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Publications, Résultats / Eiffage / résultats annuels / travaux / Concessions d'autoroutes / taxe sur les infrastructures de transport

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Eiffage / résultats annuels / travaux / Concessions d'autoroutes / taxe sur les infrastructures de transport

Eiffage et ses multiples jambes ont fait fi de la mauvaise santé de la construction / Mais la fiscalité qui concerne le groupe reste décidément une épine dans son pied

Être multi-spécialiste permet faire grimper son activité et ses résultats même lorsque l’un de ses secteurs traverse des embûches. Si la branche de construction d’Eiffage a subi en 2024 les vents contraires qui y soufflent, dans l'ensemble, son activité de travaux lui a bien rendu service, notamment grâce au dynamisme de celle liée à l’énergie. Mais alors que la taxe sur les infrastructures de transport de longue distance joue déjà les trouble-fêtes chez Eiffage, la fiscalité du groupe n'ira pas en s’allégeant cette année.
(Photo by Philippe TURPIN / Photononstop / Photononstop via AFP)
(Photo by Philippe TURPIN / Photononstop / Photononstop via AFP)

Qu’importe le mauvais temps qui pèse sur la construction neuve en Europe. Eiffage peut compter sur ses autres activités pour prendre soin de ses résultats. Un message bien reçu à la Bourse de Paris, où le titre du groupe de BTP et de concessions est en forte hausse depuis l’ouverture, s’affichant toujours en progression de plus de 5 % à la mi-séance. De fait, Eiffage a rendu compte d’une croissance de 3,7 % à périmètre et change constants en 2024, pour un chiffre d’affaires de 23,4 milliards d’euros. Certes, au sein de ses activités de travaux, la branche de construction a pâti d’un recul de 6,6 % de ses revenus. Même si la réhabilitation et le secteur d’équipements publics ont permis d’atténuer l’effet de la baisse du logement neuf, il faut y inclure une baisse de 13 % de son chiffre d'affaires découlant de l’immobilier. Mais "la progression du chiffre d’affaires sur le quatrième trimestre semble indiquer que la branche a désormais touché son point bas", indique le groupe.

En revanche, pour le reste, pas de nuage à l’horizon. Car en tout, le groupe présidé et dirigé par Benoît de Ruffray a tiré 19,5 milliards d’euros de ses métiers de travaux, soit une amélioration de 3,5 % sur un an. Le résultat d’un positionnement européen utile, puisque la croissance sur le continent, en dehors de l’Hexagone, s’affiche même à 16,8 %. Désormais, la part des travaux réalisés hors de France dépasse 40 %. De fait, mis à part la construction, les autres branches de travaux du groupe sont en forme. Du côté des infrastructures, l’amélioration des revenus s’affiche à 4,6 %, pour 8,35 milliards d’euros. Et bon point, de nouveau, pour sa branche "Énergie Systèmes", dont le chiffre d'affaires a bondi de plus de 21 %, à 7,21 milliards d’euros.

Le résultat d’une activité portée par des projets d’énergie renouvelable, mais aussi par une politique de croissance externe soutenue. Elle a, en effet, contribué à cette progression à hauteur de 11,6 %. "Deux acquisitions majeures ont été réalisées ou finalisées en Allemagne (Salvia et Eqos), faisant d’Eiffage un acteur national de premier plan dans les services à l’énergie", précise le groupe. L’enveloppe de 900 millions qui a été consacrée aux investissements de croissance externe l’année dernière a d’ailleurs majoritairement profité à cette filiale.

 

L’ombre au tableau

 

Les concessions – soit les réseaux APRR et AREA, certains aéroports et autres autoroutes – , avec des revenus en croissance de 4,4 %, ont elles aussi traversé l’année sans encombre… ou presque. Car comme pour ses pairs, la nouvelle taxe sur les infrastructures de transports de longue distance a logiquement eu un impact sur Eiffage, de 123 millions d’euros plus précisément. Dans l'ensemble, le résultat opérationnel courant (ROC) a ainsi progressé de 3 %, à 2,5 milliards d’euros. Sa hausse aurait été de 8,2 % sans cette taxe, pointe Eiffage. Forcément, les larges marges que le groupe tire de cette activité ont aussi été pénalisées, bien que toujours au rendez-vous : elles ont été ramenées, du côté des concessions, de 46,3 % en 2023, à 42,8 % en 2024. Mais puisque marcher sur plusieurs jambes a décidément du bon, le groupe a pu compter sur son activité de travaux pour participer à la hausse de sa rentabilité. La contribution de cette branche au ROC est en effet en augmentation de 14,1 %, à 840 millions d’euros, pour une marge correspondante de 4,3 % (contre 4 % l’an passé).

Pour la suite, Eiffage pourra s’appuyer sur une visibilité claire. Son carnet de commandes, en matière de travaux, a atteint près de 29 milliards d’euros en 2024, en progression de 11 % sur un an. "Il est en augmentation dans toutes les branches et de façon plus marquée chez Eiffage Énergie Systèmes qui bénéficie de l’apport de ses acquisitions", indique le groupe. Qu’à cela ne tienne, l’entreprise prévoit que dans les travaux, le chiffre d’affaires sera en croissance dans toutes ses branches en 2025. Le ROC devrait encore s’améliorer, grâce entre autres à la rentabilité d’Eiffage Énergie Systèmes, dont la marge devrait s’établir à 6 %, pour un niveau d’activité de 8 milliards d’euros - la marge s’affichait cette année à 5,8 % -.

Du côté des concessions, le chiffre d’affaires et le ROC devraient aussi s’inscrire en légère hausse. Mais le résultat net part du groupe, qui a progressé en 2024 de 2,8 %, à 1,04 milliard d’euros, sera affecté par la contribution exceptionnelle à l’impôt sur les sociétés applicable en France en 2025, prévient Eiffage. "L’amélioration de la performance opérationnelle ne suffira pas à en compenser l’incidence", regrette le groupe. Si elle avait été en place en 2024, elle aurait été de l’ordre de 205 millions d’euros, pour un impact de 130 millions d’euros en résultat net. Les bénéfices nets du groupe auraient été, à fiscalité constante, en augmentation l’année prochaine, assure Eiffage. Mais ceux de cette année seront en tout cas bien redistribués aux actionnaires, à hauteur de 45 %. Un dividende de 4,7 euros leur sera aussi proposée, ce qui représente une hausse non négligeable de 15 % de ce dernier.

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