Macro-économie / Taux / Guerre commerciale / liberation day / Exportations / Allianz Trade
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Guerre commerciale / liberation day / Exportations / Allianz Trade
Des exportateurs bousculés par Donald Trump / La guerre commerciale les force à repenser leur stratégie
Un optimisme balayé en une seule journée. C’est peu dire que les stigmates du "Libération Day" sont présents dans l’enquête publiée par Allianz Trade. Parmi les quelque 4 500 entreprises interrogées, elles sont près de 60 % à s’attendre à un impact négatif de la guerre commerciale et un peu moins (45 %) à anticiper une baisse de leur chiffre d’affaires à l’export.
Les accords bilatéraux survenus ces derniers jours permettent certes aux entreprises de respirer quelque peu, il n’en reste pas moins qu’aucune certitude ne demeure quant à un retour à la normale. De quoi pousser les entreprises à se constituer des solides stocks avant une hypothétique arrivée des droits de douane. Ce sont ainsi près de 86 % des entreprises américaines qui déclarent "avoir anticipé leurs livraisons en provenance de Chine et de l’UE avant l’entrée en vigueur des droits de douane".
Choisir
Les options pour encaisser une nouvelle donne commerciale ne sont pas légion, loin de là. Allianz Trade relève dans les réponses qui lui sont faites que "peu d’entreprises ont l’intention d’absorber la hausse des coûts ou de réduire leur prix à l’export pour maintenir leur part de marché, en particulier aux Etats-Unis, où plus de la moitié des entreprises prévoient d’augmenter leurs prix (54 %)". C’est davantage d’autres stratégies qui tiennent la corde, telles que la diversification des dépendances géographiques. Les firmes souhaitant avant tout ne pas avoir à rogner sur leurs marges.
Ce n’est ainsi pas moins d’un tiers des répondants qui a déjà trouvé de nouveaux marchés à l’export et près des deux tiers qui comptent le faire. La recherche d’itinéraires maritimes alternatifs est également plébiscitée, près de 62 % des entreprises américaines comptent s’y pencher, afin de profiter de la baisse du coût du baril.
L’exception française
Le moral des entreprises tricolores a certes fléchi depuis le début de l’année, des 84 % d’entre elles tablant sur une hausse de leur chiffre d’affaires à l’export il ne reste plus que 48 % passé le 2 avril. Néanmoins elles demeurent moins négatives que leurs comparses de par le monde, ces dernières étant 60 % à anticiper un impact négatif de la guerre commerciale là où les firmes tricolores ne sont que 46 %. Un chiffre très largement influencé par la structure de leurs exportations, expliquent les équipes d’Allianz Trade, puisque celles-ci sont moins tournées vers les Etats-Unis que dans d’autre pays.
Ce qui n’empêche pas pour autant près de 90 % des entreprises tricolores interrogées à annoncer "vouloir renégocier leurs contrats, dont 45 % qui ont pour projet de changer de fournisseurs". La question contractuelle a décidément les vents en poupe, puisque les équipes d’Allianz Trade confient que ce sont près de 60 % des répondants à l’étude qui désirent désormais intégrer des clauses de change dans le contrat, afin de ne plus devoir se couvrir contre ce risque.
Son épingle du jeu
Au moment de dresser le palmarès des gagnants de cette séquence de négociations, il est difficile d’en trouver pléthore. Aylin Somersan Coqui, CEO d’Allianz Trade, rappelant que "malgré les accords bilatéraux conclus récemment avec le Royaume-Uni et la Chine, nous estimons que les pertes mondiales à l’export atteindront 305 milliards de dollars en 2025". Des chiffres corroborés par des firmes qui sont désormais 42 % à tabler sur une baisse de leur chiffre d’affaires à l’export de l’ordre de 2 à 10 %. Ce qui tranche avec les quelque 5 % à avoir cette conviction à la veille du 2 avril.
Il est difficile d’affirmer que les initiateurs de la passe d’armes tarifaires en sortent nettement vainqueurs. Ano Kuhanathan, responsable de la recherche sectorielle chez Allianz Trade, nous explique que "Donald Trump a obtenu en partie ce qu’il voulait, mais il n’est pas certain que les Etats-Unis soient dans une meilleure situation". Certains des objectifs du président américain étant difficiles à concilier ; son souhait d’une baisse du dollar concomitamment à un repli de l’inflation en est un exemple au vu du statut d’importateur net des États-Unis. Ce dernier n’étant pas susceptible d’être modifié à court terme, une baisse des importations même modérée étant plutôt à envisager à un horizon de deux ans.
Les équipes d’Allianz Trade estiment que l’économie américaine aura du mal, au risque de tomber en récession, à supporter des droits de douane supérieurs à une fourchette comprise entre 12 et 15 % et ce d’autant plus que le dollar se déprécie.
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