WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Getlink

Entreprises / Actions
Getlink

Entre défis et obstacles, comment Getlink poursuit sa trajectoire de croissance / Un investissement sans relâche dans l’attractivité de ses services comme avantage compétitif

Après deux années exceptionnelles compte tenu des prix de l’énergie, l’activité ElecLink de Getlink s’est logiquement affichée en retrait l’année dernière, ce qui n’a toutefois pas empêché le groupe de réaliser des performances solides en 2024 et ce dans un contexte concurrentiel encore marqué par le dumping social. Il faut dire aussi que l’entreprise ne cesse de rendre ses services les plus attractifs possibles, malgré les changements de réglementation.
Yann Leriche (Photo by Valentine CHAPUIS / AFP)
Yann Leriche (Photo by Valentine CHAPUIS / AFP)

Une nouvelle preuve de résilience et de la force d’un modèle diversifié. La suspension de l’activité de l’interconnexion électrique entre la France et la Grande-Bretagne entre le 25 septembre 2024 et le 5 février dernier à la suite d’une faiblesse identifiée sur la structure de soutien du câble à l’extérieur du Tunnel sous le Manche côté France, ajoutée à la normalisation attendue des marchés de l’électricité, n’aura pas été sans impact pour l’activité ElecLink de Getlink. L’Ebitda aura chuté de 57 % sur un an à 159 millions d’euros, tandis que le chiffre d’affaires a été divisé par deux à 280 millions d’euros. L’impact commercial est estimé à 78 millions d’euros pour 2024. "Un recul attendu qui est surtout très majoritairement dû à la baisse des prix de l’électricité par rapport aux performances enregistrées par l’activité en 2023 et 2022, des années exceptionnelles sur le marché de l’énergie. D’ailleurs, si l’on se réfère aux prévisions de croissance que nous avions annoncées au moment du lancement d’ElecLink il y a trois ans, la profitabilité de l’activité reste très bonne du fait d’un besoin croissant d’interconnexion électrique entre pays européens ", assure le directeur général de Getlink, Yann Leriche, à WanSquare.

 

Des cœurs de métier à un niveau historique

 

D’autant qu’au global, cela n’aura pas empêché l’entreprise d’enregistrer des résultats annuels très solides, dont un bénéfice net consolidé à 317 millions d’euros. Certes, les revenus du groupe ont reculé de 12 % à 1,614 milliard d’euros mais son excédent brut d’exploitation se situe tout en haut de la fourchette de sa guidance annoncée pour 2024 (entre 780 et 830 millions d’euros) à 833 millions d’euros.

Il faut dire que les autres activités cœur de Getlink ont continué à progresser l’année dernière. Eurotunnel (LeShuttle Passagers, LeShuttle Freight et le réseau ferroviaire), qui a fêté ses 30 ans en 2024, a vu ses revenus gagner 3 % sur un an à 1,16 milliard d’euros, pour un Ebitda en forte hausse de 8 % à 642 millions d’euros, confirmant à Eurotunnel son statut de leader du marché voitures avec 55,2 % de parts de marché. Le chiffre d’affaires d’Europorte a quant à lui bondi de 12 % à 168 millions d’euros tandis que l’Ebitda progresse de 10 % à 32 millions d’euros. "Dans un contexte encore marqué par le dumping social, Eurotunnel a renforcé ses avantages compétitifs et multiplié les initiatives pour améliorer les services apportés à ses clients passagers […] et fret, avec notamment le renforcement des services douaniers consécutifs à l’acquisition de ChannelPorts en avril 2024. L’entrée en vigueur des réglementations en France et au Royaume-Uni visant au rétablissement d’une concurrence loyale avec les ferries nous permet donc d’être très confiants sur la performance de nos activités à l’avenir", indique le directeur général. L’on notera également la hausse de 5 % du trafic Eurostar l’année dernière dépassant le record historique de 2019 avec 11 201 093 passagers en 2024.

 

Le fruit du travail sur l’attractivité des services

 

Néanmoins, et compte tenu de l’incertitude géopolitique et économique, Getlink se veut prudent sur ses perspectives 2025 en se fixant un objectif d’Ebitda consolidé dans la même fourchette que l’année dernière, soit entre 780 et 830 millions d’euros. "La mise en œuvre d EES (nouveaux contrôles aux frontières de l’Union Européenne), dont la date d’application a été reportée, pourrait intervenir en d’octobre 2025. Ces nouveaux contrôles concerneront les Britanniques et seront susceptibles de générer des interrogations, voire une certaine anxiété lors de sa mise en œuvre chez nos clients. Si nous sommes parfaitement prêts en ayant anticipé cette évolution de longue date pour en faire un avantage compétitif, une phase de transition n’est toutefois pas à exclure", nous explique Yann Leriche.

A noter d’ailleurs que Getlink compte bien poursuivre sa stratégie d’innovation avec une montée en puissance progressive de ses dépenses d’investissements qui devraient atteindre 170 à 220 millions dans les 5 à 7 prochaines années, avec une normalisation en 2032. "Des investissements destinés à la modernisation permanente du tunnel, aussi bien dans l’infrastructure que dans les nouvelles technologies, et à l’attractivité de nos activités. En 2019, notre Ebitda s’élevait à 560 millions d’euros, c’est 273 millions de moins qu’aujourd’hui. Malgré le Brexit, la crise sanitaire, la hausse du prix des matières premières, de l’énergie, et l’inflation, nos résultats 2024 prouvent que non seulement nous savons nous adapter mais aussi que nous continuons à croître grâce à notre attention constante à travailler à l’attractivité de nos services ", se félicite le directeur général.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article