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Zone euro / activité économique
Zone euro : le frémissement de la croissance se confirmerait / Trop faible pour rassurer
L’activité économique privée de la zone euro a timidement poursuivi sa progression en février. C’est ce que nous apprend l’enquête mensuelle de S & P Global et Hamburg Commercial Bank auprès des directeurs d’achat (PMI). L’indice PMI Composite, qui est une moyenne pondérée de l’évolution de la situation dans le secteur des services et le secteur manufacturier, s’est élevé à 50,2 points (après 49,6 points en décembre). Une valeur supérieure à 50 veut dire que l’économie est en croissance par rapport au mois précédent (et qu’elle baisse si le nombre est inférieur à 50 points).
Si le secteur des services continue de soutenir cette dynamique, son rythme de progression s’essouffle, tandis que l’industrie manufacturière demeure en recul, bien que la contraction ralentisse.
Cette croissance apparaît hétérogène selon les pays. L’Allemagne tire son épingle du jeu avec une activité en hausse pour un deuxième mois consécutif, atteignant son rythme le plus soutenu depuis neuf mois.
À l’inverse, la France enregistre un fort repli, l’indice PMI Composite passant de 47,6 points à 44,65 points. "C’est son plus bas niveau depuis un an", remarque Adrian Prettejohn, économiste chez Capital Economics. Les autres économies de la région montrent, quant à elles, des signes plus encourageants, affichant une expansion plus marquée.
En outre, cette croissance peine à s’ancrer dans un contexte où la demande reste atone. Le volume des nouvelles affaires a poursuivi son recul pour le neuvième mois consécutif, une baisse plus marquée qu’en janvier. Dans les services, la demande s’affaiblit pour la première fois depuis trois mois, rejoignant ainsi la tendance négative de l’industrie manufacturière.
Face à cette situation, les entreprises ajustent leurs effectifs. L’emploi a diminué pour un septième mois consécutif, avec une baisse particulièrement marquée dans le secteur manufacturier. La France et l’Allemagne ont toutes deux enregistré des suppressions de postes, plus prononcées dans l’Hexagone. À l’inverse, le reste de la zone euro a bénéficié d’une légère progression de l’emploi.
Malgré cette confirmation de la croissance, le degré de confiance des entreprises s’est replié à son plus bas niveau depuis trois mois, demeurant ainsi inférieur à sa moyenne de long terme. "Si certains nourrissent l’espoir d’une relance de la croissance en Allemagne, grâce à l’action du gouvernement qui sera formé à l’issue des prochaines élections fédérales, et de l’élan que celle-ci donnerait à l’économie de la zone euro, l’instabilité politique en France et la menace de droits de douane aux Etats-Unis engendrent un fort climat d’incertitude dans la région ", explique Cyrus de la Rubia, chef économiste à Hamburg Commercial Bank.
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