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Crédit Agricole a traversé 2025 sans dévier / La dynamique commerciale soutient la trajectoire

Fiscalité alourdie, coût du risque en hausse, investissements soutenus : Crédit Agricole a traversé un exercice 2025 exigeant sans dévier de sa trajectoire. La dynamique des revenus et le redressement des marges permettent au groupe de préserver sa rentabilité et d’entrer dans Act 2028 avec des leviers déjà activés.
Olivier Gavalda, le directeur général de Crédit Agricole SA
Olivier Gavalda, le directeur général de Crédit Agricole SA

2025 aura été pour Crédit Agricole une année de maîtrise dans un environnement économique et fiscal peu évident. Le groupe bancaire français a dégagé un résultat net part du groupe de 8,8 milliards d’euros, en hausse de 1,3 % sur un an. La holding cotée Crédit Agricole S.A., qui regroupe les métiers spécialisés et une partie de la banque de proximité, affiche pour sa part 7,1 milliards d’euros, un niveau quasi stable (–0,2 %). Des résultats « de très bon niveau », a souligné Olivier Gavalda, directeur général de Crédit Agricole S.A., alors même que le groupe a absorbé une surtaxe exceptionnelle d’impôt sur les sociétés de 280 millions d’euros au niveau du groupe et de 147 millions d’euros au niveau de Crédit Agricole S.A.

Derrière ces résultats, le moteur reste avant tout commercial. « Ce qui est déterminant dans ces résultats, c’est la dynamique que nous avons enregistrée tout au long de l’année 2025 », insiste Olivier Gavalda. Les revenus progressent de 3,3 %, à 28,1 milliards d’euros. Sur une trajectoire plus longue, la performance apparaît plus nette encore : « Quand on regarde depuis 2017, cela représente un taux de croissance annuelle moyenne de 5,3 %, ce qui nous situe au meilleur rang des banques européennes comparables », souligne le directeur général.

L’ensemble des pôles contribue à cette dynamique. La gestion de l’épargne et les assurances signent une collecte nette record en assurance-vie, avec des revenus en hausse de 4,6 %. Les grandes clientèles atteignent un niveau historique à 8,9 milliards d’euros (+ 2,7 %), portées par Crédit Agricole CIB. LCL renoue avec la croissance, ses revenus progressant de 1,9 %, à la faveur du redressement de la marge nette d’intérêts.

 

La reconstitution des marges amortit la hausse des coûts

 

Bien sûr, cette expansion n’est pas sans contrepartie. Les charges augmentent de 4,9 % à 15,6 milliards, reflétant les investissements IT et l’intégration de nouveaux périmètres.

Un élément clé se dessine progressivement dans les comptes : la reconstitution des marges d’intérêt en banque de détail. Chez LCL, la marge nette d’intérêt affiche un rebond de 11,2 % au quatrième trimestre par rapport à la même période de 2024, tirée par la baisse du coût des ressources et un repricing progressif des crédits. Dans les Caisses régionales, la marge d’intermédiation progresse de 18,7 % au quatrième trimestre, soutenant une hausse du produit net bancaire de 14,9 % sur la période.

Cette amélioration structurelle explique en partie pourquoi le coefficient d’exploitation du groupe Crédit Agricole reste maîtrisé à 59,6 % sur l’année, en légère amélioration de 0,1 point. Chez Crédit Agricole S.A., il s’établit à 55,7 %, en hausse de 0,9 point.

Le coût du risque, lui, progresse. Pour le groupe Crédit Agricole, il s’élève à – 3,5 milliards d’euros sur l’année, en hausse de 8,2 %. Chez Crédit Agricole S.A., il atteint – 2,0 milliards d’euros (+ 6,6 %), reflétant des tensions sectorielles ciblées, notamment chez LCL sur les entreprises et chez CAPFM, affecté par une provision juridique supplémentaire de 61 millions d’euros liée au crédit auto au Royaume-Uni.
Malgré ce renchérissement du risque, la capacité bénéficiaire du groupe demeure élevée. « Ce très bon résultat nous permet d’afficher une rentabilité sur capitaux en hausse, avec un retour sur Tangible Equity de 13,5 %, de très bon niveau quand on le compare à nos pairs », souligne Olivier Gavalda.

 

Continuité stratégique en Italie

 

Impossible d’évoquer l’exercice 2025 sans évoquer l’Italie, devenue l’un des dossiers les plus sensibles du groupe. Crédit Agricole est monté à 20,1 % du capital de Banco BPM, consolidé par mise en équivalence à partir du quatrième trimestre. La motivation est en partie comptable le but étant d’éviter que les variations du cours de Bourse de Banco BPM n’affectent le compte de résultat. « C’est notamment pour limiter cette volatilité dans nos revenus et aussi pour matérialiser notre position d’actionnaire de long terme de Banco BPM que nous avons demandé à la BCE et obtenu l’autorisation de consolider par mise en équivalence », a expliqué Clotilde L’Angevin, la directrice financière de Crédit Agricole SA. Un changement qui a entraîné un impact comptable négatif ponctuel de 607 millions d’euros dans les comptes de Crédit Agricole S.A. mais doit désormais se traduire par une contribution récurrente d’environ 100 millions d’euros par trimestre à partir de 2026.

Sur le plan stratégique, la ligne en Italie demeure inchangée. « Nous nous concentrons d’abord sur le développement de Crédit Agricole Italia. Nous avons des ambitions propres, avec d’importants chantiers de restructuration et de digitalisation », rappelle Olivier Gavalda.

 

Des leviers déjà activés pour 2028

 

Les résultats 2025 offrent ainsi une base solide à l’exécution de la feuille de route stratégique dévoilée en novembre dernier, baptisée Act 2028 – pour Accélération, Cohésion et Transformation. « Ces performances sont vraiment en ligne avec les ambitions de notre nouveau projet à moyen terme », affirme le directeur général. L’objectif est de porter le résultat net au-delà de 8,5 milliards d’euros à cet horizon. « On est vraiment sur notre trajectoire », confirme-t-il.

Le plan en question vise désormais à amplifier des leviers déjà à l’œuvre. En France, les Caisses régionales ont lancé fin 2025 le parcours digital Habitat, appelé à être enrichi dès 2026, tandis que LCL poursuit la transformation de son modèle, notamment à travers de nouvelles offres à destination des professionnels et des particuliers. À l’international, le groupe privilégie une logique de croissance organique, avec le lancement, au 1er avril 2026, du premier niveau de la plateforme digitale européenne d’épargne en Allemagne, avant un élargissement progressif des services, en s’appuyant sur une base existante d’environ un million de clients.

Crédit Agricole entend également renforcer son positionnement auprès des ETI européennes, via une initiative conjointe entre CACIB et LCL en Allemagne, tout en poursuivant son expansion ciblée en Asie, avec notamment l’ouverture d’une succursale CACEIS à Singapour. En parallèle, plusieurs chantiers transverses doivent soutenir l’efficacité opérationnelle : industrialisation de l’intelligence artificielle, mise en place d’une data marketplace au niveau du groupe et simplification de la fonction finance. Autant de leviers destinés à ramener progressivement le coefficient d’exploitation sous le seuil de 55 %, après le point haut de 2025 lié aux investissements du plan.

La solidité financière reste l’un des atouts majeurs du groupe. Le ratio CET1 phasé du Groupe Crédit Agricole s’établit à 17,4 % au 31 décembre 2025, soit un coussin de 7,6 points au-dessus de l’exigence réglementaire. Chez Crédit Agricole S.A., il atteint 11,8 %, avec une marge de 3 points au-dessus des exigences.

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