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La dégradation de l’activité d’Atos s’accélère, malgré une inflexion commerciale / Le Capital Markets Day de mai sera clé
Les actionnaires d’Atos n’auront guère de raisons d’être pleinement rassurés à la lecture des résultats 2024 de l’entreprise, publiés mercredi. Certes, l’annonce d’un bénéfice net de 248 millions d’euros tranche avec la lourde perte de 3,44 milliards d’euros enregistrée un an plus tôt, et dépasse largement la perte de plus d’un milliard anticipée par le consensus. Mais cette embellie tient avant tout aux 3,52 milliards d’euros de produits financiers liés à la restructuration.
Au-delà de ces effets comptables, la question centrale reste celle de l’activité elle-même, dont la dynamique conditionne la capacité d’Atos à se redresser. Il faut reconnaître que la finalisation de la restructuration financière a eu impact visible sur la conquête de nouveaux contrats. Les prises de commandes ont atteint 2,7 milliards d’euros au quatrième trimestre 2024, permettant au ratio de prises de commandes sur chiffre d’affaires de remonter à 117 % sur la période. Il était tombé à 66 % au troisième trimestre, après 73 % au premier semestre.
Philippe Salle, le nouveau président-directeur général d’Atos n’a ainsi pas manqué de souligner que l’activité commerciale d’Atos avait retrouvé au quatrième trimestre "une dynamique favorable, portée par un changement positif de perception chez nos clients, qui ont considéré l’amélioration de notre notation de crédit". Un changement de regard qui "s’est concrétisé par des renouvellements ou des extensions de grands contrats stratégiques pluriannuels".
Résiliations contre signatures de contrats
La branche Eviden, qui rassemble les activités de transformation numérique, de cloud, de big data et de cybersécurité du groupe, a notamment signé un contrat de gestion applicative avec "un ministère de l’Économie", indique la société. Elle a aussi renouvelé des contrats de gestion applicative et de cybersécurité avec une grande société américaine de vente au détail ainsi qu’un important fournisseur de soins de santé.
De son côté, Tech Fondations, qui regroupe les activités d’infogérance et de digital workplace, a obtenu plusieurs signatures majeures, dont une extension de quatre ans d’un contrat de services informatiques et de transformation digitale avec une caisse d’épargne nationale. La société a également sécurisé plusieurs contrats stratégiques pluriannuels pour des services de "Digital Workplace" et de "Hybrid Cloud & Infrastructure", notamment auprès de clients nord-américains et britanniques.
Mais l’inertie de longs mois de ralentissement commercial ne se résorbe pas en un trimestre. À ce stade, la détérioration de l’activité semble même s’intensifier. Le chiffre d’affaires du quatrième trimestre est tombé à 2,3 milliards d’euros, en recul organique de 11,5 %, marquant une accélération nette de la baisse par rapport à -4,4 % au troisième trimestre et -2,7 % au premier semestre. En particulier, au sein d’Eviden, le d’affaires de l’activité Digital a subi une baisse à deux chiffres sous l’effet "des résiliations de contrats et les réductions de périmètres contractuels précédemment établis dans les régions Amérique du Nord, Royaume-Uni & Irlande et Benelux & Pays Nordiques", explique le groupe.
L’enjeu maintenant est de savoir quand le rythme de signature des nouveaux contrats pourra stabiliser l’activité, si tant est que le groupe ne subisse pas de nouvelles résiliations d’envergure, des inquiétudes portant notamment sur les importants contrats liant Atos à Siemens, son partenaire historique, sorti du capital en 2022, avec lequel les liens se sont distendus depuis la crise de gestion du groupe.
Flou sur les perspectives
Malgré une légère inflexion du ratio de prise de commandes sur chiffre d’affaires, la "nette détérioration des tendances commerciales au quatrième trimestre pour les divisions Eviden et Tech Foundation, n’est pas de bon augure pour le début de l’année 2025", soulignent en tout cas les analystes d’Oddo BHF. A cet égard, l’absence de prévisions données pour 2025 témoigne d’un degré d’incertitude important. Et les investisseurs attendront le Capital Markets Day du 14 mai prochain pour prendre connaissance de la vision stratégique à moyen terme du nouveau PDG.
Ce rendez-vous très important coïncidera avec la finalisation du regroupement d’actions, prévu début mai, comme l’a indiqué Philippe Salle mardi. Cette opération vise à redonner à l’action Atos, tombée à des centièmes de centimes à la suite de la dilution massive liée à la restructuration financière, un niveau de cours plus conventionnel et à réduire sa volatilité. Selon la résolution votée lors de la dernière assemblée générale, le regroupement se fera sur une base ne dépassant pas 10 000 actions anciennes pour une nouvelle. L’action Atos s’échangeait mardi en hausse de 20,6 %, à 0,0041 euro.
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