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Rémy Cointreau suspend ses objectifs de moyen terme / Et prévoit plusieurs cas de figure pour l'exercice en cours

L’activité du spécialiste du cognac et des spiritueux a pâti d’un environnement de marché défavorable au fil de son exercice 2024-2025. Si Rémy Cointreau anticipe un retour à la croissance de son chiffre d’affaires pour celui en cours, le sort de son résultat opérationnel courant dépendra de l’évolution des tarifs douaniers, en Chine et aux États-Unis. Pour l’heure, cette incertitude et le manque de visibilité macroéconomique ne lui permettent pas de maintenir ses objectifs pour 2029-2030.
Crédits : Rémy Cointreau
Crédits : Rémy Cointreau

Le manque de visibilité auquel fait face Rémy Cointreau perturbe sa feuille de route. La maison de cognac et de spiritueux suspend ses objectifs à l’horizon 2029-2030, qui avaient été annoncés en juin 2020, a-t-elle fait savoir ce matin en publiant ses résultats annuels. Ils concernaient, pour mémoire, l’atteinte d’une marge brute de 72 % et d’une marge opérationnelle courante de 33 % à l’issue de cet exercice. En cause : un défaut persistant de clarté quant à l’environnement macroéconomique, tant en termes de politique tarifaire en Chine et aux États-Unis, que d’absence d’une reprise outre-Atlantique fondée sur une amélioration des tendances sous-jacentes, correspondant aux ventes des détaillants vers les consommateurs. "Cette décision est également motivée par l’arrivée prochaine d’un nouveau directeur général qui définira sa propre feuille de route tout en s’inscrivant dans la stratégie de valeur du groupe mise en œuvre depuis des décennies", souligne Rémy Cointreau, qui accueillera le 25 juin prochain Franck Marilly à ce poste, afin de succéder à Eric Vallat.

 

Plusieurs racines

 

Comme il l’avait déjà annoncé, le groupe a fait face à un recul de 18 % (en organique) de son chiffre d’affaires sur son exercice 2024-2025. Il a ainsi atterri à 984,6 millions d’euros. La conséquence d’une baisse de près de 22 % de ses ventes de cognac, à 608 millions d’euros et d’un recul plus mesuré de 9,6 % du côté des liqueurs et spiritueux, à 350,7 millions d’euros. Le reste des facturations est à attribuer aux marques partenaires.

La division cognac a en effet souffert des ajustements de stocks dans les Amériques, marché toujours affecté par le ralentissement de la consommation. De même, les conditions d’activité en Chine et une consommation toujours contrastée en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique (EMEA) ont pesé sur son activité. Quant à la division des liqueurs et spiritueux, malgré la bonne résilience des ventes de grossistes vers les détaillants, elle a aussi été affectée par les conditions de marché américaines, par la baisse de la consommation dans la zone EMEA, mais aussi par un recul de la catégorie whisky en Chine.

 

Les réductions de coûts s’exécutent

 

Le résultat opérationnel courant (ROC) a, de son côté, reculé de 30,5 % (en organique) à 217 millions d’euros. De ce fait, la marge correspondante s’est tarie de 3,9 points pour se fixer à 22 %, comme cela avait été anticipé. Une évolution reflétant notamment une contraction de 1 point de la marge brute, se maintenant, elle, à près de 71 %. Elle a été légèrement pénalisée par la hausse des coûts de production et par un effet mix-prix défavorable. À noter que le plan de réduction de coûts qui avait été annoncé a finalement été exécuté plus rapidement que prévu, atteignant 85 millions d’euros, contre 50 millions d’euros attendus.

À date, et dans le cas du scénario du pire, Rémy Cointreau estime que l’augmentation potentielle des tarifs douaniers chinois et américains pourrait représenter un impact brut de 100 millions d’euros sur son ROC de l’exercice 2025-2026. Il serait décomposé entre un poids de 60 millions d’euros lié à la Chine et de 40 millions d’euros pour les États-Unis. Le groupe devrait être en mesure d’en compenser jusqu’à 35 % de l’impact, ce qui réduirait la charge nette maximale à hauteur de 65 millions d’euros.

 

Autre option

 

Des estimations calculées sur la base d’une hypothèse de droits de douane additionnels de 38,1 % sur les importations de cognac en Chine (l’enquête "anti-dumping" du Ministère du Commerce chinois court pour l’heure jusqu’au mois de juillet) et de tarifs de 20 % aux États-Unis sur les importations en provenance de l’Union européenne, ainsi que de 10 % depuis le Royaume-Uni et la Barbade sur les importations en provenance des États-Unis. Dans ce cadre, le groupe anticipe une baisse organique de son ROC comprise entre "mid-teens" et "high-teens", soit entre 15 % et 20 %, pour l’exercice 2025-2026. À l’inverse, en excluant l’augmentation potentielle des tarifs douaniers, le groupe anticipe une croissance de son ROC comprise dans une fourchette à un chiffre élevé, ou deux chiffres bas. Quoi qu’il en soit, Rémy Cointreau prévoit un retour à la croissance organique d’environ 5 % de son chiffre d’affaires pour l’exercice en cours, qui sera notamment portée par un rebond technique des ventes aux États-Unis dès le premier trimestre.

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