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Dassault Systèmes n’échappe pas aux tensions économiques / Malgré l'attentisme des clients, le modèle reste résilient

Dassault Systèmes a connu un premier trimestre 2025 mitigé, marqué par une progression modeste de ses revenus et un tassement de sa marge. Si l’attentisme des clients et les tensions commerciales nuisent à la visibilité, le groupe devrait malgré tout finir par profiter de la reprise progressive de Medidata, sa filiale spécialisée dans les solutions logicielles pour les sciences de la vie.
Le siège social de Dassault Systems à Vélizy-Villacoublay - Photo by BERTRAND GUAY / AFP
Le siège social de Dassault Systems à Vélizy-Villacoublay - Photo by BERTRAND GUAY / AFP

La théorie économique affirme que le cours de Bourse reflète l’ensemble des informations disponibles, présentes comme futures : c’est l’hypothèse d’efficience des marchés financiers. En venant frôler jeudi ses plus bas niveaux depuis décembre 2020, l’action Dassault Systèmes semble ainsi renvoyer à une époque où le chiffre d’affaires du groupe, alors dirigé par Bernard Charlès, s’élevait à 4,45 milliards d’euros – contre 6,2 milliards en 2024.

Mais la trajectoire inquiète, après plusieurs avertissements lancés l’an dernier, notamment autour de Medidata, la filiale spécialisée dans les solutions pour la recherche médicale. Et les résultats du premier trimestre 2025, publiés jeudi, n’ont pas permis de dissiper les inquiétudes, malgré certains points positifs, comme la forte croissance des abonnements (+14% après +11% au quatrième trimestre 2024), signe de la transformation en cours du modèle, passant des licences traditionnelles aux abonnements, un processus entamé depuis plusieurs années.

 

La reprise se fait attendre pour Meditata

 

Mais sur la période de janvier à mars, le chiffre d’affaires du groupe que pilote depuis un an Pascal Daloz a progressé de 5 % pour atteindre 1,57 milliard d’euros, légèrement en deçà des attentes des analystes (consensus à 1,59 milliard d’euros), avec un chiffre d’affaires logiciel de 1,4 milliard d’euros, en hausse de 5 % et une marge opérationnelle en recul de 20 points de base, à 30,9 %… qui se rapproche doucement de ses niveaux de 2020 (30,2%).

Medidata, en particulier, n’a pas retrouvé le chemin de la croissance, la faute à la baisse des revenus liés aux volumes d’essais cliniques réalisés avec les CRO (Contract Research Organizations), ces sociétés qui gèrent les essais cliniques pour le compte des laboratoires pharmaceutiques.

​Surtout, en toile de fond, l’environnement macroéconomique se durcit. "Dassault Systèmes n’est pas immunisé face à la frilosité actuelle de ses clients, quand bien même 86 % de son chiffre d’affaires logiciel est récurrent", pointent les analystes d’Invest Securities. Le groupe observe un ralentissement dans le secteur des équipements industriels, qui pèse notamment sur Solidworks, sa solution de CAO destinée aux ingénieurs et PME industrielles.

Les tensions commerciales, notamment autour des droits de douane américains, ont nourri un attentisme en fin de trimestre. Certains contrats importants liés à 3DExperience – la plateforme intégrée du groupe dédiée à la conception, la simulation et la collaboration virtuelle – ont été repoussés.

"À moyen et long terme, cette tendance pourrait profiter à Dassault Systèmes, car les jumeaux virtuels peuvent soutenir et accélérer la transformation de la chaîne d’approvisionnement", observe le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. Mais à court terme, les décisions d’investissement prennent davantage de temps, ce qui nuit à la visibilité.

 

Rattrapage au second semestre ?

 

Cela se retrouve dans les prévisions pour le deuxième trimestre 2025 qui sont très larges, avec une croissance de 3 à 7 % anticipée en monnaie constante pour le chiffre d’affaires, celle-ci tenant compte d’un certain nombre d’incertitudes, telles que l’accélération ou le ralentissement de Medidata et Solidworks. Ce qui implique une croissance d’environ 5 % pour le premier semestre.

Les prévisions pour l’exercice étant confirmées, avec une croissance attendue entre 6 et 8 % sur l’exercice, cela suppose une accélération de la croissance à 9 % au second semestre 2025, alors même que le contexte de comparaisons sera "de plus en plus difficile", note pour sa part Jefferies.

De fait, la sensibilité de Dassault Systèmes aux conditions macroéconomiques, mise en évidence par les résultats du premier trimestre, accroît indubitablement le risque d’un avertissement en cours d’année. Toutefois, comme le font valoir les analystes d’Oddo BHF, la transition vers un modèle d’abonnement, et le redressement attendu de Medidata, même s’il prend plus de temps que prévu, "offrent des perspectives solides pour 2026-2027".

S’agissant de Medidata, le directeur financier Rouven Bergmann a tenu à rassurer sur le potentiel de la filiale. Malgré le recul des volumes, celle-ci a, selon lui, gagné des parts de marché "de plus d’un point dans le domaine des essais cliniques, grâce à des gains importants en phase 3", a-t-il indiqué lors de la conférence téléphonique avec les analystes.

Il a également estimé que la croissance de ce segment reposait de plus en plus sur la volonté des grands laboratoires de moderniser l’ensemble de leur chaîne de développement, "du laboratoire à la fabrication". Et Dassault Systèmes est bien placé pour accompagner cette transformation, comme peuvent en témoigner les partenariats noués avec des groupes comme Sanofi ou Amgen.

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