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Macro-économie / Taux

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La Banque centrale européenne se verdit davantage / Le risque climatique intégré à sa politique de collatéraux

À partir du second semestre 2026, un "climate factor" ajustera la valeur des actifs qu'elle acceptera en garantie lors d’un prêt selon leur exposition aux incertitudes de la transition climatique.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Dursun Aydemir / Anadolu via AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Dursun Aydemir / Anadolu via AFP

La Banque centrale européenne (BCE) met un peu plus ses paroles en actes. En lien avec la prise en compte du dérèglement climatique dans le cadre de la conduite de sa politique monétaire, l’institution de Francfort a annoncé un changement structurel concernant sa politique de collatéraux. Pour mémoire, ces derniers sont des actifs apportés en garantie par les banques lorsque ces dernières souhaitent se refinancer auprès de l’institut d’émission.

"La valeur des garanties fournies par les contreparties dans le cadre des opérations de refinancement de l’Eurosystème est sensible aux incertitudes liées au changement climatique", a commencé par rappeler la BCE. "Étant donné que ces opérations constituent un instrument clé pour maintenir la stabilité des prix, le Conseil des gouverneurs a décidé d’introduire un " climate factor " (facteur climatique), qui pourrait réduire la valeur attribuée aux actifs éligibles utilisés comme garanties, en fonction de leur degré d’exposition à ces incertitudes", annonce-t-elle.

Le Conseil des gouverneurs a décidé d’appliquer ce facteur climatique aux actifs négociables émis par des entreprises non financières ainsi que leurs entités affiliées, et couvrant spécifiquement les événements défavorables associés à la transition verte. Ce facteur sera appliqué à chaque actif individuellement, et son étalonnage tiendra compte des données sectorielles issues des obligations d’entreprises non financières dans le test de résistance climatique de 2024 réalisé sur le bilan de l’Eurosystème, du score climatique CSPP (programme d’achats de titres d’entreprise de la BCE) de l’émetteur, ainsi que de la maturité résiduelle de l’actif.

Le facteur climatique devrait être mis en œuvre au cours du second semestre 2026. "Ce calendrier laisse le temps nécessaire pour actualiser les systèmes de gestion des garanties de l’Eurosystème et modifier plusieurs actes juridiques. L’étalonnage final de la mesure dépendra également des dernières données climatiques, attendues au premier trimestre 2026", indique la BCE.

Doit-on s’attendre à un bouleversement pour les contreparties de la BCE ? "Dans le contexte actuel de faibles niveaux d’emprunt et d’utilisation limitée des obligations d’entreprises comme garanties, l’effet du facteur climatique […] devrait rester limité", escompte-t-on à Francfort.

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