Macro-économie / Taux
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France : la hausse des salaires faiblit / Mais demeure toujours supérieure à l’inflation
Les salaires survolent toujours l’inflation. Une étude de la Banque de France, portant sur les accords d’entreprise signés à la suite des négociations annuelles obligatoires (NAO), indique qu’une hausse des salaires, de 1,8 % dans les branches et de 2,1 % dans les entreprises se profile. Pour rappel, les NAO constituent une obligation lorsqu’une entreprise dispose "d’une ou plusieurs sections syndicales d’organisations représentatives, et dans lesquelles a été désigné au moins un délégué syndical" (ministère du Travail). Elles doivent être engagées par l’employeur et traiter notamment des salaires ainsi que de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Les branches maintiennent le cap de la hausse des prix
Les NAO ont lieu annuellement, le plus souvent entre octobre et mars, à deux niveaux, à commencer par les branches, où ce sont les partenaires sociaux qui sont chargés de négocier les minima salariaux, comme le SMIC (salaire minimum de croissance), imposant un plancher des rémunérations. L’étude de la Banque de France estime ainsi que les salaires minima de branche devraient augmenter de 1,8 % en taux nominal au premier trimestre 2025. Cette hausse, près de deux fois plus faible en glissement annuel, s’explique selon l’étude par une inflation attendue à 1,5 % en 2025, ainsi que par les possibles effets d’entraînement liés à la double indexation automatique du SMIC, l’une sur la hausse des prix, l’autre "à la moitié du pouvoir d’achat des salaires". Celui-ci a été revalorisé de 2 % fin 2024.
La hausse moyenne modérée des minima de branche illustre une tendance générale entre les secteurs. Près de la moitié des accords signés prévoient en effet une augmentation inférieure ou égale à 2 %, contre seulement 5 % d’entre eux en début d’année 2024. Malgré cette chute, les évolutions de salaires dans les branches maintiennent au global la cadence de la hausse des prix depuis 2020, avec une progression de 14 %, quasiment équivalente à l’inflation cumulée sur la même période.
Une baisse plus prononcée dans les entreprises
Au sein des entreprises, les accords menés à la suite des NAO ont enregistré en moyenne une hausse effective de 2,1 % des salaires, légèrement supérieure à celle des branches et du SMIC, mais qui reste nettement inférieure à début 2024 (3,3 %) et début 2023 (4,2 %). Cette chute traduit celle des versements de primes de partage de la valeur (PPV), avec seulement 20 % des accords qui en font mention, contre 30 % en 2023 et 40 % fin 2022. De plus, similairement aux branches, les disparités entre entreprises ne sont pas élevées, avec 25 % des augmentations inférieures ou égales à 1 %, et plus de la moitié inférieure à 2 %. L’étude souligne qu’au total, 90 % des entreprises pour lesquelles elle dispose d’informations sur les NAO ont enregistré des hausses de salaires plus faibles qu’en 2024.
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