Macro-économie / Taux / Inflation / croissance / ménages
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Inflation / croissance / ménages
Une réalité de l’inflation perçue à retardement par les ménages / Les Français s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat
Le grand écart ou presque. Difficile de qualifier autrement le différentiel entre des ménages tricolores qui sont encore une moitié à anticiper que l’inflation sera supérieure à 3 % en 2025 et les anticipations des institutions et du marché à rebours de cette inquiétude. Pour autant les enquêtes conduites par la Banque de France avec le CSA attestent que les Français sont relativement plus optimistes qu’ils ne l’étaient par le passé.
Le bulletin de l’institution publié récemment argue effectivement que "les personnes interrogées ont perçu le reflux de l’inflation en 2024 : un répondant sur deux pense que l’inflation a été inférieure à 5 % en 2024, ils n’étaient qu’un sur dix en 2023". Il y a bel et bien une "confiance dans la poursuite de la décrue de l’inflation" selon Erwan Gautier, chef du service des analyses microéconomiques, et Vincent Bignon, conseiller communication et contenus économiques du directeur de la communication - chercheur conseiller sénior.
Sensibilité
L’ensemble des postes de dépenses ne fait pas l’objet de la même attention de la part des répondants avec une importance considérable apportée tant aux prix de l’essence qu’à ceux liés à l’alimentaire. De quoi expliquer qu’alors "qu’une proportion importante de ménages avait perçu la forte hausse des carburants ou de l’alimentation en 2022 et 2023, les répondants ont observé en 2024 que ces prix augmentaient moins vite, voire diminuaient", influençant directement leurs perceptions d’inflation.
Pour autant celles-ci sont considérées comme continuant "toutefois de surestimer l’inflation". Un constat qui se vérifierait tout particulièrement pour "les ménages déclarant une part plus importante de leur budget consacrée à l’alimentation [qui] ont tendance à penser que l’inflation a été plus forte que la moyenne". Concernant le futur, c’est le coût des matières premières qui est désigné comme étant le principal facteur d’inflation en 2025.
Hétérogénéité
Les ménages français sont cependant loin d’avoir la même perception du phénomène inflationniste, les deux auteurs arguant que la dynamique considérable des revenus de l’épargne de 2022 à 2024 peut contribuer à créer des différences majeures au sein de la population. Une hypothèse corroborée par le fait que "les répondants dont les revenus sont les plus élevés ont une probabilité plus forte de percevoir que leur revenu a augmenté".
Pour autant, s’il demeure difficile pour les deux auteurs de saisir l’ensemble des tenants et des aboutissants à l’œuvre. Il n’en demeure pas moins que "les ménages ont perçu une nette diminution de leur pouvoir d’achat en 2024 : la moitié des répondants a perçu une baisse supérieure à 6 % (en valeur absolue), cet écart s’expliquant à la fois par une surestimation de l’inflation mais aussi par une sous-estimation de l’évolution nominale des revenus". Tous les participants à l’enquête ne partagent certes pas cet avis et l’Insee note que le pouvoir d’achat a progressé de 2,5 % en 2024.
Ce décalage entre la réalité et ce qui est perçu par les Français est loin d’être anodin étant donné que cette vision pour le moins pessimiste de leur pouvoir d’achat aurait des conséquences en cascade. Il peut ainsi "contribuer à retarder leurs décisions de consommer et d’investir, et les encourager à épargner davantage, facteur limitant la croissance économique des trimestres à venir ", et ce alors que la santé de l’économie tricolore est loin d’être au beau fixe.
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