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Finances publiques : Bercy se refuse à adoucir sa potion de redressement / Eric Lombard ne demandera pas à bénéficier de la flexibilité offerte par Bruxelles sur la défense
La France ne cède pas à la tentation. Tandis que la Commission européenne a proposé d’activer la clause de sauvegarde nationale du Pacte de stabilité et de croissance pour permettre aux États de l’Union européenne de doper leurs dépenses de défense, Eric Lombard, ministre de l’Economie et des Finances, a indiqué qu’il ne demanderait pas à profiter du dispositif.
Cette clause autorise les États membres qui la solliciteraient à exclure leurs nouvelles dépenses publiques en matière de défense du calcul de leur déficit public. "Nous ne souhaitons pas que cet effort de guerre augmente la pression sur nos finances publiques", a fait valoir Eric Lombard, à l’issue de la réunion du Conseil Ecofin (réunion des ministres des Finances de l’Union européenne). Le ministre a notamment souligné le haut niveau d’endettement de la France (3303 milliards d’euros) pour justifier sa décision. "Nous devrons faire des choix pour financer cet effort", a-t-il prévenu.
Pour mémoire, la trajectoire de redressement des comptes publics que la France s’est engagée à respecter d’ici à 2031 auprès de ses partenaires européens suppose de mettre la main, en partant du principe que l’objectif de déficit pour 2025 sera atteint, sur près de 120 milliards d’euros en cumulé au cours des six prochaines lois de finances (80 milliards d’euros d’ici à 2029 pour afficher un déficit public nominal légèrement inférieur à 3 % lorsque l’on raisonne en termes de réduction du déficit public structurel primaire).
C’est même davantage si l’on tient compte du fait que certaines des nouvelles mesures en prélèvements obligatoires adoptées en 2025, comme la surtaxe d’IS à hauteur de 8 milliards d’euros, disparaîtront dès 2026.
Compte tenu du récent changement de régime sur le plan géostratégique, il faut maintenant ajouter à cela l’effort en matière de défense qui se devra d’être sensiblement plus puissant que ce qui est inscrit dans l’actuelle loi de programmation militaire d'après les ordres de grandeur qui circulent. Dans le détail, l’écart pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards d’euros à dénicher d’ici à l’échéance que les pays de l’OTAN auront fixée, d’aucuns évoquant un chiffre de dépenses publiques militaires compris entre 3 % et 3,5 % du PIB en 2030.
Certes au prix de déficits plus importants et donc d’un taux d'endettement plus élevé, l’utilisation de la clause de sauvegarde nationale aurait permis à la France de se dispenser de ce dernier effort à réaliser sur une si courte période, ce de plus dans un contexte parlementaire pour le moins tendu, tout en respectant ses engagements européens. "La réduction du déficit public est prioritaire, c’est une question de souveraineté nationale", insiste-t-on à Bercy.
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