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Forvia cale sur la Chine mais maintient le cap / La feuille de route reste inchangée pour 2025

Forvia voit sa dynamique s’essouffler au troisième trimestre. L’équipementier automobile sous-performe la production mondiale, victime d’un mix régional pénalisant et d’un marché chinois en reflux. Le groupe maintient néanmoins ses objectifs pour 2025 et reste déterminé à poursuivre son recentrage.
Martin Fischer, le directeur général de Forvia
Martin Fischer, le directeur général de Forvia

Après un premier semestre marqué par une amélioration sur tous les fronts, le troisième trimestre s’avère plus compliqué pour Martin Fischer, aux commandes de Forvia depuis mars. L’équipementier automobile a publié lundi des ventes stables en organique, à 6,12 milliards d’euros, mais en recul de 3,7 % en données publiées sous l’effet d’un change défavorable. Une évolution globalement conforme aux attentes, mais révélatrice de certaines fragilités persistantes. L’action chutait de 7 % à 9,91 euros en fin d’après-midi.

Dans un secteur qui progresse encore de 4,4 % selon S&P Mobility, Forvia a sous-performé la production automobile mondiale de 440 points de base. En cause : un mix géographique pénalisant et des volumes en retrait en Chine, où le chiffre d’affaires a reculé de 7,4 % en organique. "BYD, notre principal client parmi les constructeurs locaux, a ralenti d’une année sur l’autre au lieu de progresser", a reconnu le directeur général Martin Fischer lors de la visioconférence avec les analystes. "Les gagnants du marché, comme le groupe Geely, ne représentent encore qu’une part mineure" des ventes du groupe, a-t-il ajouté.

 

Entre rebond américain et faiblesse chinoise

 

Le contraste est net entre régions : si l’Amérique du Nord affiche une solide progression de 5,8 %, l’Europe a reculé de 1,8 %, affectée par l’arrêt de production chez JLR et le ralentissement des marques premium. En Asie, la performance mitigée en Chine a été compensée par une forte dynamique dans le reste du continent (+14 %), notamment grâce à Chery, avec lequel Forvia a récemment signé un accord de partenariat.

Les écarts sont tout aussi marqués entre divisions. Electronics et Clean Mobility restent les principaux moteurs, soutenus par la demande en radars, systèmes de gestion de batterie et solutions d’échappement, avec une croissance à deux chiffres. À l’inverse, Seating et Lighting reculent nettement, affectés par le ralentissement des marques premium et la fin de plusieurs programmes en Chine. "L’électronique demeure notre principal moteur de croissance, avec un rythme inédit depuis l’acquisition de Hella", a résumé sobrement pour sa part le directeur financier Olivier Durand.

 

Un profil encore vulnérable

 

Du côté des analystes, si la publication est jugée globalement conforme aux attentes, ils n’en soulignent pas moins la sensibilité du groupe à la Chine et à son mix clients. "La performance du trimestre ne devrait pas susciter de révision majeure, mais confirme la dépendance persistante à certains marchés et constructeurs", constate, de fait, Oddo BHF.

Tout n’est pas noir pour autant, notamment du côté du bilan. Certes, l’absence d’annonce concrète sur les cessions nourrit sans doute une part de la déception boursière : après les rumeurs récentes autour d’une possible vente de la division Interiors, certains investisseurs espéraient davantage de visibilité sur le calendrier ou l’ampleur du plan de désinvestissements. La banque suisse relève néanmoins que "les maturités 2026 ont été intégralement refinancées et celles de 2027 largement réduites", améliorant le profil de dette et confortant la trajectoire de désendettement visée à horizon 2026.

La direction, elle, maintient le cap. "Grâce à la discipline et malgré des incertitudes croissantes, nous sommes en bonne voie pour atteindre nos objectifs 2025", a assuré Martin Fischer. Ces cibles - chiffre d’affaires entre 26,3 et 27,5 milliards, marge opérationnelle de 5,2 % à 6 %, cash-flow net supérieur à 655 millions et ratio dette/EBITDA ajusté inférieur à 1,8 – ont été confirmées.

 

Cessions à venir, mais un calendrier encore flou

 

Le groupe confirme sa détermination à mener à bien son programme de cessions, élément central de sa stratégie de désendettement visant un levier inférieur à 1,5 en 2026. "Nous visons la vente d’actifs supplémentaires de taille significative, pour lesquels nous avons reçu un vif intérêt, à la fois de la part de fonds de private equity et d’acteurs industriels", a déclaré Martin Fischer, précisant que les processus "progressent conformément aux plans". Les spéculations autour d’une éventuelle cession de la division Interiors - cinquième acteur mondial du segment, mais la moins rentable du portefeuille - s’inscrivent dans cette logique.

Au-delà de ces arbitrages, la capacité de Forvia à redresser sa trajectoire en Chine et à transformer ses divisions les moins contributives constituera la clé de la suite. Comme le résume UBS, "la guidance reste crédible, mais l’exécution devra convaincre dans un contexte de production mondiale attendue en repli de 2,8 % au quatrième trimestre".

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