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Macro-économie / Taux / croissance / France / INSEE

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La croissance française est quasiment à l’arrêt / Un premier trimestre qui n’augure rien de bon

Difficile d’être optimiste pour la croissance française en 2025 au vu des chiffres du premier trimestre, le PIB n’y progressant que de 0,1 %. Certes c’est une légère amélioration par rapport à la baisse de 0,1 % lors des trois derniers mois de 2025, malheureusement de nombreux indicateurs sont dans le rouge à l’exception notable de la variation des stocks. Pour autant du côté de Bercy on reste confiant concernant la prévision de croissance de 0,7 %.
Eric Lombard, ministre de l'Economie. Photo by Thomas SAMSON / AFP
Eric Lombard, ministre de l'Economie. Photo by Thomas SAMSON / AFP

On en vient à se demander si la croissance hexagonale connaîtrait des bonnes surprises en 2025. Alors que Bercy a déjà dû ramener sa prévision de croissance pour 2025 de 0,9 à 0,7 %, voici que le premier trimestre n’incite guère à l’optimisme. En ligne avec la prévision de l’Insee ce chiffre reflète notamment une consommation des ménages atone et des investissements en légère baisse, - 0,2 %, tant pour le secteur privé que public.

Pour ne rien arranger la contribution du commerce extérieur est annoncé négative, de l’ordre de 0,4 point, et ce puisque là où les importations ont progressé de 0,4 % il s’avère que les exportations n’ont pas suivi la même dynamique se repliant de 0,7 %. Sylvain Bersinger, chef économiste du cabinet Asterès, se fait également l’écho ce matin d’une dynamique morose dans l’Hexagone et argue que s’il "y a encore quelques mois il était possible d’espérer une croissance française de 1 % en 2025. Cet objectif semble désormais hors de portée, le FMI prévoyant par exemple une croissance de 0,6 %".

 

Double lame

 

À l’instar de nombreux analystes il considère que deux facteurs baissiers menacent principalement la croissance tricolore. Premièrement la guerre commerciale planétaire entamée par les États-Unis, le chiffrage effectué par ses soins fait état d’exportations françaises vers les États-Unis qui "s’élèvent à près de 50 milliards d’euros par an, une baisse de 10 % (les prévisions sont très difficiles du fait de l’incertitude sur la variation des droits de douane et du fait du caractère inédit de la situation) amputerait la croissance d’environ 0,2 point".

L’assainissement des finances publiques empêche le gouvernement de voler au secours de l’économie et la réduction envisagée des dépenses publiques de 40 milliards d’euros devrait constituer "un frein additionnel à la croissance". Pour autant certaines voix ne sont pas aussi pessimistes pour la France et l’ensemble de la Zone euro, chez Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions, on considère que " le risque pour la croissance au deuxième trimestre tient davantage à l’incertitude ambiante ; les entreprises n’ont aucune marge de manœuvre pour investir dans un environnement où des droits de douane peuvent être appliqués soudainement". Passé ce phénomène géopolitique, les beaux jours pourraient bien faire leur retour.

 

Lueur d’espoir

 

La publication de ce matin n’a en tout cas pas ébranlé la confiance du ministre de l’Économie Éric Lombard dans les prévisions gouvernementales, il a ainsi martelé que "ce qui est important, c’est l’acquis de croissance, ça veut dire que s’il ne se passait rien alors on serait à 0,4 % à la fin de l’année". Réaffirmant également sa volonté de soutenir le tissu économique hexagonal, il a confié qu’il a "réuni un conseil des entreprises à Bercy pour les accompagner".

Sylvain Bersinger considère quant à lui que "trois évolutions devraient apporter un peu de souffle à l’économie française et éviter une récession". L’une d’entre elles est à trouver du côté du secteur de la construction, lequel devrait bénéficier de la baisse des taux directeurs pour retrouver des couleurs. Un effet positif est également attendu du côté de la guerre commerciale en cours puisqu’elle pourrait conduire "à une baisse du prix des matières premières, ce qui redonnera un peu de pouvoir d’achat aux ménages et devrait soutenir la consommation", ce qui n’est pas un luxe pour la France tant celle-ci est atone dernièrement. Enfin les velléités allemandes de dépenses dans la défense ou encore les infrastructures devraient profiter directement et indirectement à la France.

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