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Macro-économie / Taux

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Les grandes fortunes mondiales dopées par la tech et la baisse des taux / Des disparités géographiques significatives

L’année 2024 a marqué une nouvelle phase de croissance pour les grandes fortunes mondiales (au moins un million de dollars d’actifs investissables, hors résidence principale, objets de collection, consommables et biens de consommation durables), avec une augmentation globale de 4,2 % de leur patrimoine et de 2,6 % de leur population, selon une étude de Capgemini. Une hausse qui s’est appuyée sur des marchés actions dynamiques, une baisse des taux d’intérêt dans la plupart des grandes économies et l’enthousiasme soutenu autour de l’intelligence artificielle.
An Xin / CFoto / CFOTO via AFP
An Xin / CFoto / CFOTO via AFP

Alors que les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques persistent, la richesse des plus fortunés du globe, elle, poursuit sa progression. En 2024, les grandes fortunes mondiales (high-net-worth individual, HNWI) ont vu leur patrimoine croître de 4,2 % et leur population augmenter de 2,6 %, selon une étude de Capgemini. Une personne est dite HNWI lorsqu’elle dispose d’un million de dollars d’actifs investissables, hors résidence principale, objets de collection, consommables et biens de consommation durables. Si la tendance globale est positive, elle masque d’importantes disparités régionales et un rééquilibrage dans la manière dont ces individus structurent leurs investissements.

L’Amérique du Nord a été la région la plus dynamique, portée par une performance exceptionnelle des marchés actions. Aux États-Unis, les gains boursiers — notamment ceux des grandes entreprises technologiques comme Nvidia, Microsoft ou Amazon — ont contribué à une croissance de 9,1 % de la richesse des HNWI et de 7,6 % de leur population. Le Canada a suivi avec une progression de 5,2 %, grâce à la bonne tenue des secteurs des matières premières et des télécommunications.

L’Asie-Pacifique a également connu une croissance solide, à hauteur de 4,8 %, bien que les situations nationales aient été contrastées. Le Japon a bénéficié d’un contexte favorable — yen faible, réformes d’entreprise et retour de la croissance — ce qui a stimulé son marché boursier et fait grimper le patrimoine des grandes fortunes de 8,2 %. Taïwan a connu une année exceptionnelle portée par ses acteurs technologiques, tandis que la Chine, après un premier semestre difficile, a profité d’un plan de relance en fin d’année. En revanche, la Corée du Sud a enregistré une baisse à la fois de la richesse et de la population HNWI, sur fond d’instabilité politique et d’inquiétudes commerciales.

En Europe, la richesse des grandes fortunes n’a progressé que de 0,7 %, tandis que leur nombre a reculé de 2,1 %. Le ralentissement de la demande chinoise a pesé lourdement sur des secteurs clés comme le luxe et l’automobile. La France a été particulièrement touchée, avec un recul de la population HNWI de 2,6 %, pénalisée par la baisse des valeurs du luxe et une forte instabilité politique. L’Allemagne s’est montrée plus résistante, grâce à la solidité de ses entreprises tournées vers l’international, bien que la croissance du patrimoine y soit restée modérée. Le Royaume-Uni, enfin, a souffert d’un resserrement monétaire prolongé et de l’impact des nouvelles hausses d’impôts sur les entreprises, limitant la croissance de sa richesse HNWI à 0,5 %.

Du côté des émergents, le Moyen-Orient a enregistré une croissance modeste de 0,9 %, freinée par des prix du pétrole plus faibles et des coupes de production prolongées. L’Afrique, en revanche, a affiché une progression de 4,7 % de la richesse HNWI. À l’opposé, l’Amérique latine a connu une véritable rechute, avec une baisse de 2,6 % du patrimoine et de 8,5 % de la population HNWI. Le Mexique et le Brésil ont été particulièrement affectés par la volatilité des devises, la fuite des capitaux et les incertitudes liées aux politiques commerciales américaines.

L’étude de Capgemini nous apprend également que la structure des portefeuilles HNWI a connu des ajustements notables. La part des actions a légèrement augmenté pour atteindre 22 %, soutenue par les excellentes performances des marchés technologiques. Les obligations, en revanche, ont perdu en attractivité, ramenant leur part à 18 %, notamment en raison de rendements faibles aux États-Unis et en Europe. Les liquidités, à 26 %, ont été maintenues à un niveau élevé, reflet d’une prudence persistante face à la volatilité géopolitique. L’immobilier est resté stable à 19 % des allocations, bien que les volumes de transactions aient été ralentis par des taux encore élevés durant une grande partie de l’année. Les placements alternatifs — à 15 % — ont été soutenus par l’essor des cryptomonnaies (boostées par l’approbation des ETFs Bitcoin aux États-Unis) et l’intérêt croissant pour le private equity, chacun représentant environ 15 % des actifs alternatifs détenus.

 

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