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Macro-économie / Taux

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Finances publiques : une comptabilité nationale porteuse de mauvaises nouvelles / Ce qui contrarie le scénario gouvernemental pour 2025

Une plongée dans la dernière mouture des comptes nationaux publiés par l’Insee montre que l’acquis de croissance nominale du Produit intérieur brut (PIB) et de la consommation des ménages à l’issue du premier trimestre a été revu à la baisse. Les performances à réaliser sur le reste de l’année n’en sont que plus exigeantes pour tenir l’objectif de déficit public de 2025 à politique inchangée.
Eric Lombard, ministre de l'Economie et des Finances - Ludovic MARIN / AFP
Eric Lombard, ministre de l'Economie et des Finances - Ludovic MARIN / AFP

Après avoir annulé pour 3 milliards d’euros de crédits durant le printemps, le gouvernement devra-t-il en passer par des mesures supplémentaires pour tenir son objectif de déficit public pour 2025 ? La question est légitime au regard de la dernière mise à jour des comptes nationaux publiés par l’Insee.

Les statisticiens jugent désormais qu’à l’issue du premier trimestre 2025, l’acquis de croissance du Produit intérieur brut (PIB) en valeur se situe à 1,3 %, soit une révision à la baisse de 0,2 point par rapport à la dernière estimation. Pour mémoire, ce chiffre représente la croissance nominale qui serait celle de la France en 2025 si l’activité demeurait à son niveau du premier trimestre pendant le reste de l’année. C’est en quelque sorte une prévision plancher même si par les temps qui courent une contraction du PIB d’un trimestre sur l’autre est loin d’être improbable.

Dans le rapport annuel d’avancement (RAA) – document contenant la trajectoire budgétaire pluriannuelle communiquée à Bruxelles que la France s’est engagée à respecter auprès de ses partenaires européens - dévoilé en avril, le gouvernement indique prévoir une croissance nominale du PIB de 2,2 % en 2025, donnée dont dépend intimement, à politique inchangée, l’objectif de déficit public à 5,4 % du PIB.

Compte tenu de l’acquis à 1,3 %, cela suppose une progression moyenne du PIB nominal de 0,6 % au cours des deuxième, troisième et quatrième trimestres. Dans un contexte de faible inflation (inférieure à 1% en rythme annuel) et de vents contraires nombreux affectant l’activité, c’est une performance peu aisée à réaliser.

L’une des leçons qu’il faut probablement tirer du malheureux dérapage des finances publiques de 2023 et 2024 est que s’intéresser à la seule croissance du PIB en valeur pour dresser des conclusions sur la santé des recettes est une erreur. La composition de la croissance est aussi importante que son niveau.

Il se trouve que l’une de ses éminentes constituantes, la consommation des ménages, riche en prélèvements obligatoires à travers la TVA, incite encore moins à l’optimisme que le PIB. En effet, l’acquis de croissance de la consommation des ménages en valeur a été là aussi revu à la baisse de 0,2 point pour le premier trimestre et s’élève à 0,6 %. Or, dans le RAA, l’exécutif dit s’attendre à une hausse de 2,5 %. Cela implique donc une accélération particulièrement sensible à plus de 1,2 % en moyenne sur les trois derniers trimestres. Rappelons qu’elle n’a progressé que de 0,3 % au premier trimestre tandis qu'elle s'est contractée de 0,3% en fin d'année passée.

Dans son scénario, le gouvernement escompte un reflux du taux d’épargne alors que celui-ci a atteint un plus haut, hors crise pandémique, de près d’un demi-siècle à 18,8 % lors du premier trimestre.

C’est du jamais vu depuis le début de l'année 1979. Concrètement, près de 90 milliards d’euros ont été mis de côté par les ménages durant les trois premiers mois de l’année.

Bonne nouvelle cependant, les dernières enquêtes de l’Insee auprès des ménages rapportent que ces derniers jugent un peu plus faible qu’au premier trimestre l’opportunité d’épargner. L’indicateur se situe à 35 points sur avril et mai contre 40 points en moyenne lors du premier trimestre.

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