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Macro-économie / Taux

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BCE : une revue de stratégie sans grand relief ? / Cet apport que pointe François Villeroy de Galhau

Comparativement à la précédente revue de stratégie de la Banque centrale européenne (BCE) à l’issue de laquelle le climat avait fait une entrée fracassante, celle achevée il y a peu a suscité peu d’intérêt. À tort, selon le gouverneur de la Banque de France, qui met notamment en avant la clarté apportée sur le déploiement des outils (pour certains polémiques) non-conventionnels.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Kevin Dietsch / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Kevin Dietsch / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

La réception des conclusions de la revue de stratégie de la Banque centrale européenne (BCE) a été plutôt froide. Elle a été jugée plate par bon nombre d’observateurs, ce à quoi il fallait s’attendre compte tenu des déclarations que sa présidente Christine Lagarde avait tenues depuis plusieurs mois. À l’été 2021, lors du précédent exercice à l’issue duquel le Conseil des gouverneurs avait annoncé prendre en compte le climat dans la conduite de la politique monétaire, l’indifférence était nettement moins de mise.

Dans une tribune, publiée par Les Echos, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a insisté notamment sur un apport de cette nouvelle revue dont les conclusions ont été dévoilées fin juin. Il y évoque la "lisibilité" apportée quant à l’utilisation des politiques monétaires non-conventionnelles. "Le débat n’est en rien sur leur nécessité : leur emploi possible à l’avenir est clairement confirmé. Mais nous clarifions leur usage "proportionné", en distinguant mieux leur objet premier : infléchir durablement l’orientation même de la politique monétaire ; ou veiller à sa transmission, face à des tensions excessives à un moment donné sur les marchés financiers", explique le grand argentier.

Pour influer sur l’orientation de la politique monétaire, c’est-à-dire sur son caractère restrictif ou accommodant, ce sont les achats de titres qui devraient être appelés à l’aide.

Si en revanche, c’est la transmission de la politique monétaire qui doit être restaurée, alors d’autres instruments non-conventionnels peuvent constituer un précieux soutien. Le gouverneur cite les "LTRO", des prêts à long terme à destination des banques, ainsi que l’instrument de protection de la transmission" (TPI), mis sur pied à l’amorce de la normalisation monétaire de 2022 pour prévenir un élargissement injustifié des taux d’intérêt entre les différents États de la zone euro. À noter que si la France devait avoir maille à partir avec les marchés obligataires, ce dernier outil serait l’objet de toutes les attentions (il s’agit d’achats potentiellement illimités ciblant les obligations publiques d’un pays donné).

Et qu’en est-il des taux d’intérêt négatifs, ce dispositif non-conventionnel créé en 2014 ayant suscité l’ire des banques compte tenu du fait qu’il a pour conséquence qu’elles versent des intérêts sur une part de leurs réserves placées à la BCE ? "Il y a […] toute une "boîte à outils" disponible avant d’en arriver à d’éventuels taux d’intérêt négatifs : l’ultime recours face aux risques de déflation jusqu’en 2021, et sans doute le plus mal compris, reconnaissons-le", indique François Villeroy de Galhau.

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