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Macro-économie / Taux

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Des contradictions américaines à en perdre la tête / La croissance ne serait pas épargnée

Arbitrage entre le court et le moyen terme, possible conflit entre la politique budgétaire et celle monétaire sont autant d’interrogations pour les différents prévisionnistes que compte l’Hexagone. Chez Rexecode on table sur un ralentissement de la croissance du PIB en volume de 2,7 % en 2024 à 1,4 % cette année, là où du côté de la Société générale on met en avant un passage de 2,8 % l’an passé à 1,9 % en 2025. Des risques baissiers sont cependant présents dans l’environnement économique et pourraient bien amputer une partie de la croissance.
Donald Trump, président des Etats-Unis. Photo by Jim WATSON / AFP
Donald Trump, président des Etats-Unis. Photo by Jim WATSON / AFP

"Je peux donc prédire que nous mettons en place des politiques solides qui seront durables, et qu’il pourrait y avoir un ajustement". Lorsque de la bouche même du secrétaire au Trésor américain, qu’est Scott Bessent, la possibilité d’une récession apparaît entre les lignes, c’est peu dire que l’ensemble des prévisionnistes sont tout particulièrement attentifs à la situation Outre-Atlantique.

Tâcher de comprendre la stratégie précise de Donald Trump, président des États-Unis, est un exercice pour le moins difficile. Selon Charles-Henri Colombier, directeur du pôle Conjoncture et Perspectives chez Rexecode, "les premières mesures annoncées par l’administration Trump présagent un impact négatif sur la croissance à court terme (nous l’anticipons à 1,5 % en 2025) avant de possibles dividendes sur le moyen terme".

 

Balancier

 

L’expert de chez Rexecode considère cependant que "les contradictions internes de la politique imaginée par Donald Trump rendent son succès à moyen terme peu évident". Les perspectives à 5 ans de l'institut relatent notamment que la promesse de campagne d’une inflation ramenée dans son lit, entre en opposition avec les effets des droits de douane chers au président américain.

Le rôle international du dollar serait également à même d’être remis en cause en raison de la défiance envers Washington qui grimpe ces derniers temps. Charles-Henri Colombier n’exclut d’ailleurs pas que Donald Trump cherche à le dévaluer, que ce soit "en cherchant à s’inspirer des accords du Plaza ou bien en activant certains leviers non conventionnels dont dispose le Trésor américain. Le président américain pourrait estimer au vu des fondamentaux que le taux de change effectif réel du dollar est aujourd’hui supérieur de 20 % à sa moyenne de long terme".

Au rang des dynamiques allant dans le sens de l’occupant de la Maison Blanche, on trouve les gains de productivité issus de l’intelligence artificielle. Ces derniers viendraient limiter les effets négatifs d’une immigration qu’entend réduire le président américain, alors même que la majorité des créations nettes d’emplois y étaient liées.

 

Aléas

 

Les écueils pour la croissance américaine sont loin de s’être tous matérialisés. Dans le dernier rapport Scénario Éco publié par Michala Marcussen, cheffe économiste du groupe Société Générale, il est fait état d’un "cocktail politique de l’administration américaine [qui] est stagflationniste". Il est en effet considéré que "les risques qui pèsent sur les perspectives sont orientés à la baisse" et on redoute que la confiance du consommateur américain ne s’étiole un peu plus.

Elle fait notamment état d’un "taux d’épargne personnel [qui] a baissé à 3,8 % en décembre, laissant peu de marge de manœuvre supplémentaire pour soutenir la consommation ". On comprend également que la Réserve fédérale pourrait bien devoir se résoudre à maintenir ses taux élevés plus longtemps que prévu, si les tarifs douaniers ont un effet inflationniste.

 

Chiffrer

 

Les droits de douane n’empêchent pas pour autant certains de se livrer à l’exercice du calcul des mesures budgétaires de l’administration Trump. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) considère que pour l’essentiel, elles " seront mises en œuvre dans le cadre du budget 2026 ". L’institution se fait l’écho d’un chiffrage "par le CFRB ou par le Penn Wharton Budget Model [qui] est généralement effectué sur 10 ans mais avec une montée en charge qui se fait principalement sur les deux ou trois premières années".

L’OFCE considère au vu des éléments à sa disposition que "si l’incertitude demeure sur l’ampleur exacte de l’ajustement des dépenses, ces éléments suggèrent néanmoins que la politique budgétaire américaine pourrait être bien moins expansionniste que ce qui était suggéré pendant la campagne présidentielle ". Notamment il est fait état que l’ensemble des mesures de réduction d’impôt "se traduirait par une impulsion budgétaire positive que nous estimons comprise entre 1,5 et 1,8 point de PIB, évaluation qui reste soumise à une forte incertitude tant que les mesures proposées ne sont pas votées".

Pour autant chaque tranche de réduction des dépenses de 100 milliards de dollars se traduit quant à elle par une impulsion négative de l’ordre de 0,3 point de PIB. Ainsi, une économie de 500 milliards en deux ans implique une impulsion totale proche de zéro. Reste à savoir de quelle taille sera cet ajustement des dépenses.

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