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Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / or / Banque de France
Finances publiques : la tentation de la vente d’or pour les redresser / François Villeroy de Galhau n'est pas très enthousiaste
L’envolée du cours de l’or donne des idées à certains parlementaires. C’est ce qu’a pu constater François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, à l’occasion de son audition par la Commission des finances de l’Assemblée nationale. En l’espace de deux ans et demi, le prix de la "relique barbare" a doublé. Ces derniers temps, c’est plutôt la vente de participations de l’État qui fut souvent mentionnée dans le débat public pour aider le gouvernement à faire reculer le taux d'endettement public, qui se situait à 113,7% du Produit intérieur brut (PIB) lors du troisième trimestre 2024 (3303 milliards d'euros).
"C’est un vieux thème Monsieur le gouverneur : faudrait-il vendre un peu des 2436 tonnes d’or détenues par la Banque de France pour améliorer la situation des finances publiques françaises comme un ancien président de la République l’avait suggéré il y a quelques années ?", a questionné Charles de Courson, rapporteur général de la Commission des finances.
Sur demande du ministère de l’Economie et des Finances, la Banque de France avait vendu 589 tonnes d’or entre décembre 2004 et septembre 2009, réduisant le stock de près de 20 %. L’idée était de réinvestir le produit de la cession dans des réserves en devises dont le rendement censé être supérieur aurait généré un gonflement du dividende reversé à l’État lui permettant, entre autres, de réduire son déficit.
Au plan patrimonial, le résultat de ce programme avait été jugé insatisfaisant par la Cour des comptes. "S’il n’avait pas été exécuté, la valeur des réserves en or aurait été, à fin 2010, supérieure de 19,4 milliards d’euros. La valeur en euro des réinvestissements en devises réalisés à partir des cessions d’or s’élevait pour sa part à 9,2 milliards d’euros fin 2010", soulignait-elle dans un rapport.
Gardé dans la Souterraine, une cave blindée d’un hectare située au huitième sous-sol de la Banque de France à plus de 25 mètres de profondeur, l’or de la France représentait une valeur de 196,7 milliards d’euros fin 2024. "Nous n’en achetons pas, nous n’en vendons pas et ceci me paraît être la sagesse", a commencé par préciser François Villeroy de Galhau.
"Si nous vendions cet actif, nous dégagerions une plus-value immédiate mais nous n’aurions pas enrichi la France puisque nous aurions perdu l’actif correspondant, dans notre bilan total, ce serait la même chose", a jugé le grand argentier. "Je crois que c’est un actif de réserve qui est un élément de confiance, incontestablement, pour la signature de la France", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas cela qui va résoudre le problème des finances publiques françaises", avait-il déclaré sur France Inter. Lors de la conférence de presse de présentation des résultats 2024 de la Banque de France, François Villeroy de Galhau avait indiqué que la politique de gestion des réserves d’or était menée en accord total avec l’actionnaire : l’Etat. "Elle est d’une simplicité biblique : nous n’avons aucune intention de vendre le stock d’or. C’est de très bonne gestion de le garder", avait-il rapporté.
Deux facteurs sont souvent mentionnés pour expliquer l’explosion du cours de l’or. D’une part, l’incertitude liée notamment à l’évolution de la situation géopolitique depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, d’autre part la volonté des Banques centrales des pays émergents de modifier la composition de leurs réserves de change en réponse au gel des avoirs russes par plusieurs économies avancées. "La variable ‘incertitude’ joue un rôle nettement plus grand dans l’appréciation de la valeur de l’or", a estimé François Villeroy de Galhau, devant les députés.
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