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Forvia cède sa division Intérieurs à Apollo Funds / Un milliard de dette en moins
La cession était dans l’air. Vendredi, lors de la publication de son chiffre d'affaires du premier trimestre, Forvia avait laissé entendre que la transaction était imminente. L'équipementier automobile a levé le voile lundi : son activité Intérieurs, spécialisée notamment dans les planches de bord, panneaux de portes, consoles centrales et modules d’habitacle, sera cédée à Apollo Funds pour une valeur d'entreprise de 1,82 milliard d'euros, selon un accord signé au cours du week-end. « Cela va sans dire, il s’agit d’une étape clé dans l’exécution de notre feuille de route stratégique Ignite », a souligné Martin Fischer le directeur général, lors de la conférence téléphonique organisée dans la foulée de l’annonce.
Une cession au service du bilan
Le désendettement hérité du rachat de Hella en 2022 constitue l’un des axes centraux de cette feuille de route présentée au début de cette année. Forvia anticipe une réduction de dette nette d’au moins 1 milliard d’euros, l’intégralité du produit net étant destinée au remboursement de la dette. En brut, l’effet dépasserait même 1,4 milliard d’euros. « Cela signifie une division par deux à la fois du levier financier et du niveau de dette nette par rapport au lancement de l’acquisition de Hella en 2022 », a expliqué le directeur financier Olivier Durand. Le groupe vise ainsi un levier de 1,5 fois dès fin 2026, avant l’objectif de 1,2 fois fixé pour 2028.
Depuis le rachat de Hella, les investisseurs scrutent la capacité du groupe à retrouver un bilan plus lisible, moins grevé par la charge financière et davantage orienté vers la génération de trésorerie. Olivier Durand chiffre d’ailleurs à « 50 à 70 millions » d’euros la baisse annuelle des frais financiers en rythme de croisière.
La valorisation retenue pourra sembler mesurée. Rapportée à l’EBITDA ajusté IFRS 2025 de 582 millions d’euros, elle fait ressortir un multiple de 3,1 fois. Le directeur financier a toutefois souligné qu’en neutralisant la capitalisation des dépenses de R&D et les loyers, selon une lecture proche des standards US GAAP, ce multiple ressortirait à 4,8 fois, « ce qui reflète mieux, à mon sens, la valeur réelle de l’actif ».
Au-delà des paramètres financiers, c'est la logique de recentrage qui donne à cette cession sa portée stratégique. L'activité Intérieurs de Forvia, forte de 59 sites de production, 8 centres de R&D dans 19 pays et plus de 31 000 collaborateurs, pesait environ 18 % du chiffre d'affaires consolidé du groupe, soit 4,8 milliards d'euros en 2025. Mais la direction avait indiqué lors de la Journée Investisseurs que, en excluant cette division, la marge opérationnelle du groupe en 2025 aurait atteint 6 %, soit un niveau nettement supérieur à la performance consolidée. La cession améliore donc mécaniquement le profil de rentabilité du périmètre résiduel.
Un portefeuille recentré
Forvia restructure son portefeuille autour de deux pôles, « Growth » et « Value », avec l'intention de concentrer les investissements sur les activités jugées les plus technologiques et les plus créatrices de valeur à long terme. La séparation avec Intérieurs s'y inscrit naturellement. À la question des synergies perdues, Fischer a balayé les craintes : « Nous ne nous attendons à aucune désynergie commerciale. » Il a rappelé que les clients constructeurs n'ont jamais procédé à des achats groupés sièges-intérieurs, les deux lignes étant sourcées de manière indépendante. Sur le plan des achats, les chevauchements seraient, selon ses termes, de « quelques millions d'euros » tout au plus.
La finalisation de la transaction, subordonnée à la consultation des instances représentatives du personnel engagée dès lundi matin et aux autorisations réglementaires usuelles, est attendue d'ici fin 2026, « probablement assez tôt dans le quatrième trimestre », prévoit Olivier Durand. Jusqu'au closing, Intérieurs demeure intégrée dans les comptes de Forvia, à l'exception du traitement IFRS 5 sur les indicateurs opérationnels : la génération de trésorerie de la division bénéficiera encore au groupe cette année, un élément intégré dans la trajectoire d'endettement.
Pierre-André de Chalendar en renfort
À cette recomposition industrielle s’ajoute un signal de gouvernance. Forvia a annoncé le même jour que Pierre-André de Chalendar serait proposé comme administrateur indépendant lors de l’assemblée générale du 4 juin, avant d’être susceptible d’en prendre la présidence à l’issue du vote. L’ancien dirigeant de Saint-Gobain, déjà censeur du groupe depuis septembre 2025, apporterait plus de trente ans d’expérience industrielle à un moment où Forvia entend conjuguer discipline financière et transformation stratégique.
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