Sur les marchés
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Les marchés respirent grâce au Nikkei / Le pic de volatilité pourrait être passé
Après trois séances de violentes corrections, au cours desquelles le CAC 40 a cédé plus de 12 %, les Bourses européennes tentaient un rebond mardi matin, dans le sillage du redressement des places asiatiques. Au lendemain de sa pire séance depuis mars 2022, marquée par une chute de 4,78 %, l’indice parisien reprenait 1,5 % vers 14h00, repassant de justesse au-dessus du seuil des 7 000 points, à 7 031 points. À Francfort, le DAX 40 avançait de 1,4 %, tandis que le FTSE MIB progressait de 1,2 % à Milan. Londres signait la meilleure performance, avec un gain de 1,9 % à 7 846 points, alors que l’indice large paneuropéen, le Stoxx Europe 600, gagnait 1,6%.
Les marchés asiatiques ont ouvert la voie au rebond, emmenés par le Japon. À Tokyo, le Nikkei a repris plus de 6 % mardi, effaçant une partie de sa chute de 8 % enregistrée la veille et se remettant de sa clôture la plus basse depuis octobre 2023 de lundi. Un regain d’optimisme soutenu par l’annonce d’un échange téléphonique entre le Premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, et Donald Trump – leur première interaction depuis que le président américain a lancé son offensive protectionniste, imposant des droits de douane ciblant presque tous les pays de la planète. Trump, qui a annoncé l'instauration de droits de douane "réciproques" de 24 % sur les produits japonais à compter de mercredi, a déclaré sur les réseaux sociaux que le Japon enverrait une "équipe de haut niveau" pour négocier sur cette question. De quoi alimenter l’espoir que les niveaux de taxation dévoilés en fin de semaine dernière – et qui ont déclenché un véritable séisme sur les marchés – puissent marquer un point haut, amené à être revu à la baisse au fil des discussions.
Le reste de l’Asie a suivi la tendance haussière : le Kospi sud-coréen a gagné 0,9 % après avoir touché la veille son plus bas en 17 mois. Le S&P/ASX 200 australien a rebondi de 0,8 % après sa pire séance depuis cinq ans. À Kuala Lumpur, l’indice composite a progressé de 0,5 %. Seule exception : Shanghai, où le CSI 300 a reculé de 0,1 %.
Pour Donald Trump, les droits de douane pourraient être permanents ou servir de levier de négociation. "Les deux peuvent être vrais", a-t-il déclaré lundi. S’il a riposté avec force contre la Chine – à qui il impose des droits de douane de 34 % dès mercredi, avec la menace d’un relèvement à 50 % –, le président américain s’est montré plus conciliant envers d’autres partenaires, évoquant la possibilité d’"accords équitables". Plusieurs dirigeants étrangers auraient contacté la Maison-Blanche depuis l’annonce des nouvelles mesures.
Une Europe prudente dans sa riposte
De son côté, l’Union européenne adopte une ligne médiane : afficher sa fermeté tout en laissant la porte ouverte aux discussions. Le bloc a déjà retardé à deux reprises ses propres mesures de rétorsion pour se ménager une marge de manœuvre. Lundi, un haut responsable européen a indiqué que l’UE avait proposé aux États-Unis des droits de douane "zéro pour zéro" sur les produits industriels, dans l’espoir de désamorcer les tensions. En réaction, Donald Trump a jugé lundi que la proposition faite par l'Union européenne d'une exemption de droits de douane totale et réciproque pour les produits industriels, y compris les voitures, ne suffisait pas pour lever les taxes douanières américaines. "Non ce n'est pas suffisant", a-t-il dit, interrogé sur cette proposition annoncée lundi par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors d’un échange avec la presse à la Maison Blanche.
"Il existe toujours un risque que l’UE déclenche son nouvel instrument de lutte contre la coercition (Anti-Coercion Instrument, ACI) et prenne des mesures de rétorsion contre les importations de services américains", relèvent les stratégistes de Deutsche Bank. Mais selon eux, "l’UE est consciente de l’effet autodestructeur de telles mesures, ce qui, espérons-le, limite les chances de mise en œuvre de l’ACI".
Sur les marchés, ce fragile espoir pourrait s’accompagner d’un reflux de la volatilité, qui a atteint des niveaux particulièrement élevés. L’indice VSTOXX, également connu sous le nom de EURO STOXX 50 Volatility Index, l’indicateur de volatilité qui mesure les attentes de fluctuation des cours des 50 principales entreprises de la zone euro, a bondi à 47 lundi, son plus haut depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Il redescendait mardi autour de 40.
Selon les stratégistes de Deutsche Bank, moins de nouvelles inconnues devraient émerger désormais. "À mesure que la pression des marchés augmente sur Washington, que la cote de popularité du président baisse et que les inconnues se font moins nombreuses, nous pensons que le pic de volatilité est désormais derrière nous", estiment-ils.
Dans ce contexte, Wall Street se dirigeait mardi vers une ouverture en hausse. Le contrat future sur le S&P prenait 1,3 %, celui sur le Dow Jones gagnait 1,8 %, tandis que le contrat sur le Nasdaq 100 progressait de 1,1 %.
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