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Legrand signe une opération convertible de référence / Une première émission OCEANE de 800 millions d’euros à 8 ans
Il s’agit d’une première, à plus d’un titre. Pour la première fois de son histoire, Legrand a eu recours au marché des obligations convertibles en actions (OCEANE). Annoncée mercredi soir, cette opération "jumbo" a permis de lever 800 millions d’euros avec une maturité de huit ans, la plus longue pour ce type de produit en Europe depuis 2023. Une transaction d’envergure, tant par son format que par sa rapidité d’exécution, menée en moins d’une semaine.
" C’est une première pour nous ", souligne Ronan Marc, directeur des relations investisseurs et des financements du groupe. " Nous avons pris notre décision la semaine dernière et l’opération a été finalisée en une semaine, là où il faut généralement trois semaines. " Ce calendrier resserré s’explique par la volonté de saisir une fenêtre de marché jugée particulièrement propice. " Il s’agissait clairement de tirer parti d’une conjoncture très favorable" : une demande soutenue des investisseurs, un bon niveau de valorisation, et des conditions de marché alignées.
Une opportunité de financement avantageuse
L’OCEANE offre à Legrand des conditions de financement très compétitives. Les obligations, qui arriveront à échéance en 2033, portent un coupon fixe de 1,5 %. " À titre de comparaison, une émission obligataire classique sur la même maturité nous aurait coûté 3,39 %, selon les estimations fournies par nos banques ", détaille Ronan Marc. Et si les frais d’émission sont légèrement plus élevés que dans le cadre d’une obligation classique, " l’opération reste très intéressante en termes de trésorerie", insiste-t-il.
En ajoutant cette ligne de dette, Legrand allonge la maturité moyenne de son endettement obligataire à 5,8 ans. Le prochain remboursement significatif, d’un montant de 400 millions d’euros, interviendra en mars 2026.
Une dilution très contenue, reflet de la confiance du marché
Autre atout de cette émission : le niveau élevé de la prime de conversion. Celle-ci atteint 45 %, portant le prix de conversion des obligations à 159,03 euros, contre un cours de Bourse avoisinant les 110 euros au moment de l’opération. " Toutes les planètes étaient alignées pour cette transaction ", se félicite Ronan Marc. Le cours de l’action Legrand frôlait alors ses plus hauts historiques, ce qui limite la probabilité de conversion anticipée – et donc la dilution.
Même en cas de conversion à terme, la dilution resterait marginale : " Elle serait inférieure à 2 %, de l’ordre de 1,9 %, " précise-t-il. " Cela reflète la confiance des investisseurs dans le modèle de développement de Legrand, dans sa stratégie de croissance, qu’elle soit organique ou externe […]. On sent que notre trajectoire est comprise et approuvée. "
Une gestion prudente mais ambitieuse de la structure financière
Contrairement à d’autres émetteurs qui se servent de ce type d’instrument pour refinancer des convertibles arrivant à échéance, Legrand n’avait jusqu’ici jamais eu recours à une OCEANE. Si cette opération de financement peut être qualifiée d’opportuniste, elle est surtout pleinement alignée sur la stratégie du groupe.
" Nous avons une dette obligataire à rembourser en mars 2026 et un pipeline nourri d'acquisitions que nous espérons voir se concrétiser prochainement ", indique Ronan Marc. En 2024, Legrand a investi près de 1,5 milliard d’euros dans des acquisitions, notamment dans les centres de données et les technologies de pointe, un montant bien supérieur à sa moyenne annuelle habituelle située entre 500 et 700 millions d’euros.
En s’insérant dans l’échéancier obligataire du groupe, cette émission, dont l’horizon de remboursement est fixé à 2033, vient par ailleurs combler une zone blanche de maturité. Elle témoigne aussi de la capacité de Legrand à conjuguer stratégie de croissance active et discipline financière. Un signal bien reçu par les marchés.
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