Fintech
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Les fintechs françaises poursuivent leur mue / Elles ont trouvé de quoi faire face aux aléas de l'année
Un classement en mouvement. Les cent championnes de la fintech française ont de nouveau été passées au crible par le palmarès Fintech100, du pôle Finance Innovation, conçu sous l’impulsion de Truffle Capital et avec l’appui du groupe BPCE et de Sopra Steria. Il en ressort, à la suite de l’agrégation de plusieurs critères pondérés (chiffre d’affaires, croissance, effectifs à temps plein, capital investi depuis la création et efficacité de ce dernier), que les évolutions y sont au rendez-vous. De fait, on y retrouve 24 nouvelles entrées et 10 sorties, liées à des cessations d’activité, des acquisitions ou bien du fait d’un âge supérieur à 20 ans. Une tendance qui pourrait être appelée à se poursuivre, puisque 46 % des fintechs et assurtechs françaises envisagent une opération de croissance externe ou de fusion. Et ne sont que 10 % à indiquer plancher sur une cession d’entreprise, "ce qui démontre que le secteur est dans une phase de conquête", souligne Bernard-Louis Roques, co-fondateur et dirigeant de Truffle Capital.
Un secteur dont les trois grandes gagnantes du classement sont la pépite de la gestion financière des PME et indépendants Qonto, qui conserve sa première place, l’assureur Alan, qui bondit de quatre rangs et le spécialiste des cryptomonnaies Ledger, qui recule quant à lui d’un échelon. Le "top cinq" est complété par Swile (titres-restaurant) et Shift Technology (plateforme d’intelligence artificielle pour les assureurs). Younited, le spécialiste du crédit instantané à la consommation entré en Bourse l’année dernière, recule quant à lui de trois places et suit désormais Shift Technology. Des changements en haut du palmarès qui se traduisent aussi dans son ensemble. De nouvelles entrantes, comme Memo Bank (17ème place), y surpassent par exemple certaines des fintechs les plus installées, à l’instar de Lydia, qui a été relégué de dix places.
Optimisme de mise
Le signe de la mobilité de cet écosystème, dont les membres ont su faire preuve de résilience l’année dernière, alors que les investissements ralentissaient. Preuve en est, elles semblent plutôt optimistes pour l’année à venir : 46 % d’entre elles prévoient une croissance de plus de 50 % cette année, tandis qu’elles sont aussi 92 % à envisager de recruter dans les six prochains mois. De même, le cap sur l’innovation reste maintenu, avec 67 % de ces entreprises investissant plus de 20 % de leur chiffre d’affaires dans la R & D. Près des trois quarts d’entre elles sont déjà présentes à l’international (ou prévoient de l’être dans les 12 prochains mois).
Si la dynamique des levées de fonds a été davantage favorable aux fintechs et assurtechs qu’à d’autres secteurs de la French Tech l’an passé (notamment en raison de quelques grandes opérations), il reste à souligner qu’elles n’ont pas été exemptes du mouvement de recul en la matière, ayant touché l’ensemble des entreprises innovantes françaises. Seul un tiers d’entre elles a en effet fait appel à des financements dilutifs l'année dernière. Mais depuis leur création, les cent entreprises du palmarès ont levé 6,7 milliards d’euros, dont près de 987 millions d’euros rien qu'en 2024. "Un volume significatif, révélateur de l’attractivité continue du secteur auprès des investisseurs, même dans un climat global incertain", remarque le rapport.
"Les critères d’investissement ont significativement évolué depuis 2023, avec une sélectivité accrue et un changement radical des indicateurs de performance (plus orientés EBITDA que “croissance à tout prix”, “payback” plutôt que nombre de clients). Il n’en reste pas moins que la fintech est l’un des principaux marchés du capital-risque, bien qu’il en soit aussi l’un des plus récents. En France comme en Europe et aux États-Unis, la fintech représente plus de 20 % des investissements des VCs, et ce depuis 2019", ajoute Bernard-Louis Roques. Les prêts bancaires sont restés la première des sources de financement non-dilutifs, stabilité traduisant un signe de maturité des entreprises innovantes, indique Marianne Vergne, responsable du marché des entreprises de croissance Banque Populaire – BPCE. En clair : par les temps qui courent, les fintechs ont su s’adapter en se reconcentrant sur la rentabilité, parfois au travers d’une consolidation intra-sectorielle, en élargissant l’adoption de leurs solutions et en nouant des partenariats avec les acteurs traditionnels.
Levier d’action
"Cette nouvelle édition du palmarès révèle une dynamique puissante : celle d’un écosystème fintech qui passe à l’échelle, en tissant des liens solides avec les grands groupes", ajoute en effet Julie Huguet, la directrice de la Mission French Tech. De fait, 81 % des fintechs affirment avoir mis en place un partenariat avec un acteur institutionnel ou un grand groupe, en grande majorité dans le domaine commercial. Une manière d’intégrer de plus vastes réseaux et de tirer partir des ressources et de la notoriété de ces grands groupes, souligne Stéphane Hannache du groupe BPCE. Les partenariats technologiques ne sont pas en reste, en récoltant 53 % des suffrages, témoignant d’une volonté d’innovation où les start-ups apportent leur expertise pour enrichir les offres des acteurs installés.
Les groupes bancaires restent plébiscités par les fintechs pour les partenariats, suivis par les groupes d’assurance. L’augmentation des start-ups dans les réponses (de 28 % à 35 %), indique aussi une dynamique de mutualisation des compétences, et une certaine tendance d’entraide entre les acteurs du secteur. "Enfin, l’intérêt grandissant des Big Tech confirme l’attrait des géants technologiques pour les services financiers, qu’ils cherchent à intégrer davantage au sein de leur proposition de valeur", pointe Laurent Monéger, du groupe BPCE, puisqu'elles remportent 19 % des suffrages, contre 15 % l'année dernière.
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