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politiques publiques; Hexagone; subventions

Macro-économie / Taux / Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan / décarbonation / économistes

Macro-économie / Taux
Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan / décarbonation / économistes

Une décarbonation dont le coût est scruté / La prochaine stratégie bas carbone devra faire des choix

Au regard de la contrainte pesant sur les finances publiques, la France se doit de dépenser à bon escient pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan propose dans cette optique une série d’actions de décarbonation à prioriser par leur rentabilité élevée au bénéfice de la communauté.
Site industriel en France. Photo de Jean-Christophe Verhaegen / AFP
Site industriel en France. Photo de Jean-Christophe Verhaegen / AFP

Il ne reste que quelques mois avant l’adoption de la troisième stratégie nationale bas carbone. Celle-ci doit permettre à la France d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2025 et peut notamment compter sur les travaux réguliers et fournis du Haut-commissariat à la stratégie et au plan. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce dernier – par la voix d’Alain Quinet – n’incite pas à l’inaction, bien au contraire puisque ce dernier a présidé la troisième commission sur la valeur de l’action pour le climat. Or il s’avère que cette dernière a été rehaussée à près de 256 euros la tonne d’équivalent dioxyde de carbone, contre 187 euros auparavant.

De quoi donner une incitation supplémentaire à agir sans tarder au vu du bénéfice conséquent à en retirer. L’économiste en appelle néanmoins à agir avec clairvoyance, il ne faut pas se disperser tous azimuts et ce sans discernement mais bel et bien "de retenir les actions ‘coût-efficaces’, c’est-à-dire dont le coût d’abattement est inférieur à la valeur d’action et d’écarter les autres". Une tâche pour le moins complexe étant donné qu’il est parfois difficile de quantifier certaines externalités de matière environnementale ou encore les potentiels effets d’échelle obtenus dans le temps long.

 

Immédiat

 

Pour autant la note publiée fait état de plusieurs leviers mobilisables dans un avenir proche. Au premier rang on retrouve un problème à prendre à bras-le-corps ; la rénovation des quelque cinq millions de passoires énergétiques que compte l’Hexagone tant les gains en matière de santé et de facture énergétique sont considérables. En écho à la note du Conseil d’analyse économique (CAE) publiée récemment, il est cette fois-ci considéré que "le basculement du véhicule thermique vers le véhicule 100 % électrique est coût-efficace dès maintenant".

L’industrie n’en est pas pour autant oubliée, puisqu’il est jugé qu’une bonne partie des émissions "pourra être éliminée dans un avenir proche grâce à la capture et au stock" quand elles ne seraient pas déjà réduites grâce à des innovations technologiques et à la sobriété. Autant de gisements de décarbonation qui nécessiteront une forte électrification des usages, laquelle ne pourra se faire sans passer un nouveau cap du côté de la production. Toutes les solutions développées actuellement n’ont cependant pas les faveurs des auteurs, ces derniers constatant que "les surcoûts actuels de production du biométhane et des biocarburants (encore majoritairement de première génération), comparés respectivement aux gaz et carburants fossiles, apparaissent toutefois encore élevés en regard de la valeur de l’action pour le climat" tout en n’écartant pas de possibles améliorations dans un futur proche.

 

Arbitrer

 

La nécessaire augmentation de la production d’électricité peut occasionner quelques arbitrages difficiles tel que le prélèvement de bois à des fins énergétiques. Ce dernier étant jugé comme pouvant entrer en tension avec l’objectif de préservation du puits forestier. Des réflexions également menées par le secteur privé pour trancher dans ses allocations, pour l’heure il est considéré que "les actions précédemment mentionnées ne sont en général pas spontanément réalisées par le jeu du marché, un coût d’abattement socio-économique faible n’impliquant pas que l’action soit rentable pour les acteurs privés".

De quoi appeler à ce que différentes politiques publiques soient menées et ce simultanément en raison de leurs limites intrinsèques. Les subventions étant par nature limitées par le lourd coût financier qu’elles font peser sur le contribuable et le risque de détournement des fonds remis sur le devant de la scène ces derniers mois par MaPrimeRénov. Des écueils différents sont inhérents la réglementation, puisque cette dernière peut tant défavoriser les solutions les plus innovantes que se révéler un facteur de dépense supplémentaire pour les agents économiques. Le dernier instrument évoqué est celui de la tarification carbone, cette fois-ci une perte de compétitivité est redoutée pour les entreprises tricolores.

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