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Goldman Sachs surfe sur la volatilité de Trump / Le trading brille, mais l’incertitude plane

À l’image de JPMorgan et Morgan Stanley, Goldman Sachs a pleinement tiré parti, au premier trimestre, de la nervosité des marchés déclenchée par les premières décisions de Donald Trump. La banque new-yorkaise a signé des résultats supérieurs aux attentes, portée par un bond des revenus de trading, en particulier sur les dérivés actions. Mais l’incertitude reste entière pour la suite, entre menace de relèvement des droits de douane, tensions commerciales et essoufflement du marché des fusions-acquisitions.
David Solomon, le directeur général de Goldman Sachs - Photo by WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
David Solomon, le directeur général de Goldman Sachs - Photo by WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Au regard des excellentes performances récemment dévoilées par JPMorgan et Morgan Stanley, il eut été étonnant que Goldman Sachs n'ait pas également profité, au premier trimestre 2025, de la nervosité des marchés provoquée par les premières décisions économiques de Donald Trump. Cela a bien été le cas. La banque dirigée par David Solomon a affiché bénéfice net de 4,74 milliards de dollars, soit 14,12 dollars par action, bien au-delà des attentes des analystes (12,33 dollars), pour un produit net bancaire de 15,06 milliards de dollars (+6 %), là encore supérieur au consensus.

Tout comme ses consoeurs, Goldman Sachs a largement bénéficié, de janvier à mars, de la forte volatilité des marchés, un facteur clé qui a permis à la banque de dépasser les prévisions de Wall Street. Les revenus du trading en actions ont grimpé de 27 %, à 4,19 milliards de dollars, soutenus principalement par des volumes exceptionnels dans les produits dérivés. Parallèlement, le segment FICC (obligations, devises et matières premières) a enregistré une hausse de 2 % par rapport à l’année précédente, mais un bond spectaculaire de 61 % par rapport au quatrième trimestre 2024, alimenté par une demande soutenue dans les financements des trois sous-segments.

David Solomon, directeur général de la banque, n’a pas manqué de saluer cette performance : "Nos résultats solides ce trimestre montrent qu’en période d'incertitude majeure, nos clients se tournent vers Goldman Sachs pour son expertise et la qualité de son exécution", a-t-il souligné.

 

Les IPO et les fusions-acquisitions en pause

 

Cette performance robuste s’inscrit dans un contexte stratégique particulier pour Goldman Sachs. Car si lors de son arrivée à la tête du groupe en 2018, David Solomon avait entrepris de transformer l’institution en l’éloignant de son image de pure banque d’affaires pour la rendre plus accessible, la banque, face aux difficultés de la banque de détail, est finalement revenue en deux ans à ce qu’elle maîtrise le mieux et ses métiers historiques : le trading, les services aux grandes entreprises, et la gestion d’actifs. Un choix particulièrement payant en ce début d’année 2025. Même si tout n’est pas rose pour autant.

Les revenus de la banque d’investissement ont reculé de 8 % sur un an, pénalisés par une baisse de 22 % des commissions de conseil. L’attentisme des entreprises face aux soubresauts géopolitiques a retardé plusieurs projets d’introduction en Bourse ou de fusions-acquisitions. Les revenus issus de la gestion d’actifs et de patrimoine ont également baissé de 3 %, à 3,68 milliards de dollars, dans un marché instable. "La baisse par rapport au premier trimestre 2024 s'explique principalement par une réduction significative des revenus nets provenant des investissements en actions et en dettes, partiellement compensée par une augmentation des frais de gestion et autres commissions", explique Goldman Sachs.

À l’orée du deuxième trimestre, le climat est pour le moins empreint d’incertitude, comme le concède David Solomon, maniant l’euphémisme en évoquant un "environnement opérationnel nettement différent de celui du début de l’année" pour qualifier les premières semaines d’avril. Pour l’instant, la volatilité alimente encore les moteurs de la banque. Mais l’essoufflement du M&A et le ralentissement des IPOs rappellent que cette conjoncture instable pourrait vite devenir un facteur de risque, autant qu’une source d’opportunités. Même si pour l’instant, les investisseurs préfèrent voir les choses sous un angle favorable. En Bourse, l’action Goldman Sachs gagnait lundi 2,7% à 507,4 dollars, mais reste en retrait de 13,7 % depuis le début de l’année, sous-performant le S&P 500.

 

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