Macro-économie / Taux
Macro-économie / Taux
France : des intentions de recrutement de cadres qui demeurent mornes / Au plus bas historique dans certaines entreprises
En France, ce printemps ne semble pas très favorable au recrutement de cadres. C’est ce qui ressort du baromètre trimestriel de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). "Dans l’ensemble, la dynamique du marché de l’emploi cadre demeure atone, en ligne avec les prévisions établies en début d’année. En effet, 9 % des entreprises prévoient de recruter au moins un cadre dans les trois mois à venir, soit exactement autant qu’il y a un an. Ce niveau est également comparable à celui de la fin d’année 2024, qui a été une période particulièrement morose pour les entreprises", explique l’organisme.
Cela cache d’importantes disparités entre entreprises. Les intentions d’embauche perdent à nouveau en intensité dans les grandes structures (46 %, soit 3 points de moins qu’il y a un an) et dans les TPE (4 % ; -2 points). Elles n’y ont d’ailleurs jamais été aussi basses depuis le début de la mesure effectuée par l’Apec en décembre 2020. Dans les PME, les intentions de recrutement progressent légèrement (15 % ; + 2 points), après avoir été particulièrement basses en mars 2024.
"L’investissement des entreprises, qui est un moteur essentiel du recrutement des cadres, resterait morose (-0,4 % au 2e trimestre et -0,5 % sur l’ensemble de l’année 2025). En particulier, la politique commerciale internationale et les mesures de consolidation budgétaire envisagées en France en 2025 sont susceptibles de peser sur l’investissement", justifie l’Apec.
Dans ce contexte, les intentions de mobilité externe des cadres sont intactes. Un peu plus de 10 % (13 %) envisagent d’entreprendre des démarches actives afin de changer d’entreprise dans un délai de trois mois, une proportion très stable dans le temps quelle que soit la situation conjoncturelle. Les jeunes cadres demeurent les plus enclins à la mobilité externe (18 % des cadres de moins de 35 ans).
"Si la propension des cadres à changer d’entreprise n’évolue pas, les facteurs qui conduisent à l’envisager pourraient se transformer", souligne le baromètre. "Dans le contexte conjoncturel actuel, les intentions de mobilité pourraient davantage être motivées par des raisons défensives, comme la crainte de perdre son emploi ou le manque de perspectives d’évolution dans l’entreprise. Les cadres pourraient dès lors se retrouver en tension entre leur désir de changer d’employeur ou de voir leur situation professionnelle progresser, et un environnement de marché moins prometteur", peut-on lire.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

