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À la FNCA, Dominique Lefebvre passera le relais fin 2025 / Une succession anticipée pour accompagner le prochain plan stratégique de CASA

Le départ anticipé de Dominique Lefebvre de la présidence de la FNCA, de Rue La Boétie et du conseil de Crédit Agricole S.A. viendra parachever la recomposition de la gouvernance du groupe mutualiste. Un nouveau passage de relais stratégique, au moment où se prépare le prochain plan à moyen terme de Crédit Agricole S.A., feuille de route de l’entité cotée dont les orientations irrigueront l’ensemble de l’organisation.
Président de la FNCA depuis 2010, Dominique Lefebvre (à droite aux côté de l'ancien directeur générale de CASA Philippe Brassac) passera le relais en décembre 2025 - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
Président de la FNCA depuis 2010, Dominique Lefebvre (à droite aux côté de l'ancien directeur générale de CASA Philippe Brassac) passera le relais en décembre 2025 - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

Après le passage de témoin à la direction générale de Crédit Agricole S.A. (CASA) et la récente arrivée de Meriem Echcherfi à la tête de la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), la séquence de gouvernance du groupe mutualiste s’apprête à franchir une ultime étape. C’est désormais l’échelon suprême de la pyramide décisionnelle - celui qui rassemble, au sommet, la voix des Caisses régionales, l’actionnaire de référence et le bras coté du groupe - qui s’apprête à être renouvelé. Jeudi, Dominique Lefebvre a annoncé qu’il remettrait sa démission de la présidence de la FNCA, de la SAS Rue La Boétie et du conseil d’administration de Crédit Agricole S.A., d’ici la fin 2025. Pour CASA, son mandat s’achèvera le 31 décembre 2025.

Dominique Lefebvre tourne ainsi la page de quinze années à la tête de la FNCA et de Rue La Boétie, et de dix années à la présidence du conseil de CASA. Un départ avant l’heure, une façon de transmettre un mandat neuf à son successeur, appelé à porter dès l’origine le prochain plan à moyen terme du groupe. "J’ai considéré que le moment était opportun pour passer le relais de la présidence du groupe", indique-t-il dans le communiqué.

Dans l’architecture mutualiste, la présidence de la FNCA cumule traditionnellement deux autres casquettes : la tête de SAS Rue La Boétie - l’actionnaire de référence de CASA - et la présidence du conseil de l’entité cotée. Dans le processus de nomination qui s’ouvre à présent, la FNCA, "parlement" des 39 Caisses régionales, devra faire émerger un nom capable d’agréger les équilibres territoriaux, de dialoguer avec l’exécutif du groupe coté et de porter la voix des Caisses dans un environnement concurrentiel et réglementaire toujours plus exigeant. Cette procédure, interne et collégiale, privilégie le consensus entre pairs ; s’il se tient habituellement au printemps lors de l’assemblée générale de la Fédération, il devra cette fois être anticipé pour tenir le cap de fin d’année.

 

Une gouvernance entièrement redessinée

 

Cette annonce s’inscrit dans la foulée du renouvellement intervenu au printemps à la direction générale de CASA. Le départ de Philippe Brassac a ouvert la voie à la nomination d’Olivier Gavalda comme directeur général, tandis que Jérôme Grivet a été confirmé comme seul directeur général délégué et second dirigeant effectif. Un comité exécutif resserré a vu le jour au 1er juin, organisé en pôles plus lisibles, avec la création d’un pôle Risques placé sous la supervision directe de Jérôme Grivet et la nomination de Valérie Wanquet comme directrice des risques. Sur le versant fédéral, l’arrivée de Meriem Echcherfi à la direction générale de la FNCA a, elle aussi, marqué un rajeunissement des lignes de commandement.

La nouvelle direction aura ainsi pour mission de préparer la contribution des Caisses régionales au plan à moyen terme qui doit être présenté d'ici la fin 2025. Ce chantier s’inscrira dans la continuité des grandes ambitions déjà affichées et devait mettre en avant plusieurs priorités structurantes autour de l’accélération de la transformation digitale, de l’intégration des exigences européennes toujours plus lourdes et de la traduction concrète des enjeux ESG – de la transition énergétique à l’inclusion, en passant par les nouveaux services agroalimentaires.

Le rôle de la FNCA sera aussi de consolider le modèle dans un environnement incertain. Croissance économique atone, tensions politiques attendues en 2025-2026, pression réglementaire et technologique : autant de paramètres qui imposent à la fois de préserver la solidité financière du groupe et de renforcer son ancrage territorial. La proximité client, la maîtrise des risques, l’adaptation aux normes de conformité (facturation électronique, exigences prudentielles) et l’évolution du modèle de banque universelle s’annoncent comme autant de lignes de crête pour la nouvelle présidence.

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