ESG / Bpifrance / climat / Adaptation / Diag Adaptation / Transition énergétique et environnementale
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Bpifrance / climat / Adaptation / Diag Adaptation / Transition énergétique et environnementale
Bpifrance veut activer l’adaptation des entreprises au changement climatique / Pour basculer dans l'action et engager des investissements, il faut bien être au fait des risques
Les remontées de terrain restent le meilleur moyen de répondre aux besoins des chefs d’entreprise. Ou de donner un coup d’accélérateur à certains sujets, lorsqu’il apparaît assez nettement qu’ils ne sont pas encore assez bien appréhendés par ces derniers. À la fin du mois de décembre, Bpifrance Le Lab répertoriait au travers d’une enquête que l’adaptation au changement climatique était encore laissée-pour-compte par les PME et ETI tricolores. Les conséquences de la dégradation de l’environnement sont pourtant bien réelles : un tiers des entreprises alors interrogées avaient déjà été victimes d’un aléa en la matière. Pourtant, près de 70 % d’entre elles ne considèrent pas encore l’adaptation au changement climatique comme un sujet majeur. Et seuls 12 % de leurs patrons ont déjà défini une stratégie et des plans d’actions.
Plusieurs obstacles sont en cause. Il semblerait tout d’abord qu’ils considèrent que les conséquences du changement climatique ne se matérialiseront pas tout de suite. Il existe aussi un manque de réalisation de diagnostics de vulnérabilité climatique, le fait que le déclencheur d’actions repose encore principalement sur de la conviction personnelle, des compagnies d’assurance encore trop absentes sur le sujet, ou encore un besoin d’accompagnement évident. "Avant même de passer à l’action, il faut connaître les risques", a d’ailleurs rappelé Isabelle Albertalli, la directrice climat de Bpifrance, en présentant un point d’étape sur les actions en faveur du climat engagées par la banque publique d’investissement. Depuis le début de l’année 2025, Bpifrance fournit en effet à son réseau en interne un nouvel outil d'évaluation des risques climatiques à ses chargés d’affaires, qui contribuent au porte-à-porte de masse réalisé par la banque pour pousser la mise en transition des entreprises françaises.
Une manière, pour leurs patrons, de voir quel niveau de menace est associé à leur société en fonction des aléas climatique. Ce constat statue de l’état actuel des choses et fournit aussi des prévisions à l’horizon 2030. "Pas à plus long terme : plus c’est à court terme et plus cela motive. Mais voir les risques à cinq ans encourage la sensibilisation. Toute cette conscientisation permet en fait d’anticiper plus vite", a souligné Isabelle Albertalli. Car en matière d’adaptation, l’anticipation doit rester le mot d’ordre. C’est en ce sens que la banque a donc construit son "Diag Adaptation", un format d’accompagnement existant d’ores et déjà sur d’autres sujets (notamment la décarbonation) et donc bien éprouvé.
Dans les "starting-blocks"
Au programme : l’acculturation des équipes des entreprises aux risques physiques du changement climatique, l’identification des risques actuels et futurs ou bien la construction d’un premier plan d’actions, grâce à l’intervention d’un bureau d’études extérieur. Le produit est prêt et le reste à charge sera réduit, pour les entreprises, grâce à une subvention de l’Ademe, financée dans le cadre du dispositif des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE). Il sera lancé dès l’obtention d’une dernière signature de la part du ministère de la Transition écologique. Au mois d’avril, un "Diag Biodiversité", qui recevra l’appui de l’Office français de la biodiversité, suivra.
Ce type de diagnostic présente le grand avantage de pouvoir orienter les besoins en financements des entreprises, grâce à l’identification des actions à prioriser. Encore faut-il pouvoir être en mesure d'engager des investissements. A cet égard, Bpifrance propose notamment un "Prêt Vert", qui finance la mise en œuvre d’un plan d’actions engageant une démarche d’adaptation, sur présentation d’un diagnostic environnemental, ou d’un plan détaillé de transition. Et pour les établissements bancaires qui souhaiteraient s’engager davantage dans ce type de projets et permettre aux entreprises d'obtenir des fonds par ce biais, la banque publique d’investissement garantit aussi les financements dédiés à la transition écologique et énergétique.
Sa "Garantie Verte" vient en effet soutenir les financements de projets et investissements en lien avec la transition énergétique, sous réserve qu’ils aient obtenu le statut le permettant. La condition d’attribution de ces garanties et la vérification de la pertinence verte du projet se déroulent grâce à une clé digitale (un "token"), attribuée au travers d’un parcours de candidatures ponctué de questions spécifiques. Bpifrance peut ainsi garantir une partie plus importante du projet. Nouveauté en 2025 : des interrogations directement liées à l’adaptation sont en cours d’intégration au sein des différents parcours d’obtention du statut.
Bilan productif
Si Bpifrance pousse les feux sur le sujet de l’adaptation, les autres enjeux environnementaux du tissu économique français ont déjà pu bénéficier de 7 milliards d’euros en 2024, avec l’appui de l’ensemble des métiers de la banque. Ceci aura permis de mettre plus de 4 300 entreprises en transition. Ce montant correspond au lancement du deuxième temps fort du Plan Climat de la banque, alors que son premier volet a permis d’injecter (avec un temps d’avance) 20 milliards d’euros en faveur de la transition de 6 600 entreprises françaises, du début de l’année 2020 à la fin de l’année 2023. Entre 2024 et 2028, l’objectif a été fixé à 35 milliards d’euros et 20 000 entreprises.
Dans le détail, l’année dernière, 1,6 milliard d’euros ont été consacrés aux solutions d’accompagnement et de financement visant à accélérer la transition des entreprises et 1,5 milliard d’euros ont été dédiés à la production d’énergie décarbonée. Enfin, 3,8 milliards d’euros ont été fléchés pour assurer la croissance des créateurs de solutions vertes, dont font partie les greentechs. Le panorama de Bpifrance sur le sujet paraîtra d’ici peu de temps, mais il est au moins déjà possible de savoir que près de 3 000 d’entre elles ont été recensées par la banque, à fin 2024, en France. Dans un contexte de recul des levées de fonds, elles sont parvenues à attirer 2,2 milliards d’euros et près de 60 % d’entre elles ont aussi des enjeux industriels. De quoi faire d’une pierre, deux coups, au regard des objectifs de réindustrialisation chers à la banque publique d’investissement française.
En revanche, il est toujours utile, pour résoudre un problème, d’avoir des solutions à disposition de l'autre côté. Et il semblerait qu’en matière d’adaptation, les greentechs soient encore un peu timides. Sur les 2 900 d’entre elles qui peuplaient le paysage des entreprises innovantes l’année dernière, seules 60 proposaient des solutions d’adaptation au changement climatique.
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