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STMicroelectronics se rapproche d’une possible reprise de ses marchés finaux / Le groupe poursuit son remodelage industriel en attendant

Malgré un début d’année encore marqué par une faible demande et une pression sur les marges, des signes de reprise émergent dans l’automobile et l’industrie, les deux principaux marchés du groupe, offrant l'espoir que la phase la plus difficile est désormais derrière lui. En attendant, l’entreprise se concentre sur la mise en œuvre de sa transformation, allégeant sa structure de coûts tout en réorientant ses investissements vers les technologies de demain.
Jean-Marc Chery, le directeur général de STMicroelectronics - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
Jean-Marc Chery, le directeur général de STMicroelectronics - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

Il est une question récurrente depuis plusieurs trimestre pour STMIcroelectronics, celle du point bas de l’activité. Les trois premiers mois de 2025, ont apporté une réponse rassurante mais néanmoins prudente de la part de Jean-Marc Chéry, le directeur général du groupe : "Même si nous considérons que le premier trimestre 2025 marque le creux de la vague, dans le contexte actuel d'incertitude nous nous concentrons sur ce que nous pouvons contrôler", a indiqué jeudi le dirigeant du fabricant franco-italien de semi-conducteurs, à l'occasion de la publication des résultats trimestriels du groupe, rappelant notamment la nécessité d’un "contrôle strict des dépenses tout en protégeant la R&D".

STMicroelectronics a engagé ces derniers mois un vaste plan de transformation, à la fois pour alléger sa structure de coûts et moderniser ses capacités industrielles. Lancé à l’automne 2024, ce chantier a pris une tournure plus concrète début avril, avec l’annonce d’un objectif pouvant aller jusqu’à 2 800 départs volontaires d’ici à 2027, en complément de l’attrition naturelle. Le groupe vise des économies annuelles "dans le haut de la fourchette à trois chiffres en millions de dollars", selon sa propre expression.

Dans le même temps, ST réoriente ses investissements — prévus entre 2,0 et 2,3 milliards de dollars en 2025 — vers la production sur tranches de 300 mm (silicium) et 200 mm (carbure de silicium), tout en redistribuant les rôles de ses sites industriels : la France se spécialise dans le numérique, l’Italie dans l’analogique et la puissance, Singapour dans les technologies matures. Une montée en cadence qui s’appuie aussi sur une automatisation accrue et le déploiement de solutions d’intelligence artificielle sur les lignes historiques (150 mm et 200 mm).

Il ne faut pas attendre de ce programme qu’il comble immédiatement les capacités sous-utilisées née d’une demande encore déprimée, qui continueront de peser sur les marges. ST table sur un impact de 420 points de base au deuxième trimestre, maintenant sa marge brute à 33,4 %, comme au premier. Un niveau inférieur aux attentes des analystes (34,6 % selon Visible Alpha).

 

Vers une reprise séquentielle des ventes

 

Mais les investisseurs préfèrent se focalisent sur le positif. L’action STMicroelectronics grimpe de 6 % ce jeudi, à 20,25 euros, portée par l’idée que le creux de cycle pourrait avoir été atteint. Car dans les deux principaux moteurs de croissance du groupe — l’automobile et l’industriel — les perspectives s’éclaircissent. Dans les deux cas, "nous nous attendons à ce que le premier trimestre soit le point le plus bas en termes de revenus", déclare Jean-Marc Chéry. Une inflexion à venir que tend à refléter le le rapport entre les nouvelles commandes prises et les facturation. Ce ratio book-to-bill est désormais supérieur à 1 tant dans l’automobile que dans l’industrie.

STMicroelectronics prévoit un chiffre d'affaires de 2,71 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2025, en recul de 16,2 % par rapport à la même période de 2024, mais en hausse de 7,7 % par rapport au premier trimestre 2025. Des perspectives financières qui "ne prennent pas en compte l'impact de tout éventuel futur changement des droits de douane", dans un contexte marqué par les décisions imprévisibles de l'administration Trump, qui n’ont pas amélioré la visibilité du secteur, le groupe s’abstenant ainsi toujours de fournir des prévisions pour l’ensemble de 2025.

"Les prévisions de chiffre d'affaires pour le deuxième trimestre sont meilleures que prévu malgré l'incertitude géopolitique croissante et le ralentissement potentiel de l'économie mondiale. A ce stade, cependant, il n'y a pas d'effet de levier sur la marge brute et la visibilité est faible sur le second semestre", résume le cabinet Oddo BHF.

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