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Evenements / Euronext / Paris Europlace / union des marchés de capitaux / financement des entreprises / IPO

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Euronext / Paris Europlace / union des marchés de capitaux / financement des entreprises / IPO

La Place financière de Paris dévoile son manifeste pour faire grandir les entreprises par les marchés de capitaux / Une question de garantie de la souveraineté économique de l’Europe

Alors que la Commission européenne doit présenter ce mercredi sa feuille de route pour tenter de faire progresser l’Union des marchés de capitaux, l’AFEP, l’AFG, l’AMAFI, la Caisse des Dépôts, Middlenext, Paris Europlace et Euronext, qui tient ce mardi sa conférence annuelle, viennent de publier neuf propositions destinées à soutenir l’investissement, notamment par l’épargne privée, dans les PME et les ETI françaises et européennes, et à redonner à la Bourse, formidable boite à outils du financement des entreprises, toute son attractivité.
(©Euronext)
(©Euronext)

Réunis ce mardi matin au Pavillon Gabriel où Euronext organise aujourd’hui sa grande conférence annuelle, l’AFEP, l’AFG, l’AMAFI, la Caisse des Dépôts, Middlenext et Paris Europlace se tenaient aux côtés de l’opérateur boursier paneuropéen pour passer un message fort. Les sept acteurs ont en effet décidé d’unir leurs forces pour proposer collectivement une série de recommandations jugées prioritaires à l’atteinte d’un meilleur financement des entreprises par les marchés de capitaux.

 

Risque d’atrophie

 

Un manifeste d’ampleur, signé par plus de 30 institutionnels et plus de 400 acteurs individuels comprenant neuf propositions chocs.

Il faut dire que la Bourse de Paris se distingue comme un centre financier de premier plan à l’échelle européenne et internationale, les entreprises cotées en France représentant un poids de 3 500 milliards d’euros de valorisation cumulée, soit 124 % du Produit intérieur brut de la France en 2023. "Alors que la Place financière française court aujourd’hui un risque d’atrophie qui affaiblirait notre pays dans sa capacité à faire face aux enjeux actuels, nous nous mobilisons pour soutenir ses atouts stratégiques, libérer les énergies et appeler à une urgente prise de conscience ", font savoir les co-porteurs du projet. Et Guillaume Dard, vice-président de l’AFG, de poser la question : "souhaitons-nous que nos pépites soient gérées par des fonds de private equity américains ? La réponse est évidemment non ".

 

Focus sur les PME et les ETI

 

Un appel à l’action qui vise donc à réduire les barrières. Dans le viseur des signataires : l’instabilité réglementaire et fiscale au niveau français, mais aussi européen, qui peut dissuader les entreprises d’entrer en Bourse et l’insuffisance d’investissement de l’épargne domestique vers les PME et les ETI. Des problématiques à résoudre si l’on veut, selon eux, réussir l’Union des marchés de capitaux… ou plutôt l’Union de l’épargne et de l’investissement comme il faut désormais l’appeler.

Ainsi, pour favoriser davantage d’investissement des institutionnels dans les fonds actions et rediriger l’épargne privée vers les entreprises françaises et européennes, les acteurs financiers de la Place de Paris suggèrent la mise en place d’un "label européen" et le relèvement du plafond du PEA qui date… de 2014. "Les PME et les ETI se retrouvent aujourd’hui en difficulté car les flux d’investissement ont fortement ralenti. L’on constate une décollecte de 8 milliards d’euros pour les PME et les ETI cotées. Il est donc urgent d’inverser la tendance ", a alerté Aude de Lardemelle, directrice générale de CDC Croissance, appelant aussi, avec les autres porteurs du manifeste, à des mesures de simplification fortes telles qu’une revue de la directive Solvabilité II ou des règles de Bâle III, une mise en application du règlement LTEI (sur les actions détenues sur le long terme), une accélération des fonds de pension, et à une vraie relance de la titrisation, "indispensable pour redonner du souffle ", a insisté Jean-Charles Simon, délégué Général de Paris Europlace.

 

L’exemple italien

 

Mais pour la patronne d’Euronext Paris, un autre enjeu s’impose également : "la vigueur de la Bourse doit être au cœur des débats comme garante de la souveraineté économique. Nous sommes tous convaincus que la Bourse est la solution pour que les PME et les ETI se développent. Il existe aujourd’hui en effet une concentration excessive des investissements sur les grandes valeurs", a fait observer Delphine d’Amarzit, plaidant, avec les autres acteurs à l’initiative du manifeste, pour un accès simplifié à la cotation grâce notamment "à une version standardisée du prospectus dès avril prochain, un alignement des intérêts sur la valorisation entre anciens et nouveaux actionnaires lors des IPO, ou encore en facilitant l’accès aux IPO pour les investisseurs particuliers ". Une attractivité de la Bourse qui pourrait (ou devrait) s’inspirer des méthodes utilisées par certains pays européens, et en particulier de l’Italie qui a mis en place "un bonus IPO", sorte de crédit d’impôt pour les entreprises sur les frais d’introduction en Bourse. "Et preuve que cela fonctionne : entre 2020 et 2024, l’Italie a enregistré 153 introductions en Bourse dont 147 réalisées par des PME et ETI contre 63 en France ", a souligné Vincent Le Sann, président du comité Small & Mid Caps de l’AMAFI.

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