Entreprises / Actions / Crédit Agricole / Philippe Brassac
Entreprises / Actions
Crédit Agricole / Philippe Brassac
Philippe Brassac conclut son mandat à la tête de Crédit Agricole avec des résultats records / Une décennie de croissance maîtrisée
"La performance de notre quatrième trimestre est tout simplement exceptionnelle". Pour sa dernière présentation de résultats annuels en tant que directeur général de Crédit Agricole SA, poste qu’il occupe depuis 2015, et pour lequel Olivier Gavalda lui succèdera en mai prochain, Philippe Brassac pouvait avoir le sentiment du devoir accompli, au vu de la solide situation financière et des résultats impressionnants qu'il laisse derrière lui.
La banque a dégagé l’an dernier des performances records. Le résultat net de Crédit Agricole SA a atteint 7,1 milliards d’euros sur l’année écoulée, en hausse de 11,6 % par rapport à 2023. Dans le même temps, le produit net bancaire a progressé de 7,9%, atteignant lui aussi un niveau sans précédent, à 27,2 milliards d'euros. Le quatrième trimestre, particulièrement solide, est venu couronner une année déjà brillante, avec un résultat net de 1,69 milliard d'euros, en hausse de 26,6 %, et des revenus de 7,09 milliards, en croissance de 17,4 % sur la période.
Des chiffres remarquables dans l’absolu, et qui dépassent aussi largement les attentes. Celles des analystes qui tablaient sur un résultat net de 1,35 milliard et des revenus 6,5 milliards d'euros pour le trimestre écoulé. Mais aussi les ambitions initiales de la banque, qui avait prévenu dès le début de 2024 qu’elle anticipait d’atteindre avec un an d’avance ses objectifs fixés pour 2025. Des objectifs finalement dépassés de très loin.
"Nous nous étions engagés à dépasser 6 milliards d’euros de bénéfice net à cette échéance ; dès 2024, nous dépassons les 7 milliards. Nous visions une rentabilité supérieure à 12 % ; elle s’établit finalement à 14 %", a souligné Phillipe Brassac. Le RoTE (Return on Tangible Equity), l'indicateur financier mesurant la rentabilité des capitaux propres tangibles, ayant progressé de 1,4 point de pourcentage par rapport à 2023.
Quant au coefficient d’exploitation, prévu sous la barre des 58 %, il est descendu à 54,4 %, la maîtrise des charges ayant été au rendez-vous. Si les charges récurrentes, nécessaire pour accompagner le développement de nos métiers ont continué de progresser, cette progression s’est ralentie au fil des trimestres. "Au quatrième trimestre 2024, le résultat d’exploitation de Crédit Agricole SA a surperformé le consensus de 21 %, porté par une solide croissance de 9 % des revenus et une maîtrise des coûts, qui n'ont augmenté que de 1 %.", notent ainsi les analystes d’UBS.
Nette reprise de la production de crédit à l'habitat
Rebond du crédit immobilier en France, résilience du crédit à la consommation, collecte nette soutenue chez Amundi, progression continue de l’assurance : toutes les branches du groupe ont participé à ces résultats. La banque de proximité en France, qui avait souffert de la hausse des taux en 2022-2023, a enregistré une reprise de 18 % de la production de nouveaux crédits à l’habitat au quatrième trimestre. Par ailleurs, malgré les difficultés rencontrées par le secteur automobile en Europe, le financement de la mobilité – leasing et crédit auto – est resté dynamique, représentant désormais plus de la moitié des encours en crédit à la consommation. L’assurance a réalisé un chiffre d’affaires record de 43,6 milliards d’euros en 2024, tandis qu’en gestion d’actifs, les encours d’Amundi ont atteint un niveau historique de 2 240 milliards d’euros, soutenus à la fois par des marchés favorables et une collecte nette particulièrement dynamique, notamment au quatrième trimestre.
Ainsi, pour la troisième fois consécutive, Crédit Agricole SA termine un plan à moyen terme avec un an d’avance, affichant un résultat passé de 3,2 milliards d’euros en 2016 à 7,2 milliards d’euros en 2024. Sur la même période, les revenus du groupe ont augmenté de 5,6 % en moyenne par an, passant de 16,7 milliards en 2015 à 27,2 milliards. Une régularité qui profite aux actionnaires, avec un dividende proposé pour 2024 de 1,10 euro par action, en hausse de 5 % par rapport à l’an dernier, et multiplié par 3,1 en dix ans.
Le modèle de développement de la banque, combinant croissance organique et acquisitions stratégiques, est au cœur de cette réussite. "Entre 2019 et 2021, nous avons consacré 3,3 milliards d’euros à des acquisitions externes. Ce montant est monté à près de 6,5 milliards d’euros entre 2022 et 2024, générant des revenus supplémentaires tout en préservant nos équilibres financiers", a précisé Jérôme Grivet, directeur général délégué. Le groupe a ainsi réussi à réduire son coefficient d’exploitation de plus de 15 points de pourcentage en dix ans, tout en maintenant une gestion rigoureuse de ses coûts.
Une amélioration continue, presque linéaire, d’une décennie de croissance maîtrisée, qui permet à Philippe Brassac de transmettre à son successeur une banque en pleine santé.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

