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Toronto; Bois-Colombes; Risque politique; Trump; droits de douane

Feuilleton de l'été / Coface / Ruben Nizard / Sciences Po

Feuilleton de l'été
Coface / Ruben Nizard / Sciences Po

exclusif Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain / Ruben Nizard, responsable de la recherche sectorielle de Coface

EXCLUSIF. Quelque part Ruben Nizard a Coface dans le sang, cet ancien science piste y déroule le fil de sa carrière depuis un peu moins d’une décennie. Loin d’être un long fleuve tranquille il y aura multiplié les responsabilités quittant notamment le siège parisien pour devenir économiste en charge de l’Amérique du Nord à Toronto. Désormais en charge de la recherche sectorielle et revenu au siège du groupe, l’économiste suit toujours avec passion l’actualité n’hésitant pas à calculer l’impact des droits de douane dans la queue pour s’envoler en vacances.
Ruben Nizard, responsable de la recherche sectorielle de Coface. DR
Ruben Nizard, responsable de la recherche sectorielle de Coface. DR

Les soubresauts du commerce mondial ne semblent pas indisposer Ruben Nizard, bien au contraire. Le responsable de la recherche sectorielle de Coface se voyant même taquiner lors des conférences de presse du groupe pour sa passion pour la mise à jour des effets des tarifs douaniers américains. C’est peu dire que la réactivité que ça exige explique que l’économiste définisse son métier "comme quelque chose d’autant personnel que professionnel".

Il ne s’offusque ainsi pas de ne pas avoir pu honorer quelques vacances en raison de la politique commerciale de Donald Trump. Prompt à rebondir ce pur produit de Sciences Po avait déjà dû se montrer particulièrement agile lors de son arrivée au Canada au début de l’année 2020. Alors envoyé en tant qu’économiste en charge de l’Amérique du Nord, il avait vu le Covid "évidemment impacter ma façon de travailler, les conditions n’étaient pas du tout celles dans lesquelles je m’étais projeté" et pourtant le rebond avait été immédiat étant donné "qu’on a rapidement organisé des webinaires sur la reprise et au fond c’est aussi ce que j’aime arriver à comprendre les logiques derrière les chocs".

 

Direction

 

Le chemin n’était pourtant pas tout tracé chez ce pur Parisien, sur les bancs de son lycée la filière ES n’était pas la plus privilégiée et encore moins la candidature à Sciences Po. Il n’est pas pour autant freiné dans sa candidature à l’institution de la rue Saint-Guillaume. Il y passera le temps d’un quinquennat et au fil du temps "se dirige vers le privé, c’est plutôt là que je me projetais plutôt que vers les concours de la fonction publique". La vocation d’économiste naît avec les années de master, où il confie à WanSquare entendre "parler de Coface pour la première fois à l’occasion d’un cours sur le risque pays donné par Jean-Louis Terrier".

Celui qui a toujours eu le goût de l’écriture écarte alors la poursuite d’une carrière vers la recherche via un doctorat et "connaît plusieurs expériences où j’essaye de me faire une idée du monde du travail". Après plusieurs mois en tant qu’analyste financier chez ADP, il va postuler à l’ambassade du Luxembourg à Londres laquelle "cherchait des étudiants parlant français, ce fut une formidable opportunité où je pouvais toucher à tout et où on était amené à participer à des briefings du ministère des affaires étrangères ou encore à accompagner l’ambassadeur devant les parlementaires britanniques". Six mois qui faisaient suite à une expérience aux États-Unis durant sa scolarité, dont il garde un bon souvenir ayant pu au cours de cet échange universitaire "un peu toucher à tout, que ce soit des cours plus académiques ou bien ceux ayant trait à la psychologie".


Chapitre

 

Pour autant malgré des expériences "aussi différentes qu’appréciées à l’étranger, j’avais envie de revenir à Paris" se remémore-t-il. Un début d’année en tant qu’analyste recherche économie et marchés sur la capitale passe puis arrive le début de l’histoire chez Coface. Une fin d’année consacrée à la rédaction de notes sur le risque pays ou autres alertes à destination des clients avant de rejoindre plus durablement les rangs de l’assureur crédit. Un premier poste où il couvre spécifiquement l’Afrique depuis le siège de Bois-Colombes et où il commence vite à "développer la conviction que le risque politique va occuper une place prépondérante dans les économies durant les années à venir. Chez Coface on va se mettre rapidement à publier un indice de risque politique qui témoigne de l’importance qu’on accorde au sujet et ce dès 2016".

Rapidement Ruben Nizard va s’épanouir dans une équipe "où les deux chefs économistes que j’ai connus ont toujours encouragé et valorisé la prise d’initiative et l’autonomie". Comme lorsqu’il est envoyé pour une création de poste en Ontario, "à une époque où on cherchait à internationaliser l’équipe de recherche, avec une logique d’être au plus près du risque. J’ai eu la chance de partir sur un marché relativement petit chez Coface avec seulement 200 à 300 collaborateurs sur place quand le groupe en compte plus de 5 000 ".

S’ensuit un retour à Paris pour trois ans en la qualité de directeur de l’analyse de risque politique, avant de prendre en charge de la recherche sectorielle chez Coface à compter de novembre 2023. En regardant en arrière l’économiste n’a pas de regret de "ne pas avoir emprunté la voie académique, la démarche de recherche a beau me plaire plus le temps passe plus je me rends compte qu’il y a une incompatibilité entre le temps long qu’elle nécessite, j’ai besoin de passer d’un sujet à l’autre après avoir poncé le précédent".

 

Donner

 

Pour autant la question de la recherche n’est jamais très loin, "ne serait-ce que parce que ça donne un bagage technique et méthodologique précieux" et nous confie avoir été aidé dans son choix par un économiste de JP Morgan qui l’avait rassuré quant à sa capacité à faire ses armes dans le privé. Difficile désormais de dégager des disponibilités dans un emploi du temps contraint, l’économiste avait pu par le passé "aider des jeunes qui préparaient les admissions parallèles pour Sciences Po, j’ai eu l’opportunité via une association d’aider des jeunes provenant d’un milieu défavorisé à tenter leur chance pour rentrer rue Saint-Guillaume".

Il nous confie constater qu’il y a toujours aujourd’hui chez les jeunes un manque de compréhension des études supérieures, de quoi nourrir en lui une envie d’enseigner. La coopération entre le monde économique et celui du supérieur pouvant être riche, il n’exclut pas à l’avenir de consacrer du temps dans un établissement et considère "qu’il y a un vrai intérêt à former à utiliser des outils de façon concrète et à expliquer ce qu’on peut faire et ne pas faire dans le métier d’économiste".

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