signé de nombreux contrats, mais la plupart ne comptent pour rien dans le book-to-bill », résume Philippe Salle. Reste que ce ratio est inférieur à la moyenne de 75 % observée sur les troisièmes trimestres des cinq dernières années. Philippe Salle promet néanmoins un ratio supérieur à 100 % au quatrième trimestre. « Un book-to-bill inférieur à 100 ne signifie pas que nous ne croissons pas », a-t-il martelé devant un analyste de Bernstein, peu rassuré par les commandes de 2026.
2027, l’examen de passage
Le redressement reste aussi inégal selon les pays. La hausse de 30,8 % au Royaume-Uni repose sur une comparaison « en partie artificielle », a concédé le PDG. L’Amérique du Nord recule encore de 19,3 %, mais pourrait renouer avec la croissance dès le quatrième trimestre. En Allemagne, l’activité avec Siemens AG devrait encore baisser l’an prochain, de 50 à 70 millions d’euros.
« L’essentiel des mauvaises nouvelles est derrière nous », assure Philippe Salle, qui vise un recul de 0 à 2 % au quatrième trimestre et un retour à la croissance dès le premier trimestre 2027. Une perspective encourageante, même si, relève Oddo BHF, des incertitudes subsistent sur la reprise des activités américaines et la demande du secteur public français.
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