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Bercy / Epargne / Eric Lombard
L’Europe compte mettre fin à la fuite de son épargne / Plusieurs pays européens allient leurs forces
Un couple franco-espagnol pour s’emparer de la question de l’épargne. Pierre angulaire de la compétitivité européenne, la question de la fuite des capitaux européens notamment de l’autre côté de l’Atlantique agace au plus haut point le microcosme économique français et européen depuis de longues années. Les rencontres Rexecode de l’an passé étaient très largement revenues sur la question.
Un an après voici qu'une série d'Etats membres avec comme tête de file l’Espagne et la France se réunissent à Paris pour marquer leur volonté d’en finir avec cette situation. La création de ce label est considérée par Eric Lombard, le ministre de l’Économie et des Finances, comme un signe que "l’union de l’épargne et de l’investissement nécessaire au développement économique de l’Europe prend forme". Une nécessité aux yeux du ministre, lequel juge "qu’il en va de la construction de notre avenir comme de notre autonomie stratégique".
Inciter
"Trop de nos entreprises, start-up, ETI, quand elles atteignent certains niveaux de besoins en financement, ne trouvent pas de réponse en Europe", regrette l'ancien patron de la Caisse des dépôts et consignations. Du côté de Bercy on explique qu’il ne s’agira pas d’un placement garanti par l’État et que la prise de risque associée est assumée. Pour autant il devrait bénéficier d’un régime fiscal favorable, à condition de rester investi pendant cinq ans, et ce dans les différents pays où le label sera décliné. Au-delà de la question de l’allocation géographique fixée à minima à 70 % en faveur de l’Europe, surgit également celle de la classe d’actifs favorisée.
Les placements favoris des européens et particulièrement des Allemands ne passent en effet pas inaperçu à Bercy, où on constate la très forte popularité récente des ETF, ces produits financiers permettant de s'exposer de façon simplifiée à un grand nombre d'actions, montrant un attrait pour les indices boursiers. Malheureusement il est là aussi regretté que pour l’heure ce soient essentiellement les actions américaines qui en bénéficient. De quoi faire valoir que le focus sera essentiellement mis sur les actions mais n’exclura ni les obligations ni le non côté. L'objectif avoué étant également d'inciter les européens à délaisser quelque peu les placements à faible rendement qu'ils affectionnent tant.
Rassembler
Signe que cette volonté n’émane pas uniquement des ministères de différents pays européens, une série de tables rondes réunira des acteurs de choix cet après-midi à Bercy. Seront notamment présents Thomas Buberl, directeur général d’Axa France, Hector Grisi Checa, directeur général de Santander, Andreas Wimmer, directeur général d’Allianz Asset Management, qui discuteront de comment "mobiliser l’épargne pour financer la croissance et l’innovation en Europe" et cela en compagnie de Carlos Cuerpo Caballero, le ministre espagnol de l’Économie, du Commerce et de l’Entreprise et de Gilles Roth, ministre des Finances du Luxembourg.
Juste avant que ne soit officiellement lancé le label, une deuxième table ronde consacrée au financement des entreprises européennes dans la durée verra Maria Abascal, directrice générale de l’Association bancaire espagnole, échanger avec Jörg Asmussen, directeur général de la Fédération allemande de l’assurance, José Maria Brandao Brito, Secrétaire d’État au Budget du Portugal ou encore Peter Jacobs, directeur général d’ING Pays-Bas. Slawomir Krupa, directeur général de Société Générale & président de la Fédération bancaire européenne sera également de la partie.
Autant d’acteurs qui ne pourront que partager les éléments constatés par Bercy, à savoir que la problématique de la fragmentation actuelle repose sur le fait qu’on ne dispose pas d’outils harmonisés à l’échelle du continent pour investir. Un engagement politique autour de l’union des marchés de capitaux serait un signal fort, néanmoins d’autres questions restent à résoudre d’ici la fin de l’année, avec un objectif affiché de pouvoir commercialiser ce produit l’an prochain. Reste à savoir si ce sera un produit ad hoc ou s'il sera choisi de labelliser un produit existant.
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