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Décarbonation : des gains financiers non négligeables pour les entreprises / L’IA pourrait être un puissant soutien
La décarbonation peut rapporter gros. Tandis que l’enquête annuelle du BCG et CO2 AI révèle un progrès limité des entreprises dans la réduction de leurs émissions de carbone, elle met en lumière malgré des opportunités financières significatives pour les firmes les plus volontaristes.
Le BCG et CO2 AI ont sondé près de 2 000 cadres responsables de la gestion et de la réduction des émissions de leur entreprise. Ces entreprises, couvrant 16 grandes industries à travers 26 pays, sont responsables de 45 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les résultats montrent que seulement 9 % d’entre elles rapportent de manière exhaustive leurs émissions sur les trois principaux périmètres (Scopes 1, 2 et 3).
Parmi les entreprises interrogées, seulement 16 % ont fixé des objectifs couvrant ces trois scopes, et seulement 11 % ont effectivement réduit leurs émissions conformément à leurs ambitions. Ces chiffres sont en baisse par rapport à l’année précédente, signalant un ralentissement général des progrès. Pourtant, certaines nations se démarquent : le Brésil, l’Inde et la Chine sont en tête en matière de rapports d’émissions, de fixation d’objectifs et de réduction effective des émissions, illustrant ce qu’une approche proactive peut accomplir.
Un quart des entreprises interrogées ont rapporté des gains financiers substantiels liés à la décarbonation. Ces sociétés ont enregistré des bénéfices équivalents à plus de 7 % de leurs revenus annuels, soit une moyenne de 200 millions de dollars de gains par an. Ces bénéfices proviennent souvent de la réduction des coûts d’exploitation, par des initiatives d’efficacité énergétique, de réduction des déchets ou encore par l’utilisation d’énergies renouvelables.
Les entreprises qui mesurent, rapportent et fixent des objectifs couvrant les trois scopes sont beaucoup plus susceptibles de récolter des bénéfices. Par exemple, celles qui mesurent de manière exhaustive leurs émissions sont 1,6 fois plus susceptibles de voir des gains significatifs. Celles qui rapportent entièrement leurs émissions sont 1,5 fois plus susceptibles d’en bénéficier, tandis que celles qui fixent des objectifs validés sont 1,9 fois plus susceptibles de réussir.
En outre, le rapport souligne que l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), se révèle être un facteur décisif. Les entreprises qui adoptent l’IA pour réduire leurs émissions sont 4,5 fois plus susceptibles d’obtenir des bénéfices significatifs. L’IA permet d’automatiser les tâches complexes, permettant aux équipes de se concentrer sur la réduction des émissions et la capture de valeur. De plus, les entreprises qui calculent les émissions au niveau de chaque produit sont quatre fois plus susceptibles de tirer parti de la décarbonation.
Charlotte Degot, directrice générale et fondatrice de CO2 AI, souligne que la fenêtre pour limiter le réchauffement à 1,5 °C se ferme rapidement, mais que l’IA pourrait jouer un rôle crucial. "Notre recherche montre que les entreprises doivent redoubler d’efforts pour utiliser l’IA de manière responsable, afin de s’assurer qu’elles atteignent leurs objectifs climatiques tout en maximisant leurs performances financières", a-t-elle déclaré.
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