WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Cour des comptes / France / déficit public

Macro-économie / Taux
Cour des comptes / France / déficit public

Finances publiques : les trois scénarios de la Cour des comptes pour la France à horizon 2031 / Le pire d’entre eux n’est même pas improbable

Dans un rapport, les Sages de la rue Cambon ont examiné les engagements de la France à l’égard de l’Europe en matière de finances publiques. En modifiant ne serait-ce qu’à la marge certains paramètres, il apparaît que la trajectoire s’éloignerait sensiblement du scénario gouvernemental.
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes - Dimitar DILKOFF / AFP
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes - Dimitar DILKOFF / AFP

Quel taux d’endettement public pour la France dans six ans ? C’est l’une des questions auxquelles la Cour des comptes s’est intéressée dans son dernier rapport sur les finances publiques. Les Sages de la rue Cambon se sont penchés de près sur le plan structurel et budgétaire à moyen terme (PSMT), document qui contient les engagements européens de la France en matière de réduction du déficit public d’ici à 2031.

Pour mémoire, selon le PSMT, le déficit public devrait s’afficher à 1,7 % du Produit intérieur brut (PIB) à cet horizon contre 5,4 % en 2025 (2,8 % en 2029). En conséquence, le taux d’endettement public, qui devrait atteindre 114,7 % du PIB cette année, devrait augmenter jusqu’à 116,1 % en 2027 pour ensuite décroître pour tomber à 113,5 % du PIB en 2031.

"Cette trajectoire, pourtant récente, présente trois faiblesses", a déclaré Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, à l’occasion d’une conférence de presse. "Premièrement, il existe une incertitude importante sur la réalisation de la cible de déficit en 2025. C’est la raison pour laquelle il est indispensable que le déficit 2025 ne dépasse pas la nouvelle cible de 5,4 %. C’est le minimum du minimum, pour conserver notre crédibilité", a-t-il pointé.

D’après l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, elle suppose "des ajustements très importants, qui n’ont jamais été accomplis avec une pareille constance dans le passé. Nous estimons l’effort d’économies à réaliser à environ 110 milliards d’euros à l’horizon 2029, et à plus de 160 milliards d’euros à l’horizon 2031. Or, ces efforts ne sont pas documentés au-delà de 2025 ". Enfin, "malgré ces efforts considérables, les cibles retenues sont les moins ambitieuses de la zone euro", a-t-il déploré.

Pour démontrer la fragilité de la trajectoire du PSMT, la Cour des comptes a marginalement modifié certaines des hypothèses qui y sont associées.

Le premier scénario, dit "croissance réaliste", fait l’hypothèse d’un taux de croissance proche de celui actuellement prévu par le consensus des économistes, à 0,8 % au lieu de 0,9 % en 2025 dans le PSMT révisé, puis à 1,0 % à partir de 2026 – contre 1,4-1,5 % sur la période 2026-2028 et 1,0 % au-delà dans le PSMT. "Cela se traduirait par une hausse du ratio de dette publique jusqu’en 2029, alors que le pic serait atteint en 2027 dans le PSMT", indique la Cour des comptes. Le déficit public s’afficherait à 3,6 % en 2029, puis 2,6 % en 2031.

Le deuxième scénario, nommé " la moitié des efforts", suppose que les efforts budgétaires projetés dans le PSMT ne seraient réalisés qu’à moitié, "ce qui constituerait déjà une performance notable par rapport aux réalisations des vingt dernières années avec un ajustement de plus de 50 milliards d’euros à l’horizon 2029", rappelle la Cour. Dans cette situation, le taux d’endettement public progresserait jusqu’à 123,9 % en 2031 tandis que le déficit public serait de 4,2 % à cette date.

Enfin, le pire scénario additionne ces deux risques. Le ratio de dette publique suivrait une pente croissante accrue par rapport au précédent scénario et s’élèverait à 126,0 points de PIB en 2029 (+ 9,3 points par rapport au PSMT) et 129,7 points en 2031 (+ 15,3 points par rapport au PSMT). Ce "scénario cumulé" n’est pas pour autant improbable puisqu’il se contente de reprendre les hypothèses de croissance du consensus des économistes et marquerait, comme il a été indiqué, un effort d’ajustement quasi-inédit mais inférieur de moitié aux ambitions

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article