Evenements / Alexandre Bompard / Patrick Martin / Rencontres économiques d'Aix-en-Provence
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Alexandre Bompard / Patrick Martin / Rencontres économiques d'Aix-en-Provence
Alexandre Bompard et Patrick Martin sur une même longueur d’onde à Aix-en-Provence / Mais pas au sujet de la TVA sociale
Compétitivité, investissement, balance commerciale… mais où est passée l’appréhension de la consommation dans la croissance française ?, s’est interrogé le président-directeur général de Carrefour, Alexandre Bompard, lors d’une discussion organisée aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, aux côtés du président du Medef Patrick Martin. "Cette année, 50 % de la croissance viendra de la consommation. Quand elle tousse, il n’y a pas seulement un problème de commerce, mais général", a assuré le patron du distributeur. Quelques signaux de reprise se dessinent, mais restent fragiles, a-t-il regretté. "C’est la raison pour laquelle je demande aux services publics d’arrêter les discours anxiogènes, car au fond, si nous avons cinq points d’épargne de plus que dans les autres pays européens, c’est parce qu’on a une incertitude politique et fiscale extraordinairement élevée", a poursuivi Alexandre Bompard.
Un sujet de persistance et de lourdeur du brouillard politique français, et de ses conséquences sur l’économie et les entreprises, sur lequel Alexandre Bompard a été rejoint pas le président du Medef. D’autant que cette reprise ne semble pas s’être traduite sur le terrain, qui porte toujours les stigmates de la faible consommation des années 2023 et 2024. Depuis 18 mois, 50 000 emplois dans le secteur du commerce et de la distribution ont en effet été supprimés, a alerté Alexandre Bompard.
"En une semaine, nous avons eu Princesse Tam-Tam, Comptoirs des cotonniers… ce sont 2 500 emplois supprimés dans une forme de relative indifférence générale", a pointé le patron de Carrefour, faisant le parallèle avec les mobilisations intervenant, par exemple, lors des risques de fermetures d’usines. "Les acteurs de la distribution spécialisée sont confrontés à une concurrence complètement folle, nouvelle, puissante, soudaine, de plateformes chinoises – Shein et Temu pour ne pas les nommer, je vais finir par être leur porte-parole", a souligné Alexandre Bompard. Règles douanières, sociales, fiscales, de sécurité… pour le P.-D.G. de Carrefour, ces acteurs déversant 200 millions de colis par an, "dans une infraction à toutes les règles et dans une indifférence générale", constituent un catalyseur des défaillances d’entreprises du secteur.
Pas d’industrie sans les autres
Racontant une réunion organisée avec le patron de Shein, Donald Tang, avec plusieurs adhérents issus de divers secteurs, le patron du Medef a assuré que tous produisaient la même analyse. "Il existe des enjeux majeurs de conformité des produits. L’industrie du jouet est par exemple particulièrement contrôlée, ce qui est normal. Mais ni Shein ni Temu ne le sont, au motif qu’il y a des volumétries tellement importantes, que nos administrations françaises ou européennes ne sont pas équipées pour le faire", a-t-il indiqué. "On ne peut pas avoir une industrie prospère sans métiers de services, de distribution et de construction, et réciproquement", a ajouté Patrick Martin.
Plus généralement, a poursuivi le président du Medef, le problème reste que la création de richesse en France est insuffisante et pas assez encouragée. Comparant l’Hexagone avec ses voisins européens, il a indiqué : "ils jouent avec les mêmes règles que nous et certains se portent remarquablement bien, en termes de croissance et de finances publiques. Le vrai problème n’est pas de gérer la pénurie et de savoir comment on va répartir le peu de richesses que l’on crée, mais d’en créer davantage".
Interrogé par la suite sur la TVA sociale, le président du Medef a indiqué : "Je mesure la sensibilité sectorielle à ce sujet, mais nous avons un problème de répartition du financement de la protection sociale en France. […] Nous avons 1 700 milliards d’euros de dépenses sociales, ce dont on parle c’est un transfert de quelques dizaines de milliards d’euros - si l’on arrive à 40 milliards, cela serait déjà beaucoup – vers de la fiscalité. Je ne pense pas que cela justifie que la France se déchire", a souligné le président de l’organisation patronale. Un point sur lequel Alexandre Bompard s’est néanmoins inscrit en contradiction. "La TVA est l’impôt le plus injuste. On ne peut pas dire aux Français que notre solution, pour réduire nos dépenses publiques, est de l’augmenter". Et de trancher : "Le moteur de la consommation est le seul qui tient quelque peu depuis le début de l’année, laissons la tranquille. Elle repart légèrement à la hausse après trois années très difficiles, alors retirons ce sujet de la table et cherchons plutôt une méthode pour réduire la dépense publique".
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