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Forvia
Forvia encaisse le choc chinois / La discipline sur les coûts soutient le cap
« Notre activité a démontré la résilience de nos métiers dans un contexte de baisse de volumes dans toutes les régions et un mix clients défavorable. » Les propos de Martin Fischer, aux commandes de Forvia depuis un peu plus d’un an, résument l'enjeu du premier trimestre 2026 : tenir, dans un secteur automobile mondial qui recule, et convaincre que le plan "Ignite" lancé en février reste sur les rails malgré une conjoncture qui se dégrade.
Le chiffre d'affaires trimestriel ressort à 5,135 milliards d'euros, en repli de 6,4 % en publié et de 2,2 % en organique. C'est environ 2 % au-dessus du consensus de marché (5,035 milliards), et surtout 120 points de base au-dessus d'une production automobile mondiale qui cédait 3,4 % sur la période, selon les données S&P Global Mobility. L'effet de change a pesé à hauteur de 235 millions d'euros, principalement sous l'effet du dollar, du yuan et du yen.
La résistance vient de l’Occident
La géographie du trimestre dessine un groupe à deux vitesses. En Europe et en Amérique du Nord, Forvia affiche une croissance organique positive de respectivement 1,8 % et 3,1 %, dans des marchés en contraction de 1,7 % et 2,0 %. La surperformance dépasse 5 points de base dans les deux régions. En Chine, en revanche, les ventes organiques s'effondrent de 23,5 %, soit une sous-performance de 14 points par rapport à un marché local déjà en repli de 9,8 %. L'explication tient en grande partie à BYD : les volumes du constructeur ont chuté d'environ 30 % sur la période, et Forvia, qui est son principal fournisseur de sièges en Chine, en a subi de plein fouet l'impact.
Par activité, la lecture est plus nuancée. Le pôle Electronics, qui regroupe notamment les aides à la conduite, capteurs et systèmes de gestion de l’énergie, affiche une progression organique de 8,2 %, portée par les technologies radar et d’électrification. Clarion, spécialisé dans l’électronique embarquée et les équipements audio multimédia, bondit de 25,8 % grâce à la montée en puissance de programmes en Europe, en Amérique du Nord et au Japon. À l’opposé, le pôle Seating, centré sur les sièges automobiles et leurs mécanismes, recule de 11,1 % en organique, victime du mix chinois. Et Lighting, l’activité éclairage issue de Hella, poursuit sa correction, à moins 7,3 %, prolongeant une tendance engagée dès le second semestre 2024.
Hella Lighting au cœur du redressement
Lighting concentre une large part du discours du management. L’activité reste aujourd’hui un point faible du groupe : fins de programmes avec des constructeurs allemands en Europe et en Amérique du Nord non compensées par de nouveaux lancements, pression sur les marges et rentabilité dégradée.
Le plan de redressement est désormais piloté par Juan Mola, arrivé en mars à la tête de la division éclairage de Hella, fort d'une expérience étendue dans l'éclairage automobile. Fischer décrit un programme articulé autour de deux axes : « Nous voulons stimuler la croissance du chiffre d'affaires et c'est permis en rationalisant notre base de coûts. Nous pouvons capitaliser sur notre position technologique premium, puis repositionner l'activité pour adresser le segment volume et diversifier davantage la base clients. » Des premières commandes, notamment en Chine avec Geely, et sur des modèles grande série aux États-Unis et en Europe, sont présentées comme la preuve que l'approche porte déjà ses fruits. Un redressement en résultat est attendu « à partir du second semestre 2026 ».
Cessions et économies pour relancer la machine
Ignite progresse sur son deuxième pilier : la cession d'Interiors. Fischer confirme que la transaction est attendue « à court terme », sans calendrier précis, mais en précisant que ce n'est plus une affaire de plusieurs mois. Les paramètres restent conformes à ce qui avait été présenté lors du Capital Markets Day de février : réduction de la dette nette d'environ 1 milliard d'euros, effet brut de 1,4 milliard sur la dette, et économie attendue de 50 à 70 millions d'euros de charges financières annuelles. Le directeur financier Olivier Durand confirme que le cash-in est toujours attendu dans les comptes 2026.
En parallèle, le groupe poursuit le déploiement de son programme Simplify, qui vise à alléger les processus internes, supprimer des niveaux hiérarchiques et améliorer l'efficacité opérationnelle. Avec EU-Forward, les deux programmes devraient générer 110 millions d'euros d'économies incrémentales en 2026.
Cap maintenu dans un climat plus incertain
Reste une question centrale : comment justifier le maintien des perspectives annuelles alors que les prévisions de production automobile mondiale ont été abaissées et que le conflit au Moyen-Orient ajoute une couche d’incertitude ? Forvia répond par les coûts. Énergie limitée à environ 1 % des ventes, couverture supérieure à 70 % sur l’électricité, clauses d’indexation sur les matières premières, plans de flexibilité prêts à être activés. « Nous avons fortement mobilisé notre organisation pour atténuer les effets de l’environnement actuel », a assuré Martin Fischer en confirmant une trajectoire de 20 à 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires, une marge opérationnelle de 6 % à 6,5 % et un levier de 1,5 fois fin 2026.
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