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Premier semestre solide pour Forvia, qui resserre sa stratégie / Le style Fischer s’imprime dans l’organigramme

Forvia signe un premier semestre en amélioration sur tous les fronts, avec une hausse de sa marge opérationnelle, une génération de trésorerie bien supérieure aux attentes et la réaffirmation de ses objectifs pour 2025. Sous l’impulsion de Martin Fischer, le groupe se réorganise autour de divisions autonomes et poursuit la revue de son portefeuille. À rebours, l’hydrogène subit un net coup d’arrêt.
Martin Fischer, directeur général de Forvia
Martin Fischer, directeur général de Forvia

Ce sont des résultats semestriels solides que Martin Fischer, nommé à la tête de Forvia en mars dernier, avait à présenter aux investisseurs ce lundi. Dans un environnement toujours volatil pour l’industrie automobile, l’équipementier a dégagé une croissance organique de 2,9 % sur les ventes de produits livrés aux constructeurs, portée par la bonne tenue des divisions Electronics et Seating. La croissance organique globale, limitée à 1,1 %, est à relativiser, sachant qu’elle intègre le recul des ventes d’outillage, particulièrement élevées un an plus tôt. Ces livraisons ponctuelles, facturées avant le démarrage de la production de série, ont mécaniquement pesé sur la comparaison.

Les pôles Electronics (+ 10,0 %) et Seating (+ 3,7 %) ont été les principaux contributeurs à la croissance, tandis que la division Interiors, dédiée aux composants de l’habitacle, est restée stable (+ 0,1 %). La Chine a joué un rôle moteur dans cette dynamique. "C’est devenu notre premier marché, et celui qui connaît la croissance la plus rapide ", a rappelé Martin Fischer, en soulignant les nouveaux projets industriels lancés avec BYD et Chery, ainsi que la création d’une coentreprise locale avec Fawon. " 30 % de nos commandes mondiales proviennent de Chine, dont les deux tiers auprès de constructeurs automobiles chinois ", a-t-il précisé.

 

Rentabilité et cash-flow au rendez-vous

 

Mais le principal fait marquant de ce semestre reste la progression de la marge opérationnelle, qui atteint 5,4 % du chiffre d’affaires, en hausse de 20 points de base sur un an, à 722 millions d’euros. " Les droits de douane ont eu un impact marginal sur ces résultats, grâce aux ajustements de notre présence et au travail de l’équipe nord-américaine avec nos fournisseurs et nos clients ", a souligné Olivier Durand, directeur financier du groupe. Ce dernier met en avant les effets de la réduction des coûts fixes, allégés de 99 millions d’euros sur la période, ainsi que les premiers bénéfices des synergies issues de l’intégration de Forvia Ela.

La performance en matière de trésorerie dépasse également les attentes. Le free cash-flow ressort à 418 millions d’euros, soit deux fois plus que prévu par le consensus, grâce à une hausse de l’EBITDA et à des investissements en baisse. " Notre trésorerie nette a progressé significativement et est de meilleure qualité qu’auparavant. Nous avons pu réduire notre dette nette de près de 200 millions d’euros ", a ajouté Martin Fischer. Le levier financier s’établit à 1,8 fois l’EBITDA, conformément aux objectifs.

De quoi nourrir un jugement " encourageant sur les volets opérationnel et de trésorerie ", selon Oddo BHF, qui y voit " les premiers effets d’un pilotage plus rigoureux et plus agile ". Reste à confirmer.

 

Divisions renforcées, gouvernance recentrée

 

Le groupe a réitéré l’ensemble de ses objectifs pour 2025, à savoir : un chiffre d’affaires compris entre 26,3 et 27,5 milliards d’euros à taux de change constants, une marge d’exploitation de 5,2 % à 6 %, un free cash-flow supérieur ou égal au niveau de 2024 (soit 655 millions d’euros) et un ratio dette nette / EBITDA ajusté inférieur ou égal à 1,8 au 31 décembre.

Pour inscrire ces améliorations dans la durée, Martin Fischer imprime déjà sa marque sur l’organisation. Il a dévoilé une nouvelle structure centrée sur les divisions, désormais dotées de l’autonomie nécessaire pour piloter leur compte de résultat. " Nous allons donner toute l’autonomie nécessaire aux divisions proches de leurs marchés. Elles disposeront de toutes les fonctions et ressources nécessaires pour gérer leurs activités et ainsi maîtriser pleinement leur compte de résultat ", a-t-il expliqué.

Ce recentrage s’accompagne du lancement d’un programme baptisé SIMPLIFY, destiné à réduire les coûts indirects et à rationaliser l’organisation. Forvia vise 110 millions d’euros d’économies annuelles d’ici 2028, pour 150 millions d’euros de charges de restructuration engagées entre 2025 et 2028. Objectif : " réduire les niveaux hiérarchiques, supprimer les activités sans valeur ajoutée et automatiser les processus chaque fois que cela est possible ", a précisé le dirigeant.

 

Rationalisation en cours, coup de frein sur l’hydrogène

 

En parallèle, le groupe poursuit la revue stratégique de son portefeuille d’activités. " Nous avons identifié des synergies, notamment dans l’électronique, et des lignes de produits susceptibles d’être cédées. Le processus de cessions d’envergure progresse bien ", a assuré Martin Fischer.

Une ligne d’activité fait toutefois exception : l’hydrogène, via la coentreprise Symbio. À la suite du désengagement de Stellantis, qui représentait 80 % des volumes escomptés, Forvia a passé une provision de 136 millions d’euros, contribuant à une perte nette de 269 millions d’euros sur le semestre. " Nous continuons de croire au rôle stratégique de l’hydrogène dans la décarbonation de la mobilité, malgré un net retard du marché. C’est pourquoi nous ralentissons nos propres investissements, y compris dans les réservoirs, et limitons notre consommation de liquidités ", justifie le dirigeant.

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