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Sur les marchés / Wall Street / CAC 40 / Donald Trump

Sur les marchés
Wall Street / CAC 40 / Donald Trump

Les marchés restent prisonniers du flou ambiant / La défiance gagne l’ensemble des actifs en dollars

Malgré un début de séance encourageant, les marchés européens évoluaient sans réelle direction vendredi, dans un climat d’incertitude alimenté par les volte-face de la Maison-Blanche sur le dossier commercial. L’ambiguïté de la stratégie américaine continue de peser sur les actifs libellés en dollars, y compris sur le billet vert, tombé à un plus bas de trois ans face à l’euro.
Wall Street - New York
Wall Street - New York

Après une ouverture dans le vert, les marchés européens évoluaient sans tendance marquée vendredi en début d’après-midi. Vers 14h00, l’indice paneuropéen Stoxx Europe 600 avançait de 0,1 %, à 487,8 points. À Paris, le CAC 40 cédait 0,1 %, à 7 123 points, lesté par les replis de plusieurs grandes valeurs exposées aux États-Unis, telles que Stellantis (-3,5 %), Dassault Systèmes (-3,4 %), Safran (-3,3 %) ou Airbus (-2,2 %), en partie contrebalancés par les progressions d’Orange (+2,1 %) et Danone (+1,7 %).

Ailleurs en Europe, le DAX 40 perdait 0,7 % à Francfort, le FTSE MIB reculait de 0,3 % à Milan, tandis que le FTSE 100 progressait de 0,7 % à Londres.

L’optimisme de la matinée, lié à la suspension des droits de douane, s’est estompé à mesure que les investisseurs prenaient la mesure des incertitudes persistantes sur la politique commerciale américaine et des tensions qui continuent de peser sur les marchés obligataires.

Un climat d’inquiétude qui s’est ressenti en Asie. À Tokyo, l’indice Nikkei 225 a décroché de 3 % vendredi matin, tandis que le Kospi sud-coréen a perdu 0,5 %. L’indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon a reculé de 0,3 %, et le S&P/ASX 200 australien a cédé 0,8 %.

Fait notable, les places chinoises ont bien mieux résisté. À Hong Kong, le Hang Seng a gagné 1,1 %, tandis que le CSI 300, qui regroupe les 300 plus grandes capitalisations des Bourses de Shanghai et Shenzhen, s’est apprécié de 0,4 %. Le Shanghai Composite a progressé de 0,45 %. Il ne fait guère de doute que la solidité récente des marchés chinois reflète l’intervention appuyée des autorités locales, alors que les tensions avec les États-Unis ne cessent de s’intensifier.

Vendredi matin, Pékin a annoncé qu’il relèverait ses droits de douane sur les produits américains à 125 % dès samedi, en réponse à une nouvelle salve de hausses décidée par Washington. La veille encore, ces taxes s’élevaient à 84 %. Quelques heures plus tôt, un décret de la Maison Blanche avait officialisé une hausse cumulative des surtaxes américaines à 145 %, combinant les 125 % annoncés récemment aux 20 % déjà en vigueur depuis mars.

"Ces inquiétudes ont éclipsé d’autres annonces tarifaires pourtant plus positives, comme le report par l’Union européenne de 90 jours de ses mesures de rétorsion précédemment annoncées, le début de négociations formelles entre les États-Unis et le Vietnam, ou encore l'information de Politico selon laquelle le secrétaire au Trésor Scott Bessent aurait pris la tête de l’équipe commerciale de l’administration", note Deutsche Bank.

 

Le dollar au plus bas depuis février 2022

 

Dans ce climat de tensions, les marchés semblent désormais intégrer une prime de risque généralisée sur tous les actifs libellés en dollars, qu’il s’agisse de la devise américaine ou des obligations souveraines.

Le billet vert se dépréciait vendredi de 1,6% face à la monnaie unique à 1,1383 dollar pour un euro, peu après avoir touché un plus bas depuis plus de trois ans à 1,1416 dollar.

Le rendement des Treasuries à 30 ans a bondi de 13 points de base jeudi, à 4,87 %, tandis que les rendements des bons du Trésor à 10 ans ont progressé de 9,2 points de base à 4,43%. Ces mêmes rendements se situaient vendredi à 4,84% et 4,40% en début d’après-midi.

Une légère détente sans doute favorisée par l’adjudication de 22 milliards de dollars d’obligations à 30 ans réalisée jeudi, qui a suscité un net engouement. Les titres ont été adjugés à un taux de 4,813 %, soit 2,7 points de base en dessous du niveau observé sur le marché secondaire peu avant l’émission. Un bon accueil, conjugué à la forte demande enregistrée la veille lors de la vente d’obligations à 10 ans, de nature à contribuer à dissiper – du moins temporairement – les craintes d’un désengagement des investisseurs vis-à-vis des actifs américains.

La glissade du dollar et des Treasuries a néanmoins fini par contaminer les marchés actions. Le S&P 500 a clôturé jeudi en repli de 3,5 %, effaçant plus d’un tiers du spectaculaire rebond de 9,52 % enregistré la veille. "Il s’agit du cinquième jour consécutif où l’amplitude intra-journalière dépasse les 6 %, une configuration rarissime, observée uniquement lors des épisodes les plus intenses de la crise financière d’octobre 2008 et des débuts de la pandémie en mars 2020", souligne encore Deutsche Bank. Le Nasdaq a plongé de 4,97 %, et le Dow Jones a perdu 2,5 %.

Malgré cette volatilité, Wall Street s’orientait vers un rebond vendredi matin : les contrats à terme sur le S&P 500 et le Nasdaq 100 avançaient de 1,2 % à 1h30 de l’ouverture, celui sur le Dow Jones progressait de 0,7 %. Une séance particulièrement scrutée, marquée par le coup d’envoi de la saison des résultats trimestriels avec les publications attendues de JPMorgan Chase, Morgan Stanley, Wells Fargo et BlackRock.

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