Macro-économie / Taux
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PLF 2026 : l’année blanche est-elle la solution miracle ? / Attention à la variante
Face à un Everest budgétaire, c’est l’une des solutions qui trotte dans la tête du gouvernement. Alors qu’il doit réaliser un effort de 40 milliards d’euros en 2026 pour faire passer de 5,4 % du Produit intérieur brut (PIB) à 4,6 % le déficit public, l’exécutif pourrait être tenté de proposer une année blanche, c’est-à-dire le gel, autant que faire se peut, des dépenses publiques en valeur.
Les variantes sont aussi nombreuses qu’il y a de députés à l’Assemblée nationale. Une d’entre elles est de ne pas revaloriser les pensions de retraite, les prestations sociales ainsi que le barème de l’impôt sur le revenu (IR) à hauteur de l’inflation.
Une étude de l’Institut des politiques publiques estime que compte tenu de la hausse des prix à la consommation anticipée en 2026, cette version rapporterait 5,7 milliards d’euros. Dans le détail, 3 milliards d’euros viendraient du gel des pensions de retraite, 1,4 milliard d’euros du gel des paramètres de l’IR et 1,3 milliard d’euros du gel des prestations sociales (dont 450 millions d’euros des minima sociaux (RSA, AAH, ASPA), 250 millions d’euros de la prime d’activité, 400 millions d’euros des prestations familiales et de 200 millions d’euros des aides au logement).
Alors que la France est aux prises avec une chambre basse fragmentée, il peut être intéressant d’identifier les gagnants et les perdants si de telles mesures étaient adoptées. C’est ce à quoi se sont attelés les chercheurs Hervé Darricau, Sylvain Duchesne, Bertrand Garbinti, Lola Josseran et Fabian Reutzel. "On observe que la mesure a un profil globalement régressif, avec un effet plateau au milieu de la distribution de revenus", expliquent-ils. "Cependant, elle est moins régressive que dans le scénario d’un gel isolé des prestations sociales. Le gel du barème de l’IR introduit une certaine progressivité qui atténue la régressivité induite par le gel des prestations sociales", ajoutent-ils.
Dans le détail, pour les 5 % les plus modestes, la diminution de niveau de vie provoquée par l’année blanche s’élève à 0,68 %. Pour les plus aisés (100ème centième de niveau de vie), la baisse atteindrait 0,19 %. "La limite de l’exercice est évidemment que les quelques mesures étudiées ici ne font pas justice à l’ampleur des options possibles pour le législateur", reconnaissent les économistes. "Les mesures visant à réduire la dépense publique peuvent aussi avoir des effets économiques et redistributifs, et […] les mesures visant nominalement les entreprises peuvent également être analysées dans leurs impacts indirects sur les ménages ", ajoutent-ils.
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