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Macro-économie / Taux

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L’UE sur le chemin du rendez-vous climatique de 2030 / Des efforts restent à faire

D’après la dernière évaluation des plans nationaux énergie-climat (PNEC) publiée par la Commission européenne, l’Union européenne est collectivement proche de l’objectif de réduction de 55 % des émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990 (elles ont déjà baissé de 37 %). Les engagements actuels permettraient une baisse d’environ 54 %, à condition que les politiques nationales et européennes soient pleinement mises en œuvre.
Wopke Hoekstra, commissaire européen au Climat - KAY NIETFELD / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
Wopke Hoekstra, commissaire européen au Climat - KAY NIETFELD / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

À l’heure où la transition énergétique devient un impératif stratégique autant qu’environnemental, l’Union européenne (UE) affiche des résultats concrets. Selon la dernière évaluation de la Commission européenne, les émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) de l’UE ont déjà baissé de 37 % entre 1990 et 2023 tandis que son Produit intérieur brut a progressé de 68 % sur la même période. "Cela prouve que l’action en faveur du climat et la croissance vont de pair ", a fait remarquer Wopke Hoekstra, commissaire européen au Climat.

Les États membres ont considérablement révisé leurs ambitions à la hausse dans leurs Plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC) après les recommandations de la Commission de décembre 2023. Cela rapproche désormais l’UE de son objectif de réduction nette de 55 % des émissions d’ici 2030, inscrit dans la loi européenne sur le climat. La progression est également manifeste sur le plan des énergies renouvelables : la trajectoire actuelle permettrait d’atteindre, voire de dépasser, la cible de 42,5 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici à 2030.

Si les États membres appliquent intégralement les politiques prévues dans leurs PNEC ainsi que les mesures européennes existantes, la Commission estime que les émissions nettes de GES pourraient être réduites d’environ 54 % d’ici à 2030. L’UE serait ainsi à un point de pourcentage de l’objectif légal des -55 %, signalant une convergence notable vers les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris. Cette trajectoire favorable repose sur plusieurs piliers : une réduction structurelle de la dépendance aux combustibles fossiles, des investissements croissants dans l’électrification des transports et la rénovation des bâtiments, ainsi que l’essor de technologies propres soutenues par des fonds européens.

Cependant, les disparités entre secteurs demeurent. Dans le cadre du règlement sur la répartition de l’effort (RRE), qui encadre les émissions issues des transports, du bâtiment, de l’agriculture ou encore des déchets, la baisse projetée est de 38 % d’ici à 2030, soit légèrement en deçà de l’objectif européen de 40 %. Cinq États membres ne sont pas encore alignés sur leurs objectifs nationaux dans ce domaine. Le secteur de l’UTCATF (utilisation des terres et foresterie), censé contribuer à l’absorption des émissions, enregistre un déficit persistant estimé entre 45 et 60 MtCO₂e, malgré les progrès de plusieurs États. Seuls 9 pays prévoient aujourd’hui d’atteindre leur cible dans ce domaine.

Enfin, du côté de l’efficacité énergétique, les plans définitifs laissent entrevoir une réduction de 8,1 % de la consommation d’énergie finale, ce qui reste insuffisant pour atteindre l’objectif de 11,7 % fixé à l’échelle de l’UE. Un écart de 31,1 Mtep subsiste, malgré les efforts d’alignement des États membres.

Si les ambitions sont désormais à la hauteur des enjeux, leur concrétisation reste incertaine. Le principal défi à court terme est la mise en œuvre effective des plans nationaux. Les projections positives ne se traduiront en résultats que si les mesures sont appliquées rapidement, avec des financements suffisants, une coordination renforcée et des cadres réglementaires stables.

Autre enjeu crucial : la dimension sociale de la transition. La précarité énergétique touche encore plus de 46 millions d’Européens, et peu de plans nationaux détaillent des mécanismes d’accompagnement solides pour les ménages vulnérables. Les États doivent encore présenter leurs plans sociaux pour le climat d’ici juin 2025, afin de compenser les effets de la mise en place du système d’échange de quotas d’émission (SEQE2) dans les secteurs du bâtiment et du transport.

Enfin, l’adaptation au changement climatique reste un point faible des PNEC. Très peu de plans intègrent des mesures précises pour renforcer la résilience des systèmes énergétiques face à l’intensification des risques climatiques. Cette lacune est d’autant plus préoccupante que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, selon les données de l’UE.

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