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STMicroelectronics : Jean-Marc Chéry en passe de rempiler pour un an / Le conseil propose de le maintenir jusqu'en 2028

Après les affrontements de 2025 entre Paris et Rome, le conseil de surveillance de STMicroelectronics propose de reconduire Jean-Marc Chéry pour une année supplémentaire. Une décision qui témoigne de l'apaisement des tensions, sans lever les interrogations sur sa succession.
Jean-Marc Chery, le directeur général de STMicroelectronics, pourrait rester un an de plus à la tête du groupe (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
Jean-Marc Chery, le directeur général de STMicroelectronics, pourrait rester un an de plus à la tête du groupe (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

Dix-huit mois après que Rome a publiquement réclamé son départ, Jean-Marc Chéry obtient le soutien d’un conseil de surveillance désormais présidé par un Italien. STMicroelectronics a annoncé mardi que ce conseil avait demandé à son président du directoire et directeur général « de se rendre disponible pour un renouvellement de ses fonctions actuelles, pour une année supplémentaire ». Le dirigeant, aux commandes depuis 2018 et dont le mandat de trois ans renouvelé en 2024 expire en 2027, a accepté. La résolution sera soumise à l’assemblée générale de 2027.

Au printemps 2025, l’issue paraissait pourtant tout autre. Après une année 2024 marquée par une chute de 23 % du chiffre d’affaires, sur fond de repli des marchés automobile et industriel, le ministère italien de l’Économie critiquait ouvertement la gestion de Jean-Marc Chéry et plaidait auprès de Paris pour son remplacement. En avril, le ministre Giancarlo Giorgetti lui retirait publiquement son soutien. Le conflit s’était cristallisé autour de la candidature de Marcello Sala, haut fonctionnaire du Trésor italien, rejetée par le conseil de surveillance. Son président d’alors, Nicolas Dufourcq, avait précisé que le refus venait des trois administrateurs indépendants, et non des représentants français, qui avaient voté pour.


Un équilibre des pouvoirs délicat


Le fait est qu'aucun des deux États ne peut imposer seul ses choix chez STMicroelectronics. La France et l’Italie détiennent ensemble 27,5 % du capital, à parts égales, au travers d’une holding commune dont les votes supposent leur accord. Lors de l’assemblée générale de mai 2025, leurs divergences avaient ainsi empêché cette holding de se prononcer sur plusieurs résolutions, finalement adoptées grâce aux voix des autres actionnaires.


Une nouvelle donne au sommet


La détente s’est amorcée à l’automne 2025. Après avoir assuré à Rome, en septembre, qu’il n’y aurait pas de licenciements collectifs sur son site d’Agrate, le groupe a proposé en octobre l’entrée au conseil de surveillance de deux Italiens : l’ancien ambassadeur Armando Varricchio et Orio Bellezza, ancien cadre de la maison. Leurs nominations ont été approuvées par les actionnaires en décembre. En mai 2026, Armando Varricchio a succédé à Nicolas Dufourcq à la présidence du conseil de surveillance pour trois ans, tandis que ce dernier en devenait vice-président, conformément au principe d’alternance entre les deux pays. Paris conserve ainsi la direction opérationnelle, tandis que Rome préside l’instance chargée de la superviser.

C’est donc ce conseil qui invoque aujourd’hui « l’importance de la continuité de la stratégie de ST, de la rigueur d’exécution et de la dynamique atteinte sous le leadership de M. Chéry ». Le retour aux bénéfices au deuxième trimestre, avec un résultat net de 222 millions de dollars et un chiffre d’affaires en hausse de 26 %, donne davantage de consistance à cet argument, même si le redressement du groupe reste à confirmer.

Reste la durée retenue : une seule année, quand le renouvellement de 2024 portait sur trois ans. Le conseil de surveillance ne fournit aucune explication sur ce choix, qui laisse ouverte la question de la succession de Jean-Marc Chéry. Si les actionnaires suivent sa recommandation, le dirigeant, aux commandes depuis 2018, verrait son mandat prolongé jusqu’en 2028.

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