Macro-économie / Taux / euro numérique / François Villeroy de Galhau / Piero Cipollone
Macro-économie / Taux
euro numérique / François Villeroy de Galhau / Piero Cipollone
Nouveau plaidoyer de François Villeroy de Galhau en faveur de l’euro numérique / Il estime que tous les acteurs européens y trouveront leur compte
Pas moins de deux membres du conseil des gouverneurs pour défendre l’euro numérique devant un parterre acquis à leur cause. C’est peu dire que le président du groupe de travail de l’Eurosystème sur un euro numérique qu’est Piero Cipollone, également membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), et François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, ont déjà connu tâche plus compliquée. Ils ne s’en sont pas moins attachés à défendre l’intérêt pour le Vieux continent de développer l’euro numérique.
Le gouverneur s’est notamment fait l’écho de la confiance placée dans la monnaie unique. Selon lui, près de 81 % des Européens l’accorderaient et près de 50 % au projet de monnaie numérique porté par la BCE. Une proportion qu’il qualifie de grandissante. Un intérêt populaire auquel s’ajoute à ses yeux un autre intérêt, le banquier central expliquant qu’un tel projet n’a "pas d’objectif de part de marché, c’est une liberté supplémentaire" qui serait mise à la disposition des Européens. Depuis de longs mois, il s’est fait l’apôtre en France du projet et n’a pas manqué de l’être à nouveau martelant que "nous sommes ici un cas dans lequel l’Europe est du côté de l’initiative", ce qui n’est pas monnaie courante, a-t-il lui-même reconnu.
Équilibre
Pour autant, il a tenu à rassurer son assemblée et plus largement le secteur bancaire tout entier, l’arrivée de l’euro numérique ne signerait "pas la fin de l’intermédiation bancaire, ce n’est pas notre métier d’avoir une clientèle privée et des parts de marché". Son confrère italien a quant à lui jugé que les banques verraient leur métier bien plus compliqué si elles n’avaient plus accès aux flux de données leur permettant d’accorder ou non des crédits.
Les inquiétudes des deux banquiers centraux concernent également la souveraineté monétaire, François Villeroy de Galhau la jugeant menacée par l’émergence d’acteurs privés émettant des monnaies numériques. Prenant l’exemple des stablecoins, cryptomonnaie dont le cours est adossé à un autre actif notamment des devises, il redoute qu’aucun acteur privé européen n’ait la capacité de porter un tel projet. Il considère que ce sont plutôt les Big Tech qui en possèdent les moyens, or elles sont très largement concentrées de l’autre côté de l’Atlantique.
Double face
Un avis partagé par Piero Cipollone, celui-ci constatant que le "rôle des espèces comme solution de paiement universelle perd du terrain". De quoi lui faire redouter que l’Union européenne court "le risque qu’aucune solution de paiement européenne ne permette de payer dans toute la zone euro en toutes circonstances", ce qui lui a fait asséner que si "nous souhaitons restaurer le rôle central des espèces, nous devons les compléter par leur équivalent dématérialisé, l’euro numérique ". Il a également regretté la mainmise presque totale des acteurs américains sur les systèmes de paiements internationaux et le manque à gagner engendré pour les acteurs européens.
L’euro numérique pourrait cependant comporter un autre volet consistant à disposer d’une monnaie numérique de banque centrale. Une innovation qui doit permettre d’éviter "le risque d’utilisation d’autres actifs de règlement, comme les stablecoins adossés au dollar, ce qui réintroduirait un risque de crédit, la fragmentation et une dépendance à l’égard de solutions non européennes". Ce jeudi a également vu l’annonce de la publication en juillet d’un rapport sur les différents partenariats d’innovation réalisés par la BCE.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

