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Crédit Agricole SA / Philippe Brassac
Crédit Agricole ouvre un nouveau chapitre / Après une décennie heureuse, la banque peut saisir les opportunités d’un monde instable
"Une date charnière pour la gouvernance exécutive de Crédit Agricole SA" : c’est par ces mots que Dominique Lefebvre, président du conseil d’administration, a ouvert l’assemblée générale du mercredi 14 mai 2025 à Paris. Une séance empreinte d’émotion, marquée par l’arrivée à terme des mandats de Philippe Brassac, directeur général depuis 2015, et de Xavier Musca, directeur général délégué.
L’occasion pour le président de la banque verte de saluer la "décennie heureuse" durant laquelle Philippe Brassac a dirigé Crédit Agricole SA, lui permettant de "renforcer son rôle de premier plan". Une période qui a su capitaliser sur le travail accompli par Jean-Paul Chifflet, son prédécesseur, afin d’"affermir ses fondements, mettre ce géant en route, lui permettre de retrouver sa pleine puissance avec un cap compris et partagé par tous". Et Dominique Lefebvre de souligner : "Pour celui qui vous parle, qui a vécu de l’intérieur ce formidable travail, c’est remarquable à plus d’un titre."
Une trajectoire financière exemplaire et résiliente
Le principal intéressé s’est pour sa part exprimé devant les actionnaires avec une "émotion à la fois heureuse et sereine", nourrie par le sentiment du devoir accompli et illustrée par les résultats historiques atteints en 2024. Tout soulignant que son départ n’infléchirait pas la trajectoire. Les 7,1 milliards d’euros de résultat net sous-jacent dégagé l’an dernier par Crédit Agricole SA, ont vocation à être dépassés.
"Ce n’est pas une imprécation pour la suite, mais il n’y a aucune raison que ce soit un plus haut théorique. En ce sens que ce n’est pas une optimisation de fin de course d’un modèle. On est dans la continuité — une continuité qui n’est pas facile, qui n’est pas acquise — mais on est dans la poursuite du développement quantitatif, de l’expansion de notre modèle", a déclaré Philippe Brassac.
C’est ce modèle reposant sur un champ serviciel très large, avec une ambition d’universalité propre à son ADN mutualiste, qui a systématiquement permis à l’établissement d’atteindre les objectifs de ses plans à moyen termes (PMT) avec une année d’avance : le PMT 2020 a été atteint en 2019, le PMT 2022 a été atteint en 2021, et le PMT 2025 a été atteint en 2024. Une performance qui nous a permis "de doubler nos résultats pour Crédit Agricole SA, et de multiplier par 3 les dividendes que nous avons versés à nos actionnaires". Et cela malgré d’importantes turbulences le Brexit, les Gilets jaunes, et bien sûr la crise Covid.
Les valeurs collectives au cœur de l’identité
L’occasion de rappeler que la performance financière va de pair avec l’identité du groupe, "un puzzle dans lequel aucune pièce n’est la big picture. À l’inverse, chaque pièce est indispensable pour la forger."
C’est dans cet esprit, a-t-il poursuivi, que la raison d’être du Crédit Agricole a été formulée en 2019, exprimant en plusieurs langues ce que recouvre sa "potion magique" : des principes concrets de service, "pour tous" et dans une "relation globale et durable aux territoires". Une ambition que le projet client cherche à incarner à travers une "signature distinctive" : celle de la loyauté. "J’y ajoute les mots d’éthique, de transparence, d’honnêteté", a-t-il insisté. "Ce ne sont pas des éléments de communication, ce sont les valeurs les plus exigeantes du professionnalisme. Pour être professionnel, il faut d’abord être loyal, et créer de la loyauté autour de soi."
Philippe Brassac a saisi l’opportunité de sa dernière assemblée générale en tant que directeur général de Crédit Agricole SA pour faire passer un message fort sur l’avenir, dans un monde devenu plus instable, marqué par des dynamiques de fragmentation, une compétition accrue et des transitions environnementales "vitales". Celui qui a passé 42 ans au sein de la banque mutualiste invite à affronter ces bouleversements avec le "sang-froid professionnel nécessaire", convaincu que les menaces d’aujourd’hui peuvent devenir autant d’opportunités pour nourrir la vocation historique du Crédit Agricole : être utile et accompagner les transformations.
Un enjeu pour lequel l’écosystème bancaire a aussi besoin du concours politique, afin de reprendre la main sur les grands choix structurants. En particulier dans le domaine de la régulation bancaire, qui doit mieux s’adapter aux spécificités européennes. Or, "la régulation mondiale est une régulation américaine", a rappelé Philippe Brassac, insistant sur la nécessité que la régulation ne se limite pas au seul aspect prudentiel, car "ce sont les règles du jeu et les règles du jeu déterminent le jeu."
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