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Macro-économie / Taux

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Véhicules électriques : des mesures françaises et européennes qui ont tempéré l’appétit pour la Chine / Certaines marques hexagonales en ont également fait les frais

Une étude réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) révèle que les importations de véhicules électriques chinois ont chuté de 11 % dans l’Union européenne (UE) au second semestre 2024, en glissement annuel. En France, la baisse est encore plus marquée, avec un recul de 60 % entre le premier trimestre 2023 et le deuxième trimestre 2024. Ces baisses s’expliqueraient par un durcissement des droits de douane imposés par Bruxelles sur les véhicules chinois, ainsi que par une modification du bonus écologique en France. Toutefois, cette dernière mesure a également eu pour effet de pénaliser certaines marques françaises qui produisent leurs véhicules électriques en Chine.
(Photo by KEVIN FRAYER / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP
(Photo by KEVIN FRAYER / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP

C’est un coup d’arrêt à un essor fulgurant. Selon une étude de l’Insee sur la conjoncture internationale, la part des importations de véhicules électriques chinois au sein de celle des véhicules électriques importés dans l’UE est passée de 60 à 74 % entre mi-2023 et mi-2024. Cette montée s’est notamment effectuée à la faveur de l’interdiction de la vente de nouveaux véhicules thermiques d’ici 2035, entérinée par le Parlement européen en mars 2023, qui a fait grimper la demande de véhicules électriques et a ainsi profité aux entreprises chinoises.

Les Vingt-Sept ont tenté d’enrayer cette ascension à partir de l’été 2024 grâce à leur outil phare : la législation. À la suite d’une enquête ouverte par la Commission européenne, il a été estimé que la chaîne de valeur des véhicules électriques en Chine bénéficiait de subventions déloyales. Cette décision a mené à la mise en place, en juillet 2024, d’une mesure provisoire consistant en un droit de douane "différencié selon le degré de coopération des constructeurs et variant entre 17 % et 38 %", s’ajoutant aux 10 % déjà imposés. Conséquence directe de cette décision : les importations automobiles chinoises ont été réduites de 11 %, sur un an, au second semestre 2024. Ces droits de douane supplémentaires sont devenus permanents en octobre 2024, mais avec un taux pouvant aller jusqu’à 35 %.

 

La France avec un train d’avance sur l’Union européenne

 

L’Hexagone n’a lui pas attendu les droits de douane pour ralentir la montée des véhicules chinois et a réagi en modifiant les règles de son bonus écologique, une "aide financière pour encourager l’achat ou la location de véhicules électriques", en octobre 2023. Cette réforme a introduit un score environnemental pour "évaluer le bénéfice écologique sur l’ensemble du cycle de vie du véhicule", incluant la fabrication des batteries et les énergies utilisées, et déterminé notamment sur la base du lieu de fabrication. Fortement impactée par cette mesure, la part des importations de véhicules électriques chinois dans l’ensemble des véhicules importés sur le territoire a chuté de 60 % entre le premier trimestre 2023 et le deuxième trimestre 2024.

 

Des véhicules français également pénalisés

 

L’étude de l’Insee souligne cependant un bémol concernant cette mesure, puisqu’elle ne vise pas la nationalité des marques automobiles, mais le lieu d’assemblage de leurs véhicules. Elle sanctionne donc certaines marques françaises qui assemblent leurs véhicules en Chine, comme Dacia, filiale du groupe Renault, dont les ventes du modèle électrique Dacia Spring, assemblé en Chine, ont été divisées par près de six, chutant de près de 30 000 unités en 2023 à seulement 5 000 en 2024.

Ainsi, si les immatriculations de voitures électriques ont diminué de 3,4 % au total l’an passé, la production domestique a baissé de 5 %, contre une baisse de 3 % des importations nettes. La modification du bonus a donc permis de freiner les importations chinoises, sans pour autant favoriser la production française. On observe même un effet de substitution entre les importations chinoises et allemandes, ces dernières ayant progressé de 80 % entre le premier trimestre 2023 et le deuxième trimestre 2024.

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