Feuilleton de l'été / Edenred / Sarah Wickham
Feuilleton de l'été
Edenred / Sarah Wickham
Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain /
Sarah Wickham, directrice de la stratégie et du développement chez Edenred au sein de la ligne de métier "Bénéfices et Engagements"
En septembre dernier, Sarah Wickham rejoignait Edenred avec la mission ambitieuse de piloter la stratégie et le développement du groupe. Quelques mois plus tard, elle s’impose déjà comme une figure incontournable de la transformation de l’entreprise présidée par Bertrand Dumazy, avec une ambition claire : faire d’Edenred un acteur global incontournable de la qualité de vie des salariés, en s’appuyant sur une plateforme technologique robuste et des solutions RH intégrées.
"Notre stratégie repose sur trois axes ", explique-t-elle à WanSquare. "Scale the Core, pour accroitre la pénétration de nos solutions historiques comme Ticket Restaurant ; Extend Beyond, pour enrichir notre offre d’avantages aux salariés ; et Expand, qui concerne notre développement de nouveaux marchés, notamment celui de l’engagement salarié", détaille Sarah Wickham. C’est dans ce cadre qu’elle supervise l’un des projets les plus ambitieux de l’entreprise : l’intégration de Reward Gateway, plateforme britannique rachetée en 2023 pour 1,3 milliard d’euros. "Ce projet est extrêmement transversal, confie-t-elle. Il mobilise stratégie, marketing, technologie, déploiement international. Mon rôle est de garantir que cette intégration tienne toutes ses promesses, tant en termes de synergies que de positionnement. La clé du succès, ce sont les équipes talentueuses et motivées, les "Edenreders", qui sont un véritable atout d’Edenred".
Multi-casquettes
Mais ce n’est pas tout. L’on compte aussi parmi ses autres piliers d’actions le business development. A ce titre, Sarah Wickham pilote les opérations de fusion-acquisition, identifie les cibles stratégiques, et dirige une équipe dédiée aux grands comptes internationaux. " Nous répondons à des appels d’offres complexes pour des clients multi-pays. C’est un travail exigeant mais très enrichissant, qui nous pousse à penser global tout en agissant local ", nous fait-elle observer.
Ces enjeux de croissance, à la fois organique et externe, ont mis en lumière la nécessité d’établir un positionnement plus cohérent à l’échelle mondiale. C’est ce qui a conduit, depuis mai 2025, à la création d’une fonction marketing stratégique centralisée, encore inédite chez Edenred à ce niveau, au sein de sa direction. Pour servir des millions d’utilisateurs, de commerçants partenaires, et d’entreprises clientes, l’objectif est clair : dépasser un marketing jusqu’ici très opérationnel et fragmenté pour construire une proposition de valeur cohérente, alignée et ambitieuse sur tous les marchés.
Entre excellence académique et immersion technologique
Ce nouveau rôle de cheffe d’orchestre, Sarah Wickham s’y est longuement préparé. Formée dans les plus grandes écoles - Lycée Louis-le-Grand, classe préparatoire à Henri IV, diplômée de l’ESSEC - elle démarre sa carrière dans le conseil chez McKinsey en 2011. " Je sentais néanmoins qu’il me manquait une clé pour comprendre la transformation numérique. C’est ce qui m’a conduite à faire un MBA à Harvard, pour bâtir un pont entre business et technologie ", explique-t-elle. Un mot- transformation - que l’on entend souvent lorsque l’on échange avec Sarah Wickham.
À Boston, elle dirige le Tech Media Club, suit des cours de codage, d’économie comportementale, de stratégie des plateformes, et décroche même un stage chez Google à Mountain View, en Californie. Aujourd’hui, Sarah Wickham poursuit d’ailleurs toujours son engagement dans le monde académique. Membre du board du Harvard Business School Club de France, elle organise la New Venture Competition, un concours international de startups.
De retour chez McKinsey, elle rejoint alors la practice Tech, avant de repartir chez Google mais cette fois-ci à Paris. Durant cinq ans, elle pilotera des stratégies commerciales européennes, conseillera des groupes du luxe sur leur marketing digital, et animera, notamment, une Task force dédiée à l’Intelligence artificielle générative. " Chez Google, j’ai vécu la Tech de l’intérieur, compris ce que signifie être à la pointe de l’innovation ", estime-t-elle.
L’humain au cœur de son approche
Mais ce qui frappe le plus chez Sarah Wickham, c’est ce que son CV prestigieux ne dit pas : sa passion sincère pour l’humain. "Ce qui m’anime profondément, c’est de faire grandir les membres de mon équipe. Je ne crois absolument pas au micro-management Ma plus grande joie en tant que manager, c’est de voir un membre de mon équipe prendre son envol, réussir une présentation difficile ou être promu. C’est le meilleur indicateur de ma propre réussite. Je suis fascinée par la psychologie, les biais cognitifs, la dynamique du changement. Ma question centrale : comment embarquer les équipes, les clients, les partenaires dans une transformation ?", nous confie-t-elle.
Un alignement de valeurs qu’elle a trouvé chez Edenred. Lors de son recrutement, elle se souvient d’un moment fort : "Quand Arnaud Erulin, le directeur général de la ligne de métier Avantages aux salariés, a appelé l’une de mes recommandations, sa première question a été : ‘Comment puis-je être un bon manager pour elle ?’ C’est rare. Cela m’a profondément touchée et confortée dans mon choix ", avoue-t-elle.
Une stratège nourrie par l’art et la science-fiction
Mais Sarah Wickham cultive également une vie parallèle, nourrie par l’art et la réflexion philosophique. Peintre depuis vingt ans, elle pratique le fusain, la peinture à l’huile, et le modèle vivant. Elle vient d’achever une reproduction minutieuse - et très réussie - d’un chef-d’œuvre de l’artiste florentin du XVIème siècle Bronzino. "Elle m’a demandé un an de travail, c’est ma grande fierté. La peinture m’apporte un ancrage, une respiration, c’est une méditation active qui complète mon quotidien professionnel", reconnaît-elle. Des œuvres qui sont visibles sur son site personnel.
Passionnée de science-fiction, elle cite aussi volontiers Blade Runner ou Fondation d’Isaac Asimov pour illustrer sa réflexion sur la technologie. " Ce que j’aime dans la science-fiction, c’est cette capacité à imaginer et anticiper, mais aussi à questionner les implications philosophiques de la technologie. L’IA, la conscience, la société… Ces récits m’aident à prendre du recul non seulement dans mon travail quotidien, mais aussi pour mieux anticiper et accompagner les grandes transformations à venir ", livre-t-elle.
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